Minnie Malism
Cet article est le numéro 7 sur 7 du dossier Feïkke Records

Nos amis du label Feïkke Records sont les importateurs exclusifs des perles méconnues de la maison de disques (trop confidentielle) qui répond au nom de K-Daver XKI, implantée à Skebobruk, en Suède. Rare et réservée aux initiés, leur production est recherchée pour sa sobriété de ton.

Nous avions croisé vers 2 heures du matin leur attachée de presse en CDD, Barbara Tiboazé entre deux DJ sets indiscernables et très monotonaux, lors du pointu festival Les Baffles S’emmerdent 2015 (au Palais 204 de Kyoto, cette salle toute neuve payée par vos impôts, ornée du logo Louis Saint-Cartier et implantée à la pelleteuse dans un quartier à peine débarrassé de ses vendeurs de crack aux yeux cernés par une police motivée et surtout par un prix au mètre carré ayant triplé en 17 mois).

Celle-ci nous avait dit : « Minnie Malism, c’est énorme là-bas et à Brooklyn, s’ils sont importés chez nous, ça va se vendre comme, comme… » mais elle avait disparu comme happée par les effluves du vapotage ambiant, son I-phone de l’an prochain à l’écran déjà fêlé dans une main et un verre de Spritz-Menthe-Pétales dans l’autre, parmi la foule de fille diaphanes à la tête surmontée d’un bun qui levaient leurs bras trop maigres à contretemps pour tenter de séduire des hipsters courbaturés à cause de leurs vélos fixies et des montées raides des rue de Montmartre.

Je reprends mon souffle pour vous dire qu’elle avait raison : Minnie Malism va se vendre comme, comme…

Minnie MalismJ’ai écouté six ou sept fois de suite cet album éponyme, qui consiste en 5 EP de deux morceaux mis bout à bout, dans ce nouveau concept de EP-junction, qui vient tout droit du Danemark. On appelle cela le « brick by brick » et ça flatte l’ego.

C’est une musique qui n’en fait pas trop, justement et on peut deviner leur style, leur credo dès l’écoute de leur nom : avouez que c’est fort.

Ainsi, le morceau « 1 » consiste en une caisse claire de TR-808 samplée en 444 Ghz sur les temps 5 et 13 d’une mesure qui en compte 16 ; il dure 7 minutes 28 secondes de pure extase rythmique, surtout que vers 7 minutes 22 secondes le temps 5 de la mesure est sauté, donc la mesure ne compte qu’un seul coup de caisse claire, le temps 13. Vous suivez ?

Voilà, vous êtes arrivés dans l’univers de Minnie Malism (de son vrai nom Gunnar Olaf Maxödrommsson, mariée à la grande plasticienne Ann Haureksik).

Tout est à l’avenant et nous soulignons la grande classe de cette électro raffinée, pure, ne se perdant pas dans une production exagérée, rébarbative et abusant de ces sinistres 48 pistes mises à la disposition des artistes alors qu’une seule d’entre elles suffirait amplement à faire le bonheur, lors du prochain festival Les Baffles S’emmerdent 2016 qui sera cette année organisé dans les sous-sols de la Ciné-Pastèque française.

S’ils passent (enfin !) un DJ set complet à base de Minnie Malism, enfin, enfin, nos adorables filles diaphanes à la tête surmontée d’un bun ne lèveront plus leurs bras trop maigres à contretemps.

Moi, je dis ça, je dis rien et je vais me resservir un Spritz-Kiwi-Cirage.

Jérôme « 5-13, 5-13 » V.

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