HOP POP HOP

HOP POP HOP, festival de musiques émergentes a eu lieu les 14 et 15 septembre à Orléans. Lancé il y a trois ans par l’équipe de L’Astrolabe, la scène de musique actuelle de la ville à la programmation aussi pointue qu’éclectique, le festival HOP POP HOP, nous a fait aimer la rentrée. Le concept ambitieux et généreux vise à faire découvrir en 2 jours, 35 artistes sur 5 scènes, au plein cœur de la ville, le tout pour un prix d’entrée accessible. La gageure est d’amener la musique dans des lieux inattendus (comme à la Salle de l’Institut plus habituée aux sons des musiciens du Conservatoire qu’à la musique électrifiée), tous accessibles en 5 minutes à pied. Tout au long de cette déambulation musicale, les festivaliers peuvent compter sur une équipe de bénévoles attentionnés et réjouis. Au passage, chapeau pour la déco !

Dans cette carte des possibles il nous a bien fallu choisir. C’est parti !

Malik Djoudi, auteur-compositeur-interprète accompagné de son compère Greg Cadu qui lui fait face avec basse et clavier, nous nappe de son electropop en clair-obscur. Malik Djoudi hypnotise le public. On suit sa voix aérienne lorsqu’il semble plongé en lui-même pour mieux le retrouver ensuite, quand il accompagne sa musique de quelques mouvements de danse esquissés sur cette scène qui lui est justement dédiée (Centre Chorégraphique National). Nous voilà à frissonner et à danser avec lui au rythme de ses textes poétiques. Et la magie Malik Djoudi opère.

Malik Djoudi - Hop Pop Hop 2018

Malik Djoudi – Hop Pop Hop 2018

Pas le temps d’atterrir, au Jardin de l’Evêché Queen Zee balance son punk rock rageur et queer. Ici, à l’ombre de la cathédrale, à quelques encablures du Campo Santo où résonna quelques années plus tôt le rock de Rachid Taha, les jeunes Anglais (Queen Zee – chant, guitare ; Em Dee – guitare, Frankie French – basse ; Lili Bit ‘Furious’ – batterie et Courtney Hate – clavier) prennent leur pied et nous avec. Leur show est explosif à l’image de leur leader qui appelle au pogo dans sa robe de mariée à épaulettes cloutées cousues main le bras levé au ciel, le poing rageur. Il harangue le public, nous questionne malicieusement sur la traduction française d’une expression anglaise qui mériterait ailleurs un « parental advisory ».

Queen Zee - Hop Pop Hop 2018

Queen Zee – Hop Pop Hop 2018

On est KO, sourire aux lèvres mais on doit filer car on a Rendez-vous. Les cinq garçons (Francis Mallari – chant, basse ; Elliot Berthault et Maxime Gendre – synthés, machine, chœurs ; Simon Dubourg – guitare et Guillaume Rottier – batterie) forment le groupe post punk le plus exaltant que compte l’hexagone. Sur scène, atmosphère étourdissante, sons aux influences 80′ mélangées et style impétueux forcent le respect. Ils lâchent plusieurs titres de leur premier album Superior State prévu pour le 26/10, dont le tellurique Double zéro, on est fébriles.

On plonge se rafraîchir dans l’univers aérien de BLOW et de sa pop électro subtilement arrangée. Le groupe (Quentin Guglielmi – chant et pads ; Thomas Clairice – moog et basse ; Pierre Elie Abergel – batterie, pads ; Jean-Etienne Maillard – guitare) crée un vrai lien avec le public et fait danser l’évêché.

Blow - Hop Pop Hop 2018

Blow – Hop Pop Hop 2018

Suit une parenthèse enchantée. Curieuses de découvrir celui qu’on présente dans la lignée de Leonard Cohen et Jeff Buckley, on est allée à la rencontre de Tamino (Tamino-Amir Moharam Fouad) quelques heures avant de le voir sur scène. Le ténébreux jeune homme nous offre un moment d’échange d’une rare intensité. Il nous confie faire de la musique « parce qu’il en a besoin ». Au-delà de la nécessité vitale, c’est une évidence pour lui, dont l’ADN semble construit sur des notes. Allusion à sa mère musicienne qui lui fait découvrir John Lennon quand il a 8 ans (« ma vie a basculé ») et à son grand-père, immense chanteur égyptien. Sa musique est baignée – entre autres – de ces différentes influences. Le concert qui suivra dans l’écrin de la Salle de l’Institut est illuminé par sa beauté, sa stature et sa sensibilité. Il est accompagné par Vik Hardy et Ruben Van Houtte, « ses deux compagnons de route ». Touché en plein cœur, en pleine âme, le public de L’Institut, debout, demandera un rappel, généreusement offert par Tamino, visiblement ému. On le sait en effet particulièrement heureux d’être ainsi « embrassé » par le public français. Moment de grâce absolue.

Son premier album sortira le 19/10 et il sera en concert au Café de la Danse le 19/11. Pas de plus douce et somptueuse perspective pour traverser l’automne.

Tamino - Hop Pop Hop 2018

Tamino – Hop Pop Hop 2018

Avec Gramme (Sam Lynham – chant ; Leo Taylor – batterie ; Luke Hannam – basse et Dave Bateman – guitare, clavier) ambiance funk punk sur la Scène Nationale. Les Anglais visionnaires des années 90, ceux-là même qui ont influencé Hot Chip, rattrapent le temps perdu et proposent un set festif et percutant à la joie communicative.

Gramme - Hop Pop Hop 2018

Gramme – Hop Pop Hop 2018

On reprend le chemin d’un jardin de l’évêché bondé pour The Limiñanas (Lionel et Marie Limiñana). Très attendus, ils arrivent à 5 autour du duo fondateur et livrent 1h de rock enflammé, devant un public ravi de ce déchaînement de guitares électriques balançant des riffs psychédéliques lancés à la poursuite du rythme de la batterie de Marie. L’auditoire est conquis.

The Limiñanas - Hop Pop Hop 2018

The Limiñanas – Hop Pop Hop 2018

Pour garder le rythme, on conclue avec Not Waving (Alessio Natalizia) expert en deep rave robotisée histoire de rajouter des beats per minute à notre palpitant qui a déjà bien donné durant ces deux jours d’immersion dans ce sublime vivier d’artistes.

On repart avec le regret de ne pas avoir pu voir (merci le périph) One sentence supervisor, qu’on sait excellent. Séance de rattrapage le 19/10 à La Boule Noire (MaMa festival) et le 26/10 à Vendôme (Rockomotives).

Pari réussi donc pour HOP POP HOP (samedi soir sold out). Il paraît qu’Orléans est une ville de traditions, souhaitons qu’HOP POP HOP en devienne une.

Veyrenotes et Wunderbear.

Un grand merci à Jean-Philippe et Marion de Martingale pour leur aide et leur disponibilité.

Gé, tu sais que t’as un sosie à Orléans…

 

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