fu-manchu-photo-by-andrew-stuart

Un T-shirt rayé.
Comme des marques de pneu de pick-up sur une route en macadam brûlée par le soleil.
Des cheveux longs.
Blonds, comme un chant de blé survivant de dizaines de moissons, ne craignant plus la moindre faux.
Une guitare translucide.
Comme un oignon émincé revenu à la poêle avec beaucoup d’huile. Beaucoup d’huile.

Tels furent les attributs marquants du chanteur de Fu Manchu, en ce soir quelque peu frisquet du 9 octobre 2016.
Peut-être était-ce dû à sa guitare, mais la salle était parfumée d’une forte odeur d’oignons que l’on cuisine avec ardeur pour une tartiflette. Mon voisin de droite, un simple lardon comme moi, me confirmera que mes narines ne me trompaient point !

Quoiqu’il en soit, les quatre cuisiniers de Fu Manchu ne manquaient pas de patate, et nous ont délivré un concert gratiné dans cette petite casserole qu’est notre chère Maroquinerie.
Nous fumes cuits à feu doux lors de la première moitié du concert, qui fut appétissante mais pas rassasiante, malgré un King of the Road à point et un public conquis d’avance.
Les toqués partent, nous laissant sur la langue un larsen brûlant, et reviennent pour du rab, du bon.
Ça tombe bien, on n’est pas encore calés !
Là, ça ne rigole plus. Le four est mis à fond, 666 degrés Celsius au compteur. Les classiques s’enchaînent tandis que la foule se déchaîne, un vrai BBQ !
Godzilla, Evil Eye, Mangoose, que des titres pour nous rôtir et nous laisser saignants.

Un concert résolument gratiné avec une cuisson en deux temps pour mieux attendrir la viande et les âmes. Les quatre chefs nous en ont mis plein la panse… Et les oreilles !

Guillaume Vaillant

Share