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Cet article est le numéro 3 sur 10 du dossier Rennes Mai 2017

Le rock reflète toujours la société qui le porte. Rennes en est un bel exemple.

Le rock, souvent issu du prolétariat anglo-saxon, frémit tardivement et timidement dans les 60’s et force est de constater qu’il ne se passera pas non plus grand-chose au cours de la décennie suivante.

La déferlante météorite punk bousculant tout sur son passage est un tournant à Rennes.

La période post-punk voit naître le fameux ‘’son rennais’’ puis la vague pop dès le début des années 80, propulsant la ville au rang de ‘’capitale du rock en France’’ pendant plus d’une décennie.

Songazine vous relate cette brève histoire du rock à Rennes.

 

Les sixties : Rennes est à la traîne

A l’aube des années 1960, la France s’égaye avec la ‘’bonne variété française’’ populaire et le jazz (quoique plus élitiste), et danse dans les bals musette au son des accordéons.

La vague ‘’yéyé’’ (Johnny Hallyday, Richard Anthony, Frank Alamo, etc.) reprend des standards de la musique américaine et apporte un vent de modernité, soutenue par l’émission Salut les copains (SLC) lancée à l’été 1959. Elle aura eu la vertu d’ouvrir l’Hexagone sur un nouveau type de musique.

Deux phénomènes favorisent l’apparition du rock en Bretagne :

  • La proximité des ports d’une part. Brest et Nantes, à proximité de la base militaire US de Saint-Nazaire, où les Américains amènent avec eux leurs disques US et leur matériel novateur (guitares et amplis).
  • La proximité de l’Angleterre, qui permet de capter les radios ‘’pirates’’ anglaises off-shore (Radio Caroline émet pour la première fois le 27 mars 1964).

Rennes à cette époque a du retard à l’allumage. C’est un gros bourg de province bourgeois, éloigné de la mer et peu sensible aux influences extérieures. Il faudra attendre 1964 pour que les préjugés vis-à-vis du rock, cette ‘’musique de délinquants, de voyous et de blousons noirs’’ commencent à s’infléchir.

Nantes et Brest ont donc beaucoup d’avance dans les années 60, et même en partie dans les années 70. Lorsqu’on dénombre une quinzaine de groupes à Brest et une vingtaine à Nantes, seuls 2 groupes de rock (Les Atlas et Les Spirales), sévissent à Rennes dans les 60’s, influencés par les Shadows.

Le rhythm’n’blues, via les Stones, est arrivé longtemps après, vers 1968. La jeunesse cherchait des musiques pour danser, et avant l’arrivée des disc-jockeys au début des années 1970, les groupes étaient essentiellement des animateurs de bals rock avec un répertoire de reprises. Les types gagnaient très bien leur vie en jouant deux fois par semaine.

Il n’y a pas encore à proprement parler de salles de concerts. Les groupes se produisent dans les dancings et dans les cinémas de patronage tenus par les curés qui cherchaient à faire vivre les lieux, phénomène qui perdurera jusqu’au milieu des 70’s.

 

Les seventies

1969 voit l’ouverture du disquaire indépendant Disc 2000, lieu fédérateur où se retrouve le petit milieu des amateurs de rock et musiciens rennais, faisant office de ‘’passeur’’. Disc 2000 (qui deviendra par la suite Rennes Musique), jouera ainsi pendant deux décennies le rôle de ‘’passeur’’ au sein de la cité.

LOGO DISC 2000_2

Disc 2000 importe des disques anglo-saxons (il est l’un des premiers en Europe à importer le Velvet Underground) et fournit régulièrement en nouveautés étrangères les grandes radios nationales (France Inter, RTL, etc.).

C’est là que se retrouvent Hervé Bordier (embauché comme vendeur) et Jean-Louis Brossard, futurs créateurs des Trans Musicales, mais aussi Etienne Daho et les membres de Marquis de Sade.

La révolution électro celtique voit le jour en 1970 avec Alan Stivell. Des groupes de rock progressif (Oniris) ou à la pop baba-cool influencée par Crosby, Stills, Nash and Young (Pourquoi Pas) voient le jour.

Vers 1972-1973, la salle de la Cité, qui était une salle de meetings, accueille les groupes Gong et Magma.

Dans la seconde moitié des 70’s, de plus en plus de concerts s’organisent et les décideurs s’ouvrent à toutes les influences musicales. Le rôle de la MJC Rennes Centre revêt une importance grandissante, permettant de fédérer une scène rennaise où l’on retrouve tous les styles.

Rennes devient à la fin de cette décennie une ‘’ville de rock’’ mais cela ne va pas s’arrêter là…

Alechinsky.

Sources : ROK, 50 ans de musique électrifiée en Bretagne, tome 1 – 1960/1989 – Les Editions de Juillet (aujourd’hui épuisé).  »Histoire du rock à Rennes, groupes rennais de rock des années 60 » (www.rock-annees-60-rennes.blogspot.com)

Dans le dossier :<< RENNES, UNE BREVE HISTOIRE DU ROCK – 2ème partie : 76/80sESCAPADE A RENNES, LE MELBOURNE BRETON >>
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