Ô aimables attaché.e.s de presse, jolis labels, freelances actifs et productives maisons de disques, vous m’avez abreuvé de nouveautés et moi, avare et paresseux je n’en retenu qu’un petite poignée dont je vais faire un bref éloge ci-après ; le bénévolat journalistique qui tape avec ses deux index impose de trier si large qu’on en perd des tonnes de pépites, seul regret du scribe dominical (sic transit gloria mundi).

And the winners are :

One Rusty Band : One More Dance (album)

(Ecouté dans l’autoradio mardi dernier en rentrant du travail fort tard)

Un duo rock and roll et créatif qui réveille ! C’est bon, c’est brut, c’est beau.

En peignoirs bleu et orange sur leur couverture d’album ils dansent et on approuve.

Ils démontrent qu’à deux on peut faire un max de bruit et avoir un max de possibilités, et sont beaucoup beaucoup plus Rintintin que Rusty.

Vesko : De Bamako… (album)

Le CQFD qui prouve qu’il faut soigner son artwork !

Quand j’ai vu cet hippopotame sur fond jaune tournesol, transportant un soundsystem, j’ai souri et eu envie d’écouter.

Je dois confesser ne pas être grand clerc ni fan absolu de musiques « du monde », mais là : séduit par le son fort pertinent et accrocheur de Vesko ; les vibrations maliennes (voix et chants, instruments traditionnels, ambiances) et une jolie production plus synthétique, orchestrée, travaillée.

Le meilleur de 2 mondes en quelque sorte.

Hip, hip, hippo !

(PS : pauvre Mali, entre colonels fous et mollahs sonnés)

Courcheval : Courcheval (album)

Marrant comme nom, et le moteur de recherche, obtus, vous propose d’aller skier, ce que je hais.

Mais Courcheval propose aussi un fort élégant artwork entre Klimt et de la science-fiction. Ce collectif semble-t-il multi-têtes s’est échiné à nous proposer un album que l’on dit ranger dans le rayon « inclassables » (ce qui, paradoxalement, est une forme de classement).

Quel style ? Des allers et des retours entre le spoken word, des ambiances un peu gainsbourgiennes, une électro douce avec des paroles ironiques et soignées boostées aux jeux de mots, oh mon salaud, comme ils disent en piste #8.

Décalé et plaisant.

Judith Owen : Come On And Get It (album)

Bon, on est fan et fidèle de Judith Owen que l’on suit depuis quelques années.

Notre chanteuse poly-style et multi-douée se lance dans un style volontairement rétro, enregistré dans la bonne ville de New Orleans. Et c’est un style jazz, raffiné, des années 40 et 50 qu’elle travaille à fond avec un bouquet de jolies chansons.

Rousse, flamboyante, coquine, épanouie, Judith Owen vous enchantera par cet album très classe.

Imaginons un bar enfumé, des cocktails forts, une ambiance interlope et un chouette live de Judith Owen avec ses excellents compères musiciens, au milieu de tout cela, aussi bien en 1942 qu’en 2022, c’est intemporel et cela nous fera oublier le fracas du monde extérieur qui demeure à travers les siècles exténuant et assourdissant.

Come On And Get It, mais what ? L’amour bien entendu !

KING GIZZARD AND THE LIZARD WIZARD : ‘Ice V’ (clip)

Finir cette chronique avec une note électrique ?

Les fringants australiens foutraques mais très forts avec leurs guitares déchaînées m’ont fait bien rire avec ce clip de 10 minutes et ce plagiste qui danse en Grèce, partout où il peut !

Et comme ils sont fous et hyperproductifs je vous copie tel quel le communiqué de presse qui me donne le tournis : « Les prolifiques polymathes australiens King Gizzard & The Lizard Wizard dépassent les prévisions les plus hyperboliques et dévoileront TROIS nouveaux albums en octobre sur leur propre label KGLW. Ice, Death, Planets, Lungs, Mushrooms And Lava sera disponible dès le 7 octobre. Suivra Laminated Denim, qui sortira de façon peu conventionnelle le 12 octobre, un mercredi, puis Changes, cinquième album de l’année le 28… »

Génial, mais épuisant, mais génial, mais épuisant…

Jérôme « Sunday, and still open » V.

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