RATM à RES

L’annonce a fait du bruit.

Paw ! Rage Against The Machine, date unique en France, et où ça ? A Rock en Seine et le mardi premier septembre !

Waaaaaat ? Alors, késaki késako, c’est pas comme d’hab’, un VSD pépouze mais un samedi-dimanche (lundi pour avoir le blues) et mardi soir on va tous crier ensemble « fuck you I won’t do what you tell me ! » (ad lib) au Parc de Saint-Cloud ?

Et là, bing bing la dispute recommence.

RES 2020

D’un côté : « wééé c’est le show business, ils font ça que pour l’oseille, et puis tu parles de révoltés qui sont payés par AEG, tu sais l’un des deux grands méchants qui bouffent tous les festivals et l’orga des concerts, grrr, grrr ! »

De l’autre côté : « naan, ils ont toujours la rage et ils sont intègres les gars ; en plus c’est un bon moyen de les entendre à nouveau car leur message est puissant et puis tu préfères ça ou rien du tout, hein, hein … ? »

Que doit-on penser et faire ?

Le big business et les $ ont le pouvoir et se faire entendre par un large public passe obligatoirement par eux.

Être culte et 100% dark, le poing levé c’est noble mais on atteint parfois les 346 contacts sur FB (et encore, avec les parents et les copains).

Mais… vendre son âme au Diable, c’est la perdre et il faut se couper les griffes pour passer les portes du paradis/de l’enfer de la notoriété ? Toucher plus de monde c’est mettre de l’eau tiède dans son vin, ou pas ? Dante, help me, grazie mille.

Avoir un big budget promo, mais à condition d’être NSFW, bien propre, pas méchant, bien récuré de partout ?

Et… rester dans ses préjugés, seul contre le reste du monde, c’est courageux, très courageux… cependant pouvoir passer un peu de son message à des milliers et des millions c’est pas mal non plus !

Dilemme, dilemme !

Mourir (bêtement) comme Sid Vicious ou manger (grassement) comme les Sex Pistols de maintenant ? Et être comme Ian Curtis ou Dave Gahan ? Bigre ! Faire du commerce et ou de l’art ? Excellence démocratique rime parfois avec excellence artistique ?

J’ai la tête qui tourne, j’adore AC-DC et Fad Gadget, je fredonne Paint It black et je connais les paroles de Stan Ridgway par cœur : partagé entre des parias géniaux, des gens un peu connus mais « culte » et quelques groupes qui rayonnent partout (tiens ! Bob Marley, tu me mets où, toi ? Rebelle ou produit marketing ?).

Moralité : il n’y a pas de moralité de mon côté. J’irai à Rock en Seine !

RATM fera son concert avec rage contre la machine qui le nourrit en même temps qu’elle le fait vomir (bizarre, non ?) et dans la foule, s’il y a une poignée de kids qui s’éveilleront, se diront « fuck, je peux dire non moi aussi ? » déjà ce sera une belle soirée.

Nous les vioques, on gueulera « fuck you I won’t do what you tell me ! » et puis on aura un peu mal aux jambes et puis on sera heureux, et puis on votera pas pour qui vous savez et l’autre non plus en 2022, ça c’est promis.

En attendant, life is short, on écoute RATM et à fort volume.

Nb : et le moine qui brûle sur la pochette de l’album éponyme, il en pense quoi, vu du Nirvana ?

Jérôme « old but not cold » V.

RATM album éponyme

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