Photo : Johann Pätzold- Secret Of Elements

Pourquoi se donner le mal d’écrire des chroniques sur des artistes assez peu connus, émergents, différents et originaux ?

Songazine ne changera pas le monde du show-business et du marketing pour masses décérébrées, mais garde en tête sa modeste mission, tel le fameux colibri qui n’éteindra pas l’incendie avec trois gouttes d’eau et des ailes miniatures.

Trois verbes pour s’accrocher à son clavier, passer du temps à écrire et poster des chroniques lues par une famélique légion d’internautes.

Résister

Ne pas se laisser dévorer (temps de cerveau disponible comme disait le boss de TF1) par le mainstream qui effectue des bombardements en tapis. Cela demande un poil d’efforts mais donne le sourire. Votre connivence avec les artistes et vos compères de maquis culturel ? Un bien précieux. Finalement, le paradoxe est bel et bien que si ce que j’aime passe en boucle au supermarché ou sur TF1… j’avoue que son aura en prend un coup dans l’aile. Un peu tordu, mais sincère.

Prenez Secret Of Elements par exemple : Johann Pätzold est un musicien allemand qui nous offre des moments magiques, des envolées puissantes et un paysage d’une largeur étonnante. Dans une galaxie « électro » fulgurante, il poursuit son œuvre et nous voici exposés à des remixes engageants et inspirés dans un EP intitulé Grace.

J’ai écouté et réécouté son album Chronos, tout comme ses 3 EP Cassini, Odesea et Monumentum et je m’efforce de vous inciter à faire de même de façon répétée.

Combien sommes-nous dans l’Hexagone à connaître Secret Of Elements ? Assurément moins qu’il n’y avait de francs-tireurs dans le Vercors en des temps plus sombres !

Exister

Rodolphe Burger est à l’origine d’une œuvre déjà conséquente et marquante. Depuis le mythique et culte Kat Onoma, il trace une route solaire et poétique que je suis avec joie. Il jouera à l’Olympia le 13 décembre prochain, de retour depuis… 1996, et nous enchantera assurément des morceaux de son riche dernier album Environs mais aussi de classiques de Kat Onoma, de reprises et de surprises ! Voix profondes, guitare qui vole, interprétations douces ou mélancoliques, en live c’est tout aussi puissant.

Ce doux et talentueux géant laisse une trace forte dans le cœur de ceux qui le suivent.

Encore une différence de poids avec la soupe autotunée et les ritournelles vendues par paquet d’un million qui n’impriment que la mémoire d’un tableau Excel comptable et s’effacent de playlists amnésiques sur des sites marchands avides de rotations mais avares de royalties.

Exister c’est impacter le cœur et l’âme de son public, pas seulement quelques méga-octets sur un serveur perdu dans un hangar lointain.

NB : dernier cadeau, un EP intitulé HOUSE MUSIC avec des cadeaux faits maison ! ((7 INÉDITS ISSUS DES SESSIONS D’ENVIRONS)

Persister

Plus 20 ans que les ZENZILE produisent, mixent, composent, jouent en live une musique forte, sans compromission.

10 albums qui partirent du dub puis dans de multiples directions (pop, reggae, indie) et toujours une belle approche mélodique, riche, travaillée.

NB : le dub, quand on y songe, c’est un antalgique un poil stupéfiant qui est d’une efficacité élevée. Pas assez prescrit contre le stress, le burn-out, l’anxiété et aux rames bondées le matin ou le soir.

Le collectif angevin (selon l’expression consacrée) construit un parcours dans le temps qui est gravé dans les sillons de vinyles mais aussi sauvegardé précieusement dans les disques durs et les lecteurs mp3. Du solide.

L’occasion est belle de se replonger dans leurs envolées, profitant ainsi de la réédition de 2 de leurs albums de début Living In Monohrome et Modus Vivendi, qui n’ont subi aucun outrage du temps.

Ce temps qui passe, fatal à la variétoche dite urbaine qui tente de submerger les cortex frais d’une partie non négligeable de nos générations Z.

Z… comme Zenzile, en revanche, voici qui positionne à la fin de l’alphabet mais sûrement pas au bout du chemin de la mémoire.

Allez sur leur site et n’hésitez pas à les sout€nir !

***

Résister, exister, persister. La route est longue, le combat contre la médiocrité ne sera jamais fini, vu les profits immenses et si faciles que celle-ci génère !

L’art est-il fait pour plaire à tous ou seulement enchanter certains ?

L’excellence démocratique est-elle compatible avec l’excellence artistique ?

La notion de culture est-elle indissociable de celle d’élitisme ?

Vous avez 4 heures, mais on vous passe Secret Of Elements, Rodolphe Burger et Zenzile en musique de fond.

Jérôme «electric, today » V.

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