© Louis Canadas

Chez Because Music, Paris…

Dans le salon boisé et doré, un homme s’y trouve avec un nom s’associant à  une chimère, mi-équidé, mi-dinosaure. Pourtant, il s’avère qu’il est artiste mi-graphiste, mi-musicien. Il sort Futurisme, son nouvel album, le 10 juin.

Rémy Poncet est un gars de Valence qui a commencé la musique depuis son adolescence. Avant Chevalrex, il avait fondé avec son frère un groupe, les Frères Nubuck. « J’étais heureux d’être dans cette aventure collective, mais je voulais créer un projet solo avec un nom que j’aime, » se souvient Rémy.

Chevalrex

Nubuck !

«  Ce qui est bien quand tu joue seul, c’est qu’il n’y a pas de contrainte avec les autres membres. Si tu as envie de créer un mouvement de batterie, tu t’exécutes. Tu n’attends pas le gars qui est parti pisser. Ma méthode est une liberté créatrice totale. »

 

Son nom de scène vient d’une expérience où il composait des musiques instrumentales sous le nom de Rémy Chante. « Lors de ce projet, j’avais composé un morceau qui s’appelait Chevalrex inspiré par l’univers de Boris Vian. J’aimais cette idée de ce chevalier dyslexique. » Le surnom trouvé, Il s’est mis à auto-produire son premier disque intitulé Catapulte, en 2013. : « L’idée était de le sortir pour une exposition, où j’exposais deux cents images réalisés avec Brest Brest Brest et l’artiste belge Benjamin Demeyere. Chaque pochette était illustrée par une de ces 200 images. »

l'une des 200 pochettes de Catapulte

l’une des 200 pochettes de Catapulte

Du fil en aiguille, il s’est retrouvé dans le label de Franck Annese, le label Vietnam, par l’intermédiaire de l’image : « On s’est rencontré avec H-Burns. J’ai crée de nombreuses couvertures pour ces albums. »  Chevalrex est un amoureux de l’image et de la musique : « Depuis que je suis ado, je crée des pochettes de disques ou de cassettes pour des groupes d’amis. Je me suis retrouvé avec une compétence de graphiste lié à la musique. »

Dans son prochain opus plusieurs genres de musique se mélangent au fil des chansons, résumés en une expression  : « il triture son abécédaire pop ». Rémy alias Chevalrex nous l’explique : « Dans Futurisme, j’ai recherché à la fois un disque monolithique sur une couleur mais en même temps très nuancé dans le son. Par exemple, dans Orléans, je vais être sur une base folk acoustique. Elle est très simple. Puis il y a des morceaux qui sont plus accidentels comme Stand de Tir. » Il en conclut : «  C’est vraiment une patouille. Je suis un artisan dans son atelier qui arrive à trouver une forme et qui veut la perfectionner. »

Allons explorer l’univers de Futurisme, par l’intermédiaire de ces chansons. On commence par Ventre & Cervelle : «  le nom de cette chanson n’est pas le plus heureux du disque. Il existe trois morceaux où les titres étaient provisoires que j’ai gardés. J’ai toujours apporté une attention au nom. Dans cet album, c’est la première fois, que je ne les change pas, après le premier jet. Serpents, Vautours et ce morceau sont des titres de travail qui sont restés en l’état. Après en terme de mélodie, elle est très pop, dynamique, plus joyeuse, au contraire des paroles plus méchantes et moins joyeuses. »

Ceci n'est pas Aznavour

« Je n’aurai pas mis le profil d’Aznavour sur ma pochette. »

On passe par Où es-tu ? : « C’est un morceau où j’ai changé ma méthode de construction. D’habitude, je compose d’abord mes mélodies avant d’écrire le texte. Là, le texte a été confectionné avant la musique. C’était lors d’un voyage d’un mois, sans instruments. Je cherchais autour de cette phrase : Ou es tu ? C’est un morceau très doux. » Movimento « elle est la pièce instrumentale contrairement à Catapulte, où il existait cinq instrus et cinq avec paroles. Cette chanson marque la volonté, aujourd’hui, d’écrire essentiellement un disque de chansons. »

Graphiste dans l’âme et dans le coup de crayon, Chevalrex a choisi comme nom d’album, un mouvement artistique du début XXème siècle. « Je suis très attachés à  ces révolutions esthétiques, voire même sociales. Je cherchais un titre dans la même mouvance que le précédent. J’aime les métonymies. Ces mots qui signifient un tout. Le fait de symboliser un ensemble de chose en un terme, un objet.  Je réfléchissais à un mot qui signifie un mouvement, une dynamique. Je pensais à la Russie et au Constructivisme. En premier je voulais appeler mes morceaux, mouvement 1, 2, 3. C’était chiant et très concept. Puis je suis tombé sur ce mot, un jour. Il fut ma révélation, l’évidence. ». La pochette est son autoportrait de profil. A ce sujet, il en sortit une tirade  qui sera son dernier mot : « C’est bien moi. Je n’aurai pas mis le profil d’Aznavour sur ma pochette. »

Thomas Monot

crédit photo : Louis Canadas

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