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Cet article est le numéro 4 sur 9 du dossier Binic and the Beast 2017

La 9ème édition du Binic Folks Blues Festival se déroulera les 28, 29 et 30 juillet 2017 à Binic dans les Côtes d’Armor. 3 jours, 3 scènes, 34 groupes, 52 concerts, 40000 spectateurs attendus… Cette année encore, le festival proposera le meilleur de la scène rock alternative… Fiction prémonitoire, entre riffs, rêve puis réalité…

-‘’Pousse le volume de l’ampli à 12 !’’ m’enjoignit ‘’Le Gros’’.
-‘’Mais tu es fou, ça va tout faire cramer !’’ m’insurgeai-je effaré.
-‘’T’en fous’’ me répondit-il excité et les yeux exorbités comme s’il avait fumé un cabas entier de LSD. ‘’Thomas Pesquet a bien pris plus de jets au cul lorsqu’il s’est envoyé en l’air dans la fusée des Russkoffs*, alors pourquoi pas nous ? Vas-y, mets la patate j’te dis !’’.

Devant autant d’insistance et de détermination (‘’le Gros’’ savait être persuasif aux moments clés de l’existence), je balançai enfin la purée sonore, thermostat 12 sur l’échelle de Marshall. Bon plan Marshall ou pas, on allait vite le savoir…

‘’Le Gros’’ commença à triturer sa six-cordes de ses doigts qui n’avaient jamais connu l’existence de la manucure moderne. Plutôt du genre paluche à bourre-pifs et phalanges Rinériennes. Quand il avait pris le kumikata du manche, il était impossible de l’en soustraire.

Le premier riff me fracassa littéralement les tympans, les catapultant en dehors de mes conduits auditifs pour aller se fracasser sur mes lobes ébahis, tel une vague tempétueuse sur les aiguilles de Port-Coton.

J’en vins à regretter de ne pas avoir pris la place de notre astronaute français dans la centrifugeuse délivrant neuf jets ; en comparaison de la décharge tellurique électrifiée subie, le choc n’en aurait été que moins brutal !

A vrai dire, je crois que ce sont tous mes organes qui se révulsèrent dans tous les sens, en faisant tilter le cœur plus violemment encore que Bébert le flipper Heavy Metal Meltdown du Bistrot de la Marée.

On aurait dû se douter des prédispositions sonores du ‘’Gros’’ dès sa naissance. Son premier cri tout d’abord, fut similaire à la voix d’un chanteur de métal, capable de terroriser des générations de sages femmes. Mais le plus surprenant fut sans conteste cette chevelure lui arrivant jusqu’au milieu du dos ; ce phénomène surnaturel ne manqua d’ailleurs pas de troubler les plus éminents experts pédiatriques de l’époque.

Je ne sus réellement si les accords suivants furent plus ou moins éprouvants. Après avoir enquillé ‘’Smokin’ in Bed’’ des Six Ft Hick et braillé ‘’City Trash’’ des Double Cheese, le ‘’Gros’’ ralentit enfin la cadence, hilare à me voir auditivement exsangue.

A ce moment précis, je vis le visage familier du ‘’Gros’’, la main posée sur mon épaule, tentant de m’extirper de mes songes bruyants et de ma torpeur mollassonne. Un rapide coup d’œil circulaire me fit comprendre que je m’étais assoupi à même le sable sur la plage de la Banche. Les aiguilles de ma montre indiquaient 20h05 en ce vendredi 28 juillet 2017.

‘’Réveille-toi’’, me fit ‘’le Gros’’, ‘’On va finir par manquer Cash Savage and the Last Drinks sur la scène Banche, ça démarre dans 10 minutes !’’.

Je bondis presque aussi vite que Ben Corbett des Six Ft Hick sur scène.

Après mon rêve empli de riffs distordus, il était temps de revenir à la réalité !

Alechinsky.

*Le ‘’Gros’’ fait ici état de la mission spatiale habitée Soyouz MS-03 lancée le 17 novembre 2016.

Dans le dossier :<< Cash Savage and the Last Drinks, entre Cave et PierceLOS DOMINADOS, Cool aussie band >>
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