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Madness sort, le 28 octobre, un nouvel album et il est tout à fait excellent : il s’appelle Can’t touch us now; je vais ici vous en parler sous l’angle unique des sentiments que j’éprouve pour ce groupe depuis  trois décennies et demi.

Des dizaines de chroniques en seront faites, mais la mienne sera unique et personnelle. Je vous le dis sans détour.

Si vous la lisez, je vous en saurai gré, mais si vous passez votre chemin, je n’aurai nulle façon de le savoir et ne vous en aurais pas voulu, anyway.

J’ai découvert Madness comme tout le monde ou presque dans l’hexagone avec One Step Beyond, le ska qui déboulait, les motifs à damiers noir et blanc et la danse frénétique, à s’en faire péter les poumons dans les boums. Oui, Madness, c’est avant une histoire de cœur qui bat vite, cette musique jamaïcaine syncopée, le rock steady, le ska, où les noirs et les blancs font une putain de fête ensemble. Il y a des cuivres, de la guitare et on peut danser, danser, danser. Une claque dont on a encore la marque (amicale) sur les joues.

Madness ? On a écouté toutes les chansons depuis le début, et on connaît les paroles par cœur, on reprend le Night boat to Cairo, on cause à My Girl, Our House c’est notre foyer, on frétille sur les Baggy Trousers, on conduit My Car béatement en faisant pouët et tant d’autres ! Et on sait qui sont Michael Caine, Uncle Sam et les Yesterday’s men, of course mates…

Encore après, ils ont sorti des tas de disques et de chansons magnifiques, comme ce Grey Day exceptionnel et plein de mélancolie. Ces types nous ont bluffé par l’étendue de leur registre et leur talent. Salopards : vous savez parfaitement toucher nos cordes sensibles quand vous arrêtez de faire les zouaves l

Madness ? On a appris plein de mots en anglais grâce à eux, on a su traduire des versions finger in the nose et sortir des expressions classos dans des meetings internationaux sans ciller. Fun !

Madness ? On les a toujours dans une playlist quelque part, et leur dernier album avant celui-ci (Oui Oui Si Si Ja Ja Da Da) on l’avait bien sûr aimé.

Madness ? Une bande de vieux potes british toujours bien sapés, toujours là, qui semblent inoxydables, qui font des centaines de concerts été comme hiver et qui sont aussi solides Outre-Manche que l’Earl Grey, la Reine et l’humour. Institution du fun, avec un bout d’élégance surannée que personne ne peut leur piquer.

Madness ? Des milliers de souvenirs, des moments chauds, des copains, des copines et des soirées flamboyantes, des milliards de claquements de doigts et de déhanchements. Un son si familier qu’il est rentré dans mes veines et mon âme de Frenchy (but chic).

Madness ? Jamais branchouilles mais toujours dans le coup ; jamais faux et toujours dans le ton. Jamais méchants mais un peu ironiques. Second degré salutaire. Se moquer de soi-même, tout en gardant la tête haute, perfect timing.

Ils font partie de ma vie, de la B.O. colorée des quelques années que je passerai sur cette planète. Des types à qui je ne parlerai jamais mais qui sont quasiment de ma famille, à la fois très proches et lointains. Artistes universels, qui emballent du premier coup tout enfant qui les découvre, et rappelleront à un quinquagénaire qu’il avait 20 ans en 1981.

Des frères humains, des potes de pub, des compagnons de route fidèles que je remercie d’exister et de faire briller cette musique, encore et encore. Il n’y aura jamais, jamais, de Brexit entre eux et nous parce que c’est… over the Rainbow .

Et leur dernier disque ?

Mais bien sûr qu’il est chouette ! Comment pourrait-il en être autrement ?

Jérôme «naughty boy » V.

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