Daniel Darc
Cet article est le numéro 14 sur 16 du dossier CAP 2000 !

Reprise d’un article de 2013, sachant qu’on n’oublie pas certains artistes, leur œuvre et les émotions qu’ils nous ont procurées !

JV

Avec Darc, c’était pourtant clair

Une fois, je l’avais croisé. Métro Charles de Gaulle Etoile, dans les couloirs. Bon sang, j’aurais dû lui courir après et lui faire un big hug. Lui dire un mot, un truc gentil, lui taper sur l’épaule. Peut être qu’il n’aurait pas trop aimé, Daniel Darc ?

Chaque fois que je passe dans ce couloir précis, je pense à lui. Taxigirl, Seppuku, le Garçon cherché, « sur un écran géant une goutte de sang », les synthés qui balancent, le batteur mort shooté, la provoc’ et la dope, les mélodies, cette voix qui traîne un peu.

taxigirl 2

Et bien sûr, l’allure folle qu’ils avaient tous. La jeunesse et la grâce, la morgue et le talent. Ça claquait au vent comme un farouche drapeau de samouraï, fiché sur une lance, dans la plaine juste avant le combat. Marcel Dassault disait que pour qu’un avion vole bien, il faut qu’il soit aussi beau. C’est vrai : fers à repasser finissent par s’écraser dans l’étang, au bout de la piste d’atterrissage !

Le rock c’est pareil : pour atteindre le point magique d’ébullition, vous devez avoir et la musique ET le look : ce mix 100% diabolique et enchanté. Pas donné à tout le monde. Darc l’avait, en version héroïne-romantisme-destin maudit.

Pour revenir aux chansons de Taxigirl : ll fallait acheter les 45 tours et faire des compilations précieuses aux gens qu’on aimait en leur disant : « regarde, je t’ai mis des bonnes chansons, tu vas apprécier, je crois ». Des heures passées à appuyer sur « record » et puis sur « pause ». Des images découpées pour faire une jolie couverture qui rentre pile dans la C-90.

Depuis quelques années, nous l’avions vu remonter à la surface, revenant du fond de ses naufrages opiacés, tatoué sur tout le corps, chantant formidablement bien. Toujours fragile.

Maintenant il est au paradis, chacun sait qu’ici bas il a vécu plus d’une saison en enfer.

Les hommages se sont succédé, quelques couvertures lui ont été dédiées et puis ffffffffffffff le vent s’est remis à souffler. Le vent claque sur les farouches drapeaux des samouraïs, fichés sur leurs lances, dans la plaine juste avant le combat.

Fffffffffffffffffffff.

JV

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