L’année 2021 s’en va, donc va basculer en mode oldies… Tempus fugit.

Songazine demeure un petit Webzine indé, dont le nombre de vues reste relativement faible mais composé (densément) de passionnés des niches. Bons toutous, de races assez rares.

Les sorties de disques, films, séries et livres sont si nombreuses allant du fort marketé blockbuster aux affiches 4X3, à la diffusion limitée d’un combo confidentiel et gothique que l’embarras du choix devient géant et même gênant.

De plus, je confesse ouvertement vivre dans un monde personnel que j’organise étant parfaitement coupé de nombre de spectacles, émissions, films, publicités, « influenceurs » (yeeek), personnages célèbres à grand tirage, familles royales, et surtout les musiques dites « grand public »… en ne regardant pas, n’écoutant pas, zappant, évitant ces canaux. Tout simplement. Facile d’éviter les embouteillages si on la chance de pouvoir/ vouloir partir en vacances le lundi qui suit les bouchons. Entre volonté et privilège, je m’escrime à bénéficier des deux.

Un exemple pour vous en donner la mesure, je n’ai pas vu un seul extrait -même en replay- de la coupe du monde de foot en 2018. Il faudrait me payer (cher) pour voir des films comme Les Taches, les Bedon’s ou me ligoter sur une chaise façon Orange Mécanique pour que j’écoute du rap, voire de l’autotune, ou des « succès » populaires. On pourrait enlever le bouton « 1 » de mon zappeur TV que je n’en souffrirais pas. Les bouquins de gare (Lévo, Mussi, Ralognes and co) je ne peux pas les lire. Le box-office, le hit-parade, ceux qui posent leurs fesses sur les canapés (rouges ?) de Michel Truqueur, tout cela m’est quasiment Terra Incognita. Bien sûr, j’aperçois ces noms qui passent en gras dans les news, semblent attirer les ventes et les parts de marché, mais je n’en suis pas. Désolé, j’ai du grain à moudre par ailleurs.

Soyons humbles : les gros poissons n’ont guère besoin de critique dans les mini-webzines, ils compilent déjà des louanges dans les grands médias (aidés par des services de marketing et de relations presse surarmés, sans oublier le paresseux biais cognitif classique de moult journalistes dits culturels : « on en parle donc c’est bien, donc j’en parle pour dire que c’est bien »).

Fait : dans notre vie désormais semi-confinée entre 2 vaccins et la vague Pi-Oméga, il est difficile d’être « à la page » et de ne rien rater, non ?

Alors voilà, en Candide, via les best of de fin d’année : un petit tour des grands noms, tirés des « rétrospectives» de médias. Tant de gens inconnus pour votre serviteur !

Voici 100% de trucs que j’ai raté, pouf, pas de quoi être forcément fier ? (et pour cause voir diatribe ci-avant). Memento mori, les gars.

Quelques exemples parmi 34567 que j’ai totalement omis.

Les journées faisaient toujours 24 heures en 2021, la TVA sur la formation 20% et les charges salariales 42% de supplément au brut payé.

Musique : overdose et overdrive

Ce James Blake acclamé : mais qui est-ce ? Je vois son nom pour Rock En Seine 2022.  Recherche Youtube, un clip vu 1,6 million de fois. Mouais.

Orelsan fait un tabac : ok je l’ai entendu en interview. Je l’ai trouvé rusé et assez calme, pas d’option « grosse tête » Je supporte bien mal la scansion et la musique mais les paroles sont acérées. Un point pour le normand à mèche grise.

Juliette Armanet. Bigre ! J’ai parlé d’elle en 2017 (premier EP, premier album) et j’avais bien aimé, mais elle est passé en Ligue 1 et je ne suis pas dans les mailing lists de sa maison de disques ou attaché.e de presse.

Billie Eilish. Adele. Boum, boum, boum. Un bombardement médiatique si bruyamment épouvantable qu’il m’a fait reculer par instinct. Qui plus est, via un label comme Fire Records, je peux vous trouver 10 femmes qui chantent (même mieux) avec mélancolie ou expriment des sentiment romantiques exarcerbés accompagnées d’orchestrations de qualité. Mais qui connaît Fire Records à la rédaction de ELLE et de C’est A Vous sur la 5 ?

La Femme, Mustang et Feu ! Chatterton : là je suis triste parce que, là aussi, Songazine n’a pas été ciblé, n’a rien reçu, n’a pas les contacts. Pourtant typiquement, des styles que l’on peut apprécier fortement en ces colonnes !

Lana Del Rey : belle et dit-on très intelligente, sensible et déchirée. Punaise, je n’en a pas entendu une note, ni reçu une notification de réseau social à son sujet (je vous le dis : je suis dans un univers un peu parallèle peuplé d’indie rock, de vintage, de labels cryptiques et de blues men fumasses).

En faisant des recherches, je vois apparaître X fois : Floating Points / Pharoah Sanders / The London Symphony Orchestra: Promises. 46 minutes, on trouve ça sur Youtube en intégral, je vais essayer. En tout cas, cela démarre très gentiment.

Et vous vous rendez compte ? Un fan de rock, indie et Metal comme moi n’a pas capté qu’Iron Maiden, Low et The Foo Fighters avaient sorti un opus ! Des écoutes manquées, je m’en veux un peu. Asinus sum.

Cinéma : obscure, la salle

Honte à moi, je n’ai plus fréquenté les salles obscures depuis si longtemps que je ne m’en souviens pas. J’ai aperçu, de loin des vivats…

The Father, avec Anthony Hopkins serait magnifique. Mais la mort et la maladie, je botte en touche.

Onoda -10.000 nuits dans la jungle- dommage l’Histoire et la seconde Guerre mondiale me passionnent. Il me jappe au nez.

Idem, Dune, véritable fan de SF, j’ai lu les bouquins et connais la saga de l’échec du projet de Jodorowsky. Celui-ci, je pense me débrouiller, un jour, pour le voir !

Titane, rumeurs de film-choc mais gore, cru, choquant ? Alors je ne peux pas, même le si le teaser passe, je clique ailleurs.

Kaamelott et Mourir Peut Attendre ? Publicité partout, objectivité nulle part et Bof, pas des scoops, pas des nouveautés et puis 007 il meurt à la fin (genre le spoil connu par 99,007% des terriens).

Quant aux blockbusters US de super-héros, Joker !  (Batman, excuse-moi)

Séries : paresse et affliction

Brancher l’ordinateur via le câble HDMI à la TV me rappelle trop le boulot : une raison suffisante pour une désaffection ?

J’ai lu et vu 150 articles sur Squid Games. Abstention. Le mot « violence » apparaissant si souvent, je me suis abstenu. Ben oui, je supporte de moins en moins ce qui fait mal, même en fiction !

Avec ma chère épouse nous avons tenté de commencer The Maid mais lâché après 2 épisodes larmoyants, pas eu la gniak pour finir Casa de Papel et voir la baston conclusive et meurtrière, et furent dégoûtés des clichés répétitifs de You, saison 3.

Je me demande parfois pourquoi je paie tous les mois, au vu de mon utilisation faiblarde de Netflox.

A part la Sagesse de la Pieuvre, calme plat sur l’échelle du like.

Livres : la grande illusion

Encore pire ! Ne recherchant pas à approfondir les sujets suivants : inceste, pédophilie, enfance malheureuse, ruptures amoureuses, coming out, pamphlets sur l’histoire coloniale si méchante, injustice sociale ou raciale… me voici mal barré dans le rayon roman français.

Mon meilleur ami dans l’édition ? C’est Agullo, dont j’apprécie la diversité et l’ouverture. Je lis ce qu’on m’envoie, j’écris sur 70% de leurs nouveautés. Semper Fi !

En revanche, comment dit-on « flûte ! » en islandais ? Je n’ai pas lu le dernier Arnaldur Indridason, la Pierre du Remords. Erreur rattrapable.

Couplet final : omnia vulnerant, ultima necat

En 2021, j’ai malgré tout tenu à bout de bras ce site, écrit moult posts sur des coups de cœur, fut assisté par quelques complices aux goûts variables mais riches et épicés.  Au moins fîmes nous plus qu’à notre tour l’éloge des débutants, des peu connus, des sans-grades, des tordus et de ceux qui ne vivront pas de leur art.

Voilà qui est donné, offert, orné de quelques louanges et empreint de sincérité. Rien que cela : sortir des sentiers battus, éviter l’autoroute, s’arrêter chez l’habitant, voilà qui encourage à poursuivre le chemin. En 2022, je vais encore vivre sans hit-parade ni blockbuster mais avec une liberté de choisir ce que je vais aimer faire frétiller. Souvenez-vous de la fable du Loup et du Chien de La Fontaine ?

Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
Où vous voulez ? – Pas toujours ; mais qu’importe ?
– Il importe si bien, que de tous vos repas
Je ne veux en aucune sorte,
Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor.

Cela dit, maître Loup s’enfuit, et court encor.

Songazine, restera sans pub, sans compromis et sans collier : petit mais libre.

Jérôme « nicht niche » V.

 

Dans le dossier :<< Le very best de Yannick B.Adieu 2021 : we can be hérauts >>
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