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Parce que le hardcore a bien davantage à offrir que des hordes de mâles alpha américains tatoués jusqu’à la glotte et beuglant leur bière pour voir celui qui crie le plus loin, on s’est dit que découvrir un très bon groupe d’Asie du Sud-Est vous ferait le plus grand bien.

Kuantan cité balnéaire de Malaisie, 400 000 habitants, ses plages, ses parcs, ses spécialités à base de poisson, son aéroport, son port de commerce et… sa scène hardcore. Parmi les groupes du cru, Mortar, enthousiasmant combo post-hardcore, a récemment vu sa démo autoproduite rééditée par le label canadien No Funeral Records (en cassette, format dont on ne dira jamais assez de bien). Nos camarades d’outre-Atlantique en chemises à carreaux ne s’y sont pas trompés, le quatuor malaisien a des choses à dire. Les membres du groupe (Syukri à la guitare, Wan B au chant, Jay à la basse et Uden à la batterie), qui jouaient déjà dans d’autres formations, ont décidé d’un projet ensemble après quelques jam sessions et ont formé Mortar en 2016. On les en remercie vivement tant l’écoute de leur album aura enchanté cette journée de printemps pluvieux où le vagabondage sur Bandcamp s’était révélé si judicieux.

Nous avons échangé avec Jay, le bassiste, il y a quelques mois, peu après leur mini-tournée avec les Américains de Massa Nera et les Singapouriens de Bethari.

  • Quelle est la signification de votre nom ?

Il fait référence à une arme. En fait, nous l’avons choisi sans intention particulière et un peu par hasard après une longue période d’interrogations sur le nom du groupe.

  • Quelles sont vos influences ?

Jay : Il y a beaucoup de groupes qui nous influencent depuis que nous avons commencé. Pour moi : At the Drive-in, Thursday, Envy, Converge, Killer Calculateur, Daïtro, Raein, Daighila, Tortoro et tellement d’autres.

Syukri : Envy, Off Minor, At The Drive-in, Black Dahlia murder… Mis sur notre scène locale, le groupe qui déchire tout, c’est Daighila.

Udin : Toe, The Fall of Troy, Closure in Moscow, Secret in Defense.

  • Qu’est-ce qui vous a décidé à créer Mortar ?

Nous jouions et jouons toujours dans d’autres groupes mais ce que nous faisons dans Mortar est différent. Nous expérimentons l’assemblage d’éléments de hardcore, d’ambient et de tout ce que nous aimons dans la musique.

logo MORTAR

  • Pouvez-vous nous donner un aperçu de la scène hardcore en Malaisie ?

C’est une scène très vivante en Malaisie. Chaque jour, de nouveaux groupes se créent et amènent plein de choses. Aujourd’hui, il y a beaucoup d’endroits pour jouer à Kuantan, à Kuala Lumpur (ndlr : capitale de la Malaisie), à Johor Bahru, à Ipoh, à Malacca… Ce sont des lieux assez importants, certains peuvent accueillir 200 à 300 spectateurs. Le mouvement hardcore est plus dynamique dans les grandes villes mais il y a aussi des scène locales.

  • Avec quel groupe rêveriez-vous de jouer ?

C’est une question difficile, parce qu’il y en a tellement. Mais ce serait un grand honneur pour nous de partager une scène avec Envy. Évidemment, ça relève de l’impossible.

  • Les paroles ont des thèmes particuliers ?

La plupart de nos morceaux sont inspirés par ce que nous voyons autour de nous. Ils évoquent l’amour, la colère, le chagrin, la mort…

Henriette de Saint-Fiel

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