Enfin il fait nuit

Le temps est à moi

Sans limite

Tant que la lune ne dort pas

Moi non plus

Le silence bruisse

Frémit d’excitation

Le son qui va sourdre

Ouvrira le champ des possibles

Chargé de promesses

Quoiqu’en pense cette vieille bique de Chronos qui nous poursuit de la pointe rouillée de sa faux, du saut du lit aux confins de la nuit. Mon pied de nez est musical. Tant qu’il y aura du son, il y aura de la vie. Ce n’est pas moi qui le dit c’est ma fille. Version 2.0 de la souris verte (qui continue à se faire tremper dans l’huile chaude) : « je la mets dans ma casserole elle me fait du rock’nroll » !

Un jour peut-être je vous raconterai mes séances extatiques avec Jimi Hendrix (mon amoureux, celui avec lequel j’ai passé le plus de temps de l’époque ado chiante), Aerosmith, Madonna, et ma découverte ébahie de Lynrd Skynrd ! Ou pas…

Mes amours changeantes ont ouvert d’autres voies musicales mais l’extase est toujours mon critère de choix. Et mon aversion pour la soupe, qu’elle se mange ou s’écoute, est restée intacte. Un jour le big redac chief m’a dit tu peux faire de la fiction si tu n’es pas trop biopic-son. Je l’ai pris au pied de la lettre ou plutôt du son.

Me voici donc au seuil de la nuit, toute en tension, le crayon à l’affût, l’oreille aiguisée, déjà en émoi. Quelques jours, plus souvent quelques semaines, que le son tourne en boucle à toute heure, le jour la nuit, au point de s’être tatoué dans mes nerfs, presque inutile de mettre le son, il est devenu obsession, palpitation, et maintenant il faut y mettre des mots, les mots de mes émotions !

En vérité ce n’est pas moi qui décide. Plongée en apnée, son en immersion, les notes caracolent et papillonnent, une chorégraphie de mots se met en scène à petits pas, le flow se concentre… lentement, se densifie sûrement. Et… action !

Chaque minute compte, les mots se bousculent, les phrases se précipitent hors de mon entre-moi, exténuant la dactylo, la main ne pouvant suivre la pensée. C’est la bagarre là-haut, je ne sais plus où donner de la tête. Pourtant l’image est là et bien là, et le son aussi of course.

Et soudain, le vide, le silence, le calme. Tout le monde a trouvé sa place. Tout est en ordre. Pouet, pouet ! Les trompettes de la gloire trombonent dans ma trombine. Je me sens l’aura éclatante et l’âme réjouie. Ma chronique est prête !

Cette année promis psychotripes et chroniques au programme. Du son garçon, j’ai soif ! Et du millésimé, s’il vous plaît, pas de la piquette !

MD en mode 4.0

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