Clap de fin pour cet exercice 2021, Songazine ose à peine vous souhaiter une Bonne Année, voire timidement une Bonne Santé…

Aurons-nous encore des concerts et festivals en 2022 ? Niet, niet à 5 contre un chez les bookmakers si je devais y placer un billet de banque. Bad vibes !

L’alphabet grec n’est pas terminé, à quand la combinaison NBC intégrale pour aller descendre sa poubelle ? (sur autorisation préfectorale).

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Colibri multicolore mais résilient dans l’incendie culturel qui ravage la jungle du show business depuis sa création, notre webzine a bien bataillé ces 12 derniers mois. Davantage Don Quichotte que goûts de chiotte, nous en sommes fiers.

Moult découvertes, coups de cœur, mises en avant d’artistes peu célèbres mais néanmoins dignes d’intérêt ! S’il existe une Muse des chansons cultes, magnifiques et néanmoins inconnues, elle plane avec grâce sur ce site et berce notre sommeil agité. Un peu fauchée, la Muse, mais t’as de beaux yeux, tu sais.

Jamais la musique indépendante, différente, originale, atypique n’aura eu tant besoin d’être mise en avant. Paradoxe d’Internet = on peut accéder à tout et partout, mais des dispositifs astucieux et algorithmiques distraient notre attention vers les paillettes dorées du big business, tels des flashes éblouissants. Tu peux tout savoir, mais surtout ne rien connaître, petit padawan.

L’offre est faussée, la concurrence est prétendument libre mais le David culturel 2021 s’avance face à un Goliath mainstream autotuné, mondialisé et insensible à la fronde. Et pété de thunes, ça aide.

Instrument moderne de diffusion infinie des connaissances, le 2.0 en réduit une partie à des possibilités confidentielles d’échanges quasiment tribaux, de niche, de voisinage ou d’amitié.

Ajoutons à cela que le temps de concentration de l’internaute est limité ; Un exemple ? 35 secondes est la durée moyenne de lecture d’un post Songazine.fr par ceux qui y traînent… D’ailleurs, j’ai déjà ici perdu la plupart des lecteurs de ce post.

Etes-vous encore là ?

Continuons.

Le hiatus entre 1/ excellence artistique et  2/ large diffusion publique me semble grandir chaque année. Le Marketing numérique porte ses fruits, il sert avec efficacité le remplissage des tableaux Excel de double digit profits et s’encombre peu de toucher les âmes. L’I.A., c’est hi hi pour l’intelligence et ha ha pour l’artificiel. Vous avez vu la tronche des influenceur.ses ? Bureaux détaxés proches de la Mer Rouge, QI proches de la mer Morte.  

Si je regarde, hébété, les chansons les plus écoutées sur les sites de streaming, une envie furibarde me prend d’appeler Elon Musk immédiatement afin d’occuper une place prioritaire (même dans un réacteur) pour la prochaine fusée vers on-sait-pas-où.

En revanche chaque semaine des perles absolues sortent en rock, pop, électro, world, indie, chanson… : il suffit de tendre l’oreille, avoir un level de curiosité niveau 1,1 et d’éviter le bombardement médiatique pour les recueillir au fond de ses tympans.

Il en est de même, bien entendu dans toutes les formes d’expression artistique, culturelle, intellectuelle. Bien sûr, chacun peut écouter les « hit-parades » et se laisser aller à des plaisirs coupables, des régals bon enfant, des moments de danse, gaudriole ou de fun, mais que dire si les productions Gros Sabot occupent 120% de votre temps d’écoute quotidien ?

Oserai-je avancer que des élites un poil plus exigeantes, des groupes de résistance, des communautés de savoir et de partage de goûts « différents » gardent l’esprit assez ouvert pour ne pas se laisser envahir par une monopole « mainstream » qui tient davantage des algues vertes sur une plage bretonne que de l’orchidée sauvage ?

La réponse est oui pour moi, mille fois oui.  Réfléchir, c’est commencer à désobéir. Du pain et des jeux, OK OK OK mais du bon pain du vrai boulanger de mon quartier et des jeux un peu plus futés que ceux… du stade !

Bref : voici la belle raison pour laquelle Songazine continue en 2022 : découvrir avec joie et faire découvrir des hérauts, des héros et pas des zéros rots to-tunés.

Sur cet avis digne d’une commission d’experts dont je suis le seul membre, je vous souhaite que 2022 soit belle, belle et toujours rebelle !

Jérôme « rage against the autotune » V.

PS : l’orchidée sauvage finit toujours par pousser dans un coin de la jungle, non ?

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