cabadzi

On était tranquillement posées (« poseyyyy »), quand tout à coup, ma copine m’a proposé une dose de Cabadzi.

J’étais un peu craintive, j’avais encore jamais essayé. J’ai eu un mouvement de recul, et puis je me suis dit que je voulais pas mourir bête. Alors voilà, j’ai chopé ce qu’elle me tendait et j’en ai pris un bon shoot.

Là, tout s’est accéléré, comme dans un film qu’on passe en vitesse rapide.

On était plusieurs, c’était comme une grosse teuf hallucinatoire, c’était noir, blanc, rouge, y’avait des flashs, des basses qui faisaient « boum boum » dans mon cœur, un mec qui sautait partout, avec des bras musclés, y’avait un autre type barbu, y’avait plein de gens autour de moi, ils étaient sous l’emprise de la même came que celle que j’avais sniffée.

C’était comme en tekos, avec ta tête qui se sent obligée de remuer de haut en bas, mais que tu ne contrôles pas, les fourmis dans les pieds, les images en stroboscope qui s’impriment sur ta rétine en rythmes saccadés. Je me regardais, j’étais assise face à moi-même et je pouvais zoomer sur des points précis. Je voyais mes vaisseaux se dilater dans mes yeux.

C’était délirant, fantasmagorique, les mecs étaient vraiment sincères, et ils parlaient sans filtre, de trucs qui auraient choqué les gens un peu coincés du cul. Comme quand tout le gang s’est mis à chuchoter « elle est fatiguée, elle a trop baisé ». On formait une secte de gens contents d’avoir le droit de parler trash ensemble. Putain c’était bon, cette communion ! Ma bouche aussi remuait pour scander ces mots, incontrôlable, alors que mon cerveau s’égarait dans cette forêt de sons électros.

Je sais plus trop si c’était longtemps après, mais y’a un mec qui voulait me prendre en photo, il disait que c’était pour faire revenir mon sourire. J’ai rien compris mais j’ai souri quand même.

Perceptions décuplées. J’ai atteint l’extase sensorielle.

Je crois que j’en garde des séquelles. J’ai même peur d’être devenue accro.

 

Violette, droguée pathologique

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