henry_street_par_phi

Les synthés en premier : évidents, intimidants même pour le commun des mortels avec leurs enchaînement de touches, boutons et autres potentiomètres. Ils sont là, juxtaposés, additionnés et semblent former la paroi d’un vaisseau dont on sait à l’avance qu’il va nous emporter loin.

En ce mercredi 22 mai, Henry se produit au Klub. La lumière des néons rouges rebondit sur les murs de pierre voûtés. Au sol, un réseau capillaire de câbles électriques enchevêtrés semble irriguer cette machinerie électronique pour le moment laissée au repos. Soudain, le noir sidéral se fait dans l’espace rempli du Klub et Henry, précédée de Diego Chappedelaine qui l’accompagne ce soir à la batterie, s’installe aux commandes. Sa silhouette longiligne est probablement familière de certains car Audrey Henry (son nom à la ville), multi instrumentiste, a déjà accompagné différents artistes (elle est actuellement aux claviers et au chant sur la tournée de Jeanne Added). Depuis l’âge de quinze ans, lorsqu’elle se saisit d’une basse, le son occupe une place centrale dans sa vie. Toutes ces années passées dans les tour bus ont laissé à Henry du temps pour écrire et composer. C’est donc assez logiquement qu’elle se lance aujourd’hui en solo.

Henry a sorti fin mars son premier EP, Noka Paradise. Cinq titres d’électro-rock galvanisants. Henry a l’art de façonner le son et de conférer l’énergie d’un power trio à ses claviers. Si elle a composé seule son EP, c’est avec Frédéric Vectol au studio Question de Son qu’Henry a travaillé cinq mois durant l’enregistrement. Noka Paradise a de faux airs pop mais qu’on ne s’y trompe pas : la voix d’Henry (dans laquelle résonne parfois des nuances « Kate Bushiennes ») scande le droit de choisir sa propre voie dans le monde qui nous entoure, d’aimer comme on l’entend et évoque plus largement les rapports humains. Avec Noka Paradise, Henry réussit la friction de l’électro et du rock, entre la joie et la noirceur, toujours avec énergie.

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Qu’elle joue seule comme sur certains lives ou accompagnée de Diego Chappedelaine à la batterie, sur scène, Henry est dans son élément. Elle lance son set avec Cult, suivi de Well. Le vaisseau est lancé. La fusée électro-rock traverse la stratosphère avec le frénétique Underground Kids. Rayonnante Henry danse, invite à danser, elle semble profiter pleinement du voyage. Généreuse elle offre deux nouveaux titres aux boucles de synthés transcendantales, aux rythmes hypnotiques et soudainement l’espace-temps semble se dilater. Voilà qui laisse augurer d’un futur album, qu’on espère proche…

Viennent enfin All Models Are Wrong et Roads, qui entraînent implacablement dans leur sillage les passagers du Klub.

Henry, radieuse, termine son set. Elle nous a transportés et on a l’intuition qu’elle n’a pas fini de nous étonner.

Veyrenotes & Wunderbear

Crédit photo de une : Phi

Crédit photos live : Veyrenotes

 

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