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Cet article est le numéro 13 sur 17 du dossier PDB 2017

22 ! V’là le samedi soir !

Et voilà, avec un brin de tristesse et de nostalgie, on attaque notre dernière soirée sur le Printemps de Bourges 2017 au 22 d’Auron, ce lieu « fil rouge » où la musique est jouée en continu, grâce à la présence des deux salles entre lesquelles le public oscille.

C’est le quatuor français de Thérapie Taxi qui a ouvert cette soirée, portés par leurs fans survoltés, venus spécialement de Paris pour l’occasion. Leur crédo ? Des mélodies dynamiques et percutantes, poussées par des textes trash et cruels. Le tout avec une candeur et une innocence totalement assumées.

Entre électro, folk et pop, le groupe chante la hargne, les envies et autres sentiments que l’on garde en général pour soi, comme des pensées qu’on ne pourrait révéler… Leur thérapie à eux, c’est justement de tout révéler, sans non-dits, sans tabous. Thérapie Taxi, c’est frais et finalement, après avoir crié un grand coup, ça fait du bien de se libérer…
Tic, tic, tic (ça, c’est les bruits des petits pas pour nous rendre dans la deuxième salle, j’imite bien, non ?), Juniore nous attend. Une ombre plane au-dessus du 22 au début du set, lumières rouges, fumigènes, l’atmosphère est lourde, le bassiste – ah ! bouh ! un homme !!! – est déguisé en fantôme, enveloppé dans un tissu blanc, gants squelettes aux mains (bon, doigts coupés, sinon, il eût été difficile de jouer de la basse), on se croirait dans une Halloween party. C’est dark, mais pourtant, la pop-rock d’Anna Jean est brillante de nostalgie. Impossible de ne pas penser à Françoise Hardy quand on l’écoute, voix nonchalante, frange au-dessus des yeux, belle, très belle, tout en sobrieté, énigmatique, on est fascinés.

Les lignes de basses ne sont pas alambiquées, le son de la guitare sonne très sixties, « années yéyé », c’est « le temps de l’amour, le temps des copains et de l’aventure ». Quand vient « l’heure du slow », comme elle l’annonce, j’ai cru que je m’appelais Sylvie, ou Paulette, et j’aurais bien aimé qu’un garçon m’invite, j’étais heureuse d’avoir mis ma jupe à carreaux, mon bandeau dans les cheveux, et souligné mes yeux au crayon noir.

Ce qui nous frappe en premier lieu chez Juniore, c’est bien sa musique, avec ce style assez original car peu revisité de nos jours, mais il faut également souligner la beauté des textes, très personnels, et hypra-poétiques :

« Je t’annonce en froid, je surchauffe
Je reste droite, je deviens gauche
Quand je fais marche arrière en arrière-plan
A coup de nerfs je serre les dents
Et je retiens mon souffle
Je me retiens
J’y peux rien c’est physique
Comme un choc électrique
Je te vois je panique « 

30 minutes, déjà ? Allez, on retourne de l’autre côté pour applaudir Cléa Vincent, dont on vous a déjà parlé plein de fois chez Songazine, ici, et encore . Cléa Vincent sacrée chouchoute de Songazine ?

Petite marinière, charme pétillant, simplicité, chaleur humaine, voici Cléa, et je ne comprends pas comment il est possible de ne pas l’apprécier. Elle est adorable, diffuse de bonnes vibes à tout le public du 22, qui semble avoir adopté, adoré sa musique. Mise en avant par son nom sur le programme et sur ses albums autant que sur l’espace scénique, il faut néanmoins noter son sens du partage avec ses musiciens. Pas mégalo pour deux sous, Cléa, c’est un peu la copine de tout le monde car elle sait se mettre en valeur mais aussi illuminer ceux qui l’accompagnent, et bien sûr, son public ! On peut la penser naïve, moi je crois surtout qu’elle est très intelligente, très généreuse et complètement dans l’air du temps.

(j’adore ce clip, délicieusement bricolé, fabuleusement rétro !)

Ses paroles aux refrains simples mais efficaces sur des sonorités électro-pop nous envoient des paillettes de bonheur (en ce dimanche 23 avril 2017, moi, je ferais bien de Cléa Vincent la Présidente de la République de mon monde des Bisounours) et j’ai dansé en souriant béatement.

Merci Cléa pour ton cocktail anti-déprime.

 

Tic, tic, tic…

Je me précipite pour être aux premières loges (promis maman, j’ai été polie, j’ai pas poussé les gens et j’ai dit « pardon »). Juliette Armanet, ma Grande Amie, est là, juste sous mes yeux, et ça tombe bien, parce qu’on est Un samedi soir dans l’histoire.

Elle avait mis sa tenue
Très classe et détendue
Paillettes sur fonds noir
Panoplie de star
Pour faire briller le Printemps
On a passé un beu moment
C’était un samedi
Un samedi soir
Un moment fantastique
A écouter sa musique

Avec sa voix cristalline
Elle a brisé nos coeurs de glace
Sûre qu’elle laissera une trace
En France, sur Terre et même dans l’espace
Juliette Armanet, pour la chanson c’est l’espoir.

(Juliette Armanet, Un samedi soir dans l’histoire, revisitée par Violette).

Et là, tu nous as sentis venir ? (et avoue-le qu’elle est meilleure que la version des Daft Punk !)

Psssst : n’oublie pas d’acheter l’album de Juliette Armanet, Petite Amie, si tu n’as pas peur d’user ton lecteur cd !   Résultat de recherche d'images pour "juliette petite amie cd"

Plus ça va, et plus on maudit ce timing des 30 minutes ! Mais on est quand même heureuses de continuer la soirée avec le live de The Pirouettes. Sur la scène du 22, le duo a joué une électro-pop minimaliste, efficace et énergique. Leurs textes sont crus et troublants. Un mix de premier et de second degré. Une candeur naissante, associée à une distance assumée. Du chaud et du froid en même temps. Du brûlant et du glacial à la fois. Tout en contradictions.

Tic, tic, tic, mais aussi tic, tac, tic, tac… car on sent que la fin approche…

Kid Francescoli est un poète des temps modernes. Des temps plus anciens aussi. Intemporel avec Julia, à eux-deux, ils créent des histoires, composent de l’électro, mélange la vraie vie à la fiction, le monde à la solitude. Et inversement. Le groupe est perfection depuis leur passage aux Inouïs 2016. La voix douce et sensuelle de Julia fait parfaitement écho à celle de Kid Francescoli, plus grave et suave. Sur scène, Julia s’envole, gracieuse, et on s’évade avec elle, envoûtés, hypnotisés. Bercés par une douce mélodie. Comme au paradis.

Anne-Laure et Violette, « voilà, c’est fini ».
Dans le dossier :<< Keep calm and listen to Calypso Rose !C’est party pour la Rock’n’Beat >>
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