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Cet article est le numéro 3 sur 9 du dossier BEST OF 2017

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Et voilà, on m’a demandé de faire un top 5 de mes albums préférés de 2017. Et voilà, ça m’a paniquée, j’y ai réfléchi jour et nuit pendant au moins 24 heures. J’ai tergiversé : est-ce que je me concentre sur la chanson française (non pas parce que je suis patriotique mais parce que j’en écoute quand même beaucoup), est-ce que je fais un petit mélange avec de l’anglophone, et tiens, pourquoi est-ce que mon choix est binaire comme ça, pourquoi est-ce que je n’écoute pas de chansons russes, ou chinoises, et dis donc, est-ce que si je compte les moutons je parviendrai à m’endormir au lieu de penser à ma prochaine chronique ?

Et comme la nuit porte conseil, et qu’en plus je suis de mèche avec la lune, cette nuit-là, j’ai rêvé en français.

23h-minuit

Ma première apparition fut une chanteuse aux cheveux longs et sombres, en habit de paillette : Juliette Armanet. Découverte au Chantier des Francos dès le début de l’année, j’ai assisté à une montée crescendo poco a poco au cours de l’année, jusqu’à son explosion, que dis-je, sa consécration, sur base de piano, de voix aiguë qui prend aux tripes, de textes absolument sublimes, qui lui ont valu des critiques dithyrambiques amplement méritées.

On a chanté « A la Folie, à la folie… » ou « Star triste » pendant près d’un mois tous les matins dans la salle de bains avec mon amoureux, mais ma préférée reste celle-ci : l’Accident. Peut être grâce à son évocation musicale de Polnareff, qui a bercé mon enfance, mêlée à des textes à la sensibilité Shellerienne.

Minuit-1h

Ma deuxième apparition portait une casquette à velours côtelée et n’arrêtait pas de dire qu’il était fier d’être Creusois. Il s’appelait Gauvain Sers. On était à la session de Inouïs du Printemps de Bourges, et il m’a fait pleurer deux fois en l’espace de quarante minutes. Une première fois quand il s’est mis dans la peau de cette mère dont le « Fils est parti au Djihad », et une deuxième fois en disant un poignant texte sur les clochards :« J’suis clodo sur toute la ligne ». Jamais un artiste ne m’a autant émue dès la première découverte. Jamais je n’avais réussi à retrouver ces frissons-là, en écoutant un album après avoir vu un concert. Jusqu’à ce titi creusois. Dans la réalité, un ou deux mois après ce concert, une amie célibataire a écouté « Pourvu » à la radio et m’a envoyé un message en disant qu’elle avait enfin trouvé l’homme de sa vie. Attention, je suis réputée pour être une bonne entremetteuse…

1h-2h

Quand le mariage de Gauvain et de ma copine s’est terminé, je n’étais toujours pas fatiguée, et un mignon petit ébouriffé est apparu au loin, guitare sur le dos. Nicolas Jules (photo à la une par MlleCoco). J’étais dans ma campagne berrichonne, au festival l’Air Du Temps de Lignières. Je l’avais déjà vu en spectacle aux Bains-Douches, et il m’avait sciée sur place. La beauté de sa poésie, tout en métaphores, m’avait fait chercher si l’absinthe était toujours interdite à la vente en France ou pas. Un petit bijou, cet artiste, complètement perché comme j’adore. Et cet album, Crève-Silence, qui tourne dans le lecteur au moment même où je vous raconte ma folle nuit, qui m’intrigue, me transporte et m’effraie tout à la fois.

Tu ne trouveras pas de chansons du dernier album de Nicolas Jules sur youtube. Et ça me réjouit, parce qu’il mérite vraiment qu’on l’achète en physique, son album, à mon mignon petit ébouriffé.

2h-3h

Un autre artiste – plus grand et mieux coiffé – m’est apparu, là, au même endroit que Nicolas Jules. Il m’a raconté des tas de secrets (là, si tu veux lire), il m’a fait frissonner, il m’a aussi fait pleurer (le vilain), il a ouvert de grands débats philosophiques avec mon amoureux. Je croyais qu’on était hyper intimes, Ben Mazué et moi, j’ai même imaginé un instant que le titre de son album, « La Femme Idéale », m’était dédié, jusqu’à ce que je constate que ses secrets, il les avait racontés à la France Entière et qu’il les avait tous séduits.

3h-4h

Comme des flashs, me sont apparus d’autres jolis moments. Au premier janvier 2017, je m’étais dit que je ferais rimer cette année avec le mot fête, et la fête est indissociable de la musique. On a couvert deux beaux festivals avec Anne-Laure de Songazine, le Printemps de Bourges et les Francofolies de la Rochelle, où j’ai découvert deux artistes qui m’ont fait dire « waow » en live : elle s’appelle Anita Farmine (je t’ai déjà tout dit sur elle juste là mais il faut absolument la voir en concert) et son petit nom à lui, c’est Dimitri Nirman, découvert au Rock In Loft, que j’ai bien hâte de revoir sur scène. D’ailleurs, il en a partagé une magnifique avec Da Silva en fin d’année.

Ces images me revenaient en mémoire alors que trottait dans mes oreilles LA chanson de 2017 que je garderai longtemps en tête : « Jean-Paul » des Thérapie Taxi. On a découvert ce groupe avec toute la clique de profs du chantier des profs et des professionnels de la Culture à La Rochelle en Janvier et on a eu la chance d’observer le travail scénique de ce groupe très, très frais sur la scène du Chantier des Francos.

On a chanté « Jean-Paul, Jean-Paul, fais moi bouger » toute l’année, parce qu’on les a suivis, nos petits jeunes de Thérapie Taxi, avec Songazine. Alors, quand le clip est sorti, vous imaginez bien que ça en a remis une bonne couche, du Jean-Paul.

Après, j’ai dû dormir sans rêves. Mais il y en aura d’autres, plein d’autres.

Violette, serial dreameuse

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