Anita Farmine
Cet article est le numéro 2 sur 7 du dossier Francofolies 2017

Il fut un temps où on aurait brûlé cette femme sur le bûcher. Il fût un temps où sa voix aurait été considérée comme une hérésie, son sourire comme un crime capital et l’émotion qu’elle transmet comme un motif valable de persécution.

Heureusement, nous sommes en 2017, nous sommes aux Francofolies de La Rochelle, la musique est à l’honneur, et on a eu la chance de pouvoir écouter cette fée dans une super petite librairie du Quartier Saint-Nicolas, « Les Saisons ». Ce lieu de rendez-vous n’était pas dénué de charme ni de sens, puisqu’Anita a chanté ses textes au milieu de ces milliards de mots couchés sur papier, entre les essais de Montaigne et un livre intitulé « Notre ennemi, le capital ». Juste à côté de « Il n’y a pas d’identité culturelle » et « les existences moindres ».

Anita Farmine Librairie

Comment ça, il n’y a pas d’identité culturelle, comment ça, des existences moindres ? Certainement pas chez Anita Farmine : franco-iranienne née à Chiraz, l’iranien est sa langue première et elle a pour but d’en faire découvrir les sonorités au public français. Parfaitement trilingue, la belle fait tout de même honneur à Montaigne (voir trois lignes plus haut) et à Shakespeare dans ses chansons. Le set commence en anglais, et l’on perçoit alors l’étendue vocale extraordinaire de celle qui capte toute la lumière dans son sourire. Une voix aux accents soul, une capacité à improviser vocalement qui n’est pas sans rappeler celle des chanteuses de jazz, combinées à des titres délicieusement world avec un djembé frappé aux fagots et des percussions évocatrices. Aux premiers mots en iranien, l’émotion nous submerge immédiatement. Et pourtant, impossible de s’appuyer sur le sens des paroles. On profite de la musicalité de la langue, de la très belle mélodie, et surtout de cette voix aux multiples facettes. On s’évade, on rêve en contemplant l’ombre du micro dans le Dayereh, le tambour qui accompagne souvent notre fée.

Image Anita Farmine

Nos poils se hérissent et nos corps frissonnent dès le début de sa reprise d’Arno « Il est tombé du ciel » :

Accompagnée de quatre musiciens très complices, un claviériste (le calme), un guitariste (l’expressif), un batteur (le facétieux) et un bassiste (le sérieux, grâce auquel j’ai découvert la U-Bass, basse ukulélé bien pratique dans ce genre d’endroit où les musiciens ont très peu de place), Anita Farmine nous a livré un set composé des chansons de son premier album From Above, et de son dernier album, Next, ainsi que deux cadeaux de titres encore jamais enregistrés dont on a eu l’exclusivité.

           anitafarmine from above

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Si vous avez raté l’occasion de les voir hier, Anita Farmine et ses compères se produiront de nouveau ce soir, jeudi 13 juillet, au bar l’Avant-Scène à la Coursive, à 18h et 18h30, et demain, vendredi 14 juillet à la Cav’A’SO à 17h et 17h30.

Foncez-y, et délectez-vous de ce moment magique, car (pour faire référence à une de ses chansons), Anita Farmine est assurément une étoile qui n’est pas prête de s’éteindre.

Violette, touchée par la grâce

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