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Cet article est le numéro 4 sur 7 du dossier Punk TPE élèves Première

En 1974 un mot formé par des lettres de plastique rose surmonte la boutique londonienne de Vivienne Westwood et Malcolm McLaren, et fait polémique. SEX. Voilà le nom choisi par les deux pionniers de l’esthétique du mouvement punk pour leur boutique de vêtements sur King’s Road. Elle est le berceau de ce mouvement de contre-culture et une source d’inspiration musicale et stylistique. Westwood, jeune styliste anticonformiste, se met à proposer des vêtements originaux inspirés par cette culture-là, avec toujours un degré franc de provocation, surtout sexuelle. Ses vêtements rencontrent un large succès chez les jeunes. Ils sont « cheap », révolutionnaires et surtout en parfaite opposition avec l’insupportable candeur hippies aux couleurs éclatantes et aux allures de babas-cools. En effet, l’époque est au système D et au Do It Yourself –  » fais-le toi-même  » !

Le sexe, la provoc et la débrouille président aux idées de Vivienne Westwood. Ses vêtements habillent les premiers punks qui commencent à traîner dans Londres, ou à sortir leurs premiers 45 tours.Westwood innove sans cesse en récupérant des vieux vêtements, des costumes des années 1950 ou 1960 pour les modifier, y apposer des slogans neufs, souvent inspirés par les manifestes venus des situationnistes français et les graffitis de Mai 68 !

Les Sex Pistols sont le résultat musical et esthétique de la coopération brutale entre Westwood et McLaren. Revoir les images de ce groupe permet de comprendre ce que Westwood a imaginé : une allure apparemment composée de vêtements et de boots chinés, de tee-shirts déchirés, de pantalons troués… Le tout rapiécé avec des images de Karl Marx, des photos de cow-boys à demi nus, des mots comme « Anarchy »… ces quelques pièces imaginées par Westwood définissent l’ensemble de la mode Punk fondé sur la controverse perturbante et brutale. Le style moderne des années 1960, les couleurs flashy, les imprimés voyants (léopard, lamé, écossais), les tissus et les matières synthétiques (nylons, vinyle, plastique), le mode de vie urbain, le pessimisme, les drogues chimiques, le mépris de soi sont synthétisés pour créer un ensemble trash et troublant.

 L’apparence vestimentaire est utilisée comme signe d’appartenance à une même communauté d’idéologie, de comportements et de goûts. Les codes qui la déterminent sont en évolution constante et se redéfinissent à mesure qu’ils sont dévoilés au grand public, popularisés par les médias et repris par la mode.

Jon Savage, journaliste et observateur attentif des mœurs de son temps, remarque à propos de la force du style inédit de Westwood: « L’attraction du punk, au-delà de la musique, s’explique parce que c’était tout d’abord un mouvement très graphique et visuel, très ancré dans la mode aussi et enfin un mouvement fait de performances… McLaren et son amie d’alors, Vivienne Westwood, ont pris le temps de mettre au point les idées qui feraient exploser le punk… Ils étaient uniques dans ce sens qu’ils vendaient de la mode, des vêtements, qui sont les objets les plus symboliques qui soient du consumérisme mais le faisaient en y injectant de la provocation et des idées très radicales. »

La boutique de Westwood et McLaren change sans cesse de nom jusqu’à adopter définitivement en 1980 celui de World’s End. Les années qui suivirent furent effectivement marquées par la fin de leur monde. Le capitalisme et la société de consommation va rattraper le mouvement qui avait pour vocation de le combattre. « World’s End » deviendra le nom d’une ligne de vêtements de Vivienne Westwood et celui d’une de ses boutiques. En 1981, elle y présente son premier défilé de mode. En 1983, elle se sépare de McLaren. Pour beaucoup, c’est la fin du Punk. Westwood continuera à créer des vêtements, devenant une star du milieu. Enfin, au printemps 2013, elle est revenue sur le devant de la scène grâce à une exposition consacrée à la mode punk par le Metropolitan Museum of Art de New York. Ses premiers tee-shirts punk se retrouvent dans les maisons de ventes aux enchères comme Christie’s et Sotheby’s…un parfait paradoxe pour une ancienne leader Punk !

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Interview vérité de Vivienne Westwood

 

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