MR1
Cet article est le numéro 4 sur 6 du dossier LFSM 2018

IMG_3932

 

Vendredi 16 mars 2018, 21h, Victorine, animatrice de soirée accompagnée d’un « grattariste », annonce l’arrivée de Léonie Pernet en scène de la grande salle. Comme une machinerie bien huilée, pas de temps mort, à la fin d’une performance, une autre commence.

Léonie Pernet, c’est  la musicienne idéale et indépendante que l’on imagine, douée en tout et surtout hyper créative. Elle s’est faite connaître à travers divers happenings musicaux parisiens au milieu des années 2000 mais surtout lorsque début 2013, son Mix pour tous mêlant politique de discours à la musique de Robert Wyatt ou Brian Eno livre en une trentaine de minutes un aperçu de son talent au service d’une cause.

Le label Kill The DJ ne s’y est pas trompé en signant son premier EP Two Of Us (2014). Léonie Pernet explore la transversalité des influences et des instruments en un creuset sonore sans fond ni fin. C’est la deuxième participation de l’ancienne batteuse de Yuksek et on voudrait encore l’y voir l’an prochain ! Elle fait une entrée illuminée par les spots lumière marine et dépose la force tranquille de ses baguettes sur la semi-batterie centrale en premier plan.

LP1

Elle se tient devant un synthé piano aux sons d’un délicat tapage nocturne lunaire façon tambourin géant de la 3e de trio. L’ambiance est installée avec croisement et décroisement de projecteurs et l’électro qui monte en puissance avant l’apaisement en prenant le micro disséminant sa voix aux sonorités électro-orientales.

LP2

On pourrait presque se croire au cinéma, délectés d’images et de sons mais là, en live, elle impose sa vision mélodique et rythmique au réel. Sa voix trace des vocalises de mots délicatement déposés à même l’air en points de suspension.

Léonie Pernet est aérienne et sa musique propulse au 7e arc-en-ciel. La boucle est presque bouclée. D’abord en trio, la voici en solo pour un final qui fait suite à une sorte de comptine sans paroles xylophonées. Mais, c’est le moment de ressentir à nouveau des émotions de salle obscure comme au cinéma, lorsqu’on reconnaît les notes et paroles de sa reprise d’India Song (N.D.L.R : interprétée en 1975 par Jeanne Moreau, aux paroles écrites par Marguerite Duras) d’autres femmes qui s’emmêlent, en « hommage à une femme qui s’en est beaucoup mêlé » conclut-elle.

Léonie Pernet excelle dans la scansion de ces mots en duo et récolte un tempo d’absolu. Nous en sommes presque sans mots.

(c) photos : Florie Berger

Vanessa MdbS

Dans le dossier :<< La Femme, idéale, de Rêve etc.L’AÉROSTAT FINDLAY A CHANGÉ D’ALTITUDE >>
Share