La frontière entre le rock et le métal est, sur la scène actuelle, un sujet qui continue d’agacer certains. Il y a ceux qui vous diront qu’elle n’existe plus, et puis ceux qui s’acharneront à défendre cette nuance, certes relative. Beaucoup de groupes s’y engouffrent avec la fraîcheur et la fougue d’un équilibriste avançant sur un fil tendu.
Et si, au fond, c’était justement cela l’essentiel ? Démonstration avec Headmind, groupe originaire du secteur de Valenciennes, qui conjugue habilement la puissance et le dynamisme du rock alternatif à l’américaine avec un métal porté par des riffs lourds et massifs, qui ferait pâlir un crossfiteur chez BasicFit
Une petite interview en fin de chronique viendra donner un aperçu de leur psyché, mais surtout, il ne faudra pas oublier d’aller écouter la qualité des morceaux.

Alors, Headmind, c’est quoi ?
Pour avoir partagé l’affiche avec eux au Klub, bonne salle parisienne qui m’a pourtant laissé un peu sur ma faim ce soir-là, faute de temps, je me suis décidé à aller écouter leurs productions. Et là, aucun doute : on sent immédiatement la maîtrise du sujet. Il suffit de voir le site internet, très professionnel, ou encore les clips. Le groupe n’existe que depuis 2024, et c’est déjà une grosse claque. Oui, « que», car pour une formation qui a moins de deux ans d’existence, c’est tout simplement chapeau bas, les amis.

Peut être une image en noir et blanc de cymbale et texte

Peut être une image en noir et blanc de guitare

Peut être une image en noir et blanc de guitare et texte qui dit ’Sha’

@shaaviolin pour les photos Live

Du côté de l’univers, c’est torturé, sombre, et pourtant beau, maîtrisé, sans jamais sombrer dans le cliché. C’est peut-être là que réside le vrai talent.
Avec Scott, leur ami imaginaire, figure métaphorique qui raconte ou plutôt incarne  les thèmes de l’addiction et des conflits intérieurs, Headmind développe une narration forte qui apporte une réelle valeur ajoutée à ses morceaux.
Musicalement, cela évoque Alice In Chains, Tool ou encore Soundgarden. À l’écoute, on pourrait presque imaginer un Black Sabbath version 2026, avec toute la lourdeur et la profondeur d’un heavy metal calibré à l’américaine.
Propre, efficace, immédiat : voilà ce qui retient l’attention.



Et donc, quid de la musique ?

Un EP single, Splitmind, est sorti en avril. Splitmind, c’est l’esprit coupé en deux : deux titres pour un total de sept minutes, une carte de visite sonore qui définit déjà très bien le style de Headmind. Le disque a été réalisé au Riff Sound Studio, à Saint-Saulve, toujours dans le Nord, et le studio a fait du très beau travail, fidèle à sa propre définition de « studio spécialisé rock, grunge, metal, fervent défenseur de la scène locale ».
À l’écoute des deux morceaux, on comprend rapidement que le monsieur sait de quoi il parle, notamment grâce à un travail particulièrement soigné sur les guitares et la basse, qui lorgnent volontiers du côté du stoner.
Rien redire pour la batterie qui assure la charpente évidente du groupe, peut être moins mise en avant que les cordes, un savoir faire d’artisan et de précision, d’une redoutable efficacité en Live, croyez moi.
Autre détail intéressant : une édition cassette de Splitmind existe également, disponible sur leur site de merchandising pour 7 euros. Un bel objet collector, avec ce grain si particulier et immédiatement reconnaissable de la bande magnétique.

LA K7 la puissance de la bande!


Enfin, côté chant, on retiendra particulièrement la voix d’Axelle, qui brouille les pistes avec un timbre singulier, quelque part entre Ozzy Osbourne et un Layne Staley au féminin. Un choix parfait pour donner envie d’en entendre davantage ; en live, elle incarne ces morceaux avec une intensité encore plus marquée.
Peut être une image en noir et blanc

Peut être une image en noir et blanc de guitare

Psychosocial est un morceau frontal, porté par cette ligne de crête où subsiste encore l’ombre du heavy metal de la fin des années 80, celui qui donnera naissance à un grunge plus lourd, moins punk que celui de Nirvana.
Feel Like You, de son côté, s’enfonce dans une noirceur dense avec un chant cathartique ; on pense clairement à Facelift, le premier album d’Alice In Chains.
Headmind, c’est du très bon. Même si, vous le savez, cher lecteur de Songazine, ma préférence va naturellement vers le chant en français, qui crée une proximité particulière avec l’auditoire.

Alors pour le live c’est pour bientôt pour une finale de tremplin pour le SLBFEST c’est dans le nord au Pharos à Arras, pour un PAF à 3 eur les copains, moins cher c’est un tasty crousty!
Et prochaine date au Dropckick de Reims le 6 Juin..

Au-delà de cette préférence personnelle, Headmind est typiquement le genre de groupe à suivre de près, autant sur scène où il se révèle encore plus massif et puissant que sur disque.
Alors évidemment il reste une certaine envie d’en écouter plus, et gageons que le futur du groupe va se conjuguer avec un superbe album, patience les amis patience nous ne sommes qu’en 2026.
@pyofficiel

Site Web hyper bien fait

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Le merch pour craquer sur les T-shirts et K7!!!

 

Merci @simon le bassiste pour l’interview :

J’ai un ami en soirée qui écoute de la musique et qui cherche de nouveaux sons à découvrir. Que puis-je lui dire pour lui donner envie de vous écouter ?

La première chose qu’il faudrait dire à ton ami, c’est qu’HEADMIND a la particularité de jouer une musique qui peut parler à tout le monde. C’est quelque chose que nous avons remarqué depuis que nous avons commencé à tourner : de nombreuses personnes, issues d’univers musicaux différents, se retrouvent énormément dans nos morceaux. Nous puisons nos inspirations dans différents univers du métal, ce qui donne à notre musique une grande variété de sonorités. Nous jouons donc un métal alternatif fédérateur, ce qui nous permet de varier les plaisirs en termes de son, même s’il est vrai que nous recherchons dans nos compositions une certaine lourdeur dans les riffs. Ainsi, découvrir HEADMIND, c’est entendre une palette musicale très variée, dans laquelle chacun peut trouver son compte.

 

À qui s’adresse votre musique ?

C’est là que notre musique prend tout son sens. Répondre que notre musique est destinée à tous serait une solution de facilité, mais en réalité… c’est le cas. Nous avons créé notre univers autour d’un personnage métaphorique répondant au nom de Scott. Scott se veut la représentation de tous les tourments et vices de l’âme humaine. Scott, c’est toi, c’est nous. À travers les paroles de nos chansons, nous décrivons un univers de souffrance, de questionnements, bref, de vie. Notre musique, et surtout nos textes, veulent rassembler chacun d’entre nous, afin que l’auditeur ou le spectateur, lors d’un concert, puisse se dire : « Je me reconnais là-dedans » ou encore « Voilà ce que je peux parfois ressentir »…

 

Pourquoi chanter en anglais ?

Le choix de chanter en anglais s’explique tout simplement par nos influences musicales anglophones. Je ne veux pas parler au nom de la chanteuse (Axelle), mais comme elle est une grande fan de Nirvana ou encore d’Alice in Chains, je pense que le choix de composer et de chanter en anglais s’est imposé comme une évidence pour elle.

 

Vous vous êtes formés en 2024, mais vous n’êtes pas des débutants. Qu’est-ce qui a changé par rapport à votre ancien projet musical ?

Le groupe s’est formé autour d’Axelle (chant) et de Tom (guitare), qui avaient collaboré avec Greg dans un projet précédent. Lors de la création du groupe, Axelle et Tom ont souhaité imposer un univers propre à la formation. C’est là que Scott est né. Lorsque Philippe (batterie) et moi-même (Simon, basse) avons auditionné pour intégrer le projet, le concept nous a été expliqué avant même que nous jouions la moindre note. La volonté de Tom et d’Axelle était avant tout de s’entourer de musiciens motivés par cet univers et prêts à se mettre au service de la musique. Le personnage de Scott est donc au cœur de l’existence d’HEADMIND aujourd’hui, et il différencie clairement le groupe des anciens projets musicaux de chacun.

La scène est un élément majeur dans la vie d’un groupe. Préférez-vous le live ou le studio ?

Bonne question ! Le studio est l’endroit où nous passons une grande partie de notre temps. C’est le lieu de création et de mise en place de nos futures prestations. Il nous permet aussi d’enregistrer afin de diffuser notre musique au plus grand nombre. Tom et Philippe sont, par exemple, de véritables bourreaux de travail en studio. Nous avons la chance de répéter et de travailler au sein du Riff Sound Studio, le studio de Tom, dans lequel de nombreux groupes de la région sont venus enregistrer leurs albums. Néanmoins, je pense que la scène reste le meilleur espace d’expression pour HEADMIND. Le projet est taillé pour le live. C’est là que le public peut capter l’essence même de notre musique. Nous avons souvent eu des retours du type : « Wouah, quelle énergie et quelle puissance vous dégagez ! » Je pense que lorsque l’on entend ce genre de réaction, c’est qu’on a visé juste.

Quel est le processus créatif dans votre groupe ? Qui compose et écrit ?

La création des morceaux est très variable. Ce qui est certain, c’est que chacun apporte sa patte au morceau. Nous ne sortons ni ne jouons un titre sans que tout le monde ait donné son accord. Le plus souvent, l’un d’entre nous arrive avec une maquette ou quelques riffs. Après quelques écoutes, nous commençons à « tricoter » autour de cela. C’est comme ça qu’est né « Bad Trip », par exemple. C’est d’ailleurs encore dingue de réécouter la version initiale du morceau : elle ne ressemble pas du tout à la version actuelle. Nous n’avons donc pas de compositeur attitré. Chacun apporte sa touche.

 

Un seul titre est disponible sur les plateformes. Avez-vous un EP ou un album de prévu ?

Alors, petite rectification : nous avons sorti le 03/04 dernier un « mini EP » comportant deux titres : « Feel Like You » et « Psychosocial ». Ces titres nous ont beaucoup été demandés par les personnes ayant eu l’occasion de nous voir en concert. Nous avons donc fait le choix de les publier pour, bien sûr, offrir du contenu, mais surtout pour faire patienter avant une sortie plus importante. En effet, nous entamerons dès cet été l’enregistrement de notre premier album. Pour l’instant, je préfère ne pas en révéler davantage, mais crois-moi, ce sera du très lourd.

 

Demain, si on vous donnait la possibilité de faire la première partie d’un artiste, lequel choisiriez-vous ?

Nous venons chacun d’univers musicaux différents : Greg du thrash metal, Philippe du rock, Tom et Axelle du grunge, et pour ma part du heavy metal. Si nous croisions nos avis, tu aurais donc des réponses très variées. Mais pour me prêter au jeu de ta question, je pense que nous choisirions des formations françaises comme Gojira ou encore LANDMVRKS, car elles représentent la réussite du metal français à l’heure actuelle, même s’il existe une différence de style. Après, si l’on veut voir grand, tourner avec Metallica doit quand même être quelque chose. On a le droit de rêver !

Que peut-on vous souhaiter pour la suite ?

Tout simplement ce que l’on souhaiterait à une jeune formation prête à défendre bec et ongles son projet : de la réussite ! Que notre musique trouve son auditoire, sa reconnaissance, et que cela nous donne l’occasion de fouler les plus belles scènes du monde… Comme dit précédemment, on a le droit de rêver. En tout cas, on espère que Scott nous emmènera loin !

 

 

 

 

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