des jeunes gens modernes
Cet article est le numéro 2 sur 8 du dossier Rennes Mai 2017
En 1976/77, la déferlante météorite punk bouscule tout sur son passage et c’est un tournant à Rennes. La période post-punk voit naître le fameux ‘’son rennais’’ puis la vague pop dès le début des années 80, propulsant la ville au rang de ‘’capitale du rock en France’’ pendant plus d’une décennie.
Songazine vous relate cette brève histoire du rock à Rennes.

 

1976/1977, la déferlante punk

Le basculement vers l’image de ‘’Rennes capitale du rock’’ coïncide avec l’explosion du punk en 1977.

Frank Darcel, ex-guitariste de Marquis de Sade et auteur de l’anthologie ‘’ROK, 50 ans de musique électrifiée en Bretagne’’, se souvient de cette période : ‘’Londres nous a mis une sacrée claque en 76-77. La capitale anglaise est proche de la Bretagne et il nous était facile d’y aller régulièrement sur un week-end et de ramener des disques. Le punk est reçu plus rapidement et facilement à Rennes qu’ailleurs en France car c’est nous qui sommes les plus proches de Saint-Malo et du ferry. Je crois que ça a eu son importance.

Une partie des vyniles qu’on écoutait jusque-là, Elvis, les Beatles, les Stones… devint bonne pour la casse. Il y avait soif de neuf, de nouveau départ en chacun d’entre nous.

On a découvert un phénomène propre à Rennes, qui ne s’est pas passé dans les autres villes : les soixante-huitards rennais qui étaient dans les MJC ont bien pris le mouvement punk et nous ont aidé. Il y a eu une entente cordiale entre gauchistes et anarcho-punks.

Il y avait aussi une sorte de contre-culture rennaise qui aimait déjà le Velvet Underground. On nous a peut-être pris pour des dingos au départ mais on s’est entendus assez vite. Je crois que le fait que jeunes et moins jeunes aient fait bloc à Rennes a permis au punk de se développer’’.

Rennes réussit donc la première à faire de cette déferlante punk quelque chose de personnel, d’un point de vue musical, privilégiant plutôt la source US. ‘’Musicalement, en termes de guitare, ce que faisaient les New-Yorkais (Richard Hell, Television, Talking Heads, Feelies) était beaucoup plus intéressant’’ nous dira Frank Darcel.

1977/1979 Naissance du ‘’son rennais’’

Le ‘’son rennais’’ naît dès 1977 dans le sillage de Marquis De Sade dont les influences sont multiples : le punk, un certain attrait pour la culture européenne d’avant-guerre, littéraire et picturale, Artaud (NDLR : Antonin, pas Nathalie !), à l’expressionnisme allemand qui fascinait le chanteur de MDS, Philippe Pascal.

Pour Frank Darcel, l’influence majeure de MDS est le son de guitare des Feelies, groupe américain de post-punk formé en 1976. ‘’J’ai découvert Les Feelies à New-York au cours de l’été 1978 alors que Marquis De Sade n’était pas encore une chose très définie. Ils jouaient en première partie de Richard Hell. Les deux groupes m’avaient impressionné, c’était exceptionnel de les voir sur scène. J’ai senti à ce moment-là que j’allais vraiment aller vers la musique. J’étais encore étudiant en médecine en deuxième année. J’ai su à New-York que c’était foutu pour continuer. Ces groupes-là, particulièrement les Feelies, dégageaient quelque chose de …. C’est comme s’ils s’adressaient à moi. J’ai toujours adoré leur texte. C’était étonnant parce qu’ils avaient un look un peu grunge en pleine période punk. Ils étaient vraiment à part, le look étudiant avec des chemises à carreaux, comme Nirvana mais en 77-78. C’est un groupe, même s’il n’a véritablement jamais percé, qui a énormément influencé Marquis de Sade et bien d’autres groupes par la suite (REM notamment)’’.

Feelies

1979 Création des Trans Musicales

L’association Terrapin, qui comporte en son sein la future bande des Trans (Hervé Bordier, Jean-Louis Brossard, Jean-René Courtès et Béatrice Macé et des étudiants rennais passionnés de musique), se crée aussi à cette période. Un premier concert de soutien à l’association alors en déficit réunit la fine fleur du rock local (Marquis de Sade, Frakture, Oniris, Anches Doo Too Cool duo, Entre les deux fils dénudés de la dynamo avec un certain Etienne Daho comme choriste…) les 14 & 15 juin 1979 dans la salle de la Cité.

Affiche Transmusicales 1979

 

Les eighties : cold-wave (suite et fin), émergence de la nouvelle vague pop rennaise et revival rock’n’roll

Marquis de Sade splitte en 1981. Leurs descendants Octobre, fondé par Frank Darcel, et Marc Seberg , le groupe de Philippe Pascal, Les Nus, et un certain nombre de groupes aux influences européennes proches de Marquis De Sade (End Of Data, Prima Linea, Complot Bronswick, Ubik), continuent à porter le flambeau du son rennais.

Parallèlement, la vague pop rennaise, grâce à Etienne Daho et Niagara, qui ont pourtant quitté Rennes pour Paris au début de leur succès, va continuer à attirer l’attention sur la ville.

DAHO LA NOTTE LA NOTTE

A la fin des années 1980, de nouvelles expériences rock vont marquer la fin de la cold-wave bretonne, le fameux ‘’son rennais’’. On assiste à un revival sixties influencé par les Fleshtones et les Cramps, à l’émergence d’un rock alternatif en prolongement du punk, au retour d’un rock plus classique (Dominic Sonic au sein de Kalashnikov).

Les références de groupes rennais comme les Animatorz, Merci Simka ou Les Conquérants, redeviennent ‘’Sex, Drugs and Rock’n’roll’’, alors que ça ne faisait pas tellement partie du langage de la ville jusque-là.

Alechinsky.

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