pochette de l'album Les Turpitudes en Fleurs de SW

Parce qu’Hurdy-Gurdy a présenté… Les turpitudes en fleurs de Scarlatine Wepler.

En anglais, Hurdy Gurdy, c’est la vielle à roue. Un instrument d’une esthétique rare, dans  une coque fine de bois souvent marquetée, qui possède plusieurs cordes délicatement frottées par un disque. Complètement approprié pour Hurdy-Gurdy, cet excellent groupe dont j’ai par le hasard des choses obtenu un CD au titre très contrasté.

Comme si insérer cet objet-disque dans notre chaine hifi provoquait le même effet que tomber dans le terrier d’un lapin trop pressé, on constate très rapidement que l’endroit où on a mis les pieds est sombre et magnifique. Une voix grave semble sortie d’outre-tombe pour nous présenter Scarlatine Wepler, (S’Erige l’Exquise) ce personnage fantasmagorique qui sera au centre de ce conte moderne, nous plongeant dans une atmosphère surréaliste inquiétante mais intrigante.

Usant et abusant d’expressions métaphoriques très imagées, en une phrase, tout est là, imprimé sur nos rétines : « Scarlatine Wepler était passablement une créature de Gustav Klimt échappée du cadre ».

Entre chaque chanson, on tourne les pages de ce livre féérique pour commencer un nouveau chapitre. Ces interludes parlés et accompagnés (piano, accordéon, guitare, tout y passe) lient chaque chanson pour construire l’histoire, mais ce qui fait tout l’intérêt de ce bijou, c’est que les titres peuvent aisément s’écouter indépendamment les uns des autres. Ces courts entractes nous permettent de faire petit à petit connaissance avec Scarlatine Wepler, à laquelle on s’identifie et on s’attache au fil des notes délicatement semées.

La musique se fait rock, baroque, complète et presque expérimentale. Du jamais écouté. Et, loin de ne s’attacher qu’à la musique, il faut souligner le fait que les textes d’Hurdy Gurdy sont aussi magnétiques que les Champs d’André Breton, le précurseur de l’écriture automatique.

Ce conte musical moderne est délicieusement poétique. S’il devait être mis en images, il faudrait incontestablement choisir Tim Burton comme réalisateur.

D’une richesse musicale incomparable, cet album réunit comme par magie le rock, la poésie, la littérature, le cinéma et la chanson. D’une incroyable intelligence.

https://www.hurdygurdy.fr/

Violette, « et comment on remonte du terrier maintenant ? »

 

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