Quatre jours OFF 

Aaaah le Festival d’Avignon !

J’y retourne pour la 5 ème année consécutive, avec mon fils Matthieu, dont c’est la 17ème visite. Mon père l’y avait initié, lui-même y fut dès les années 60. Autant dire que l’évènement ne nous est guère étranger.

Que dire… qui ne le fut point, déjà, sans pour un fâcheux paraître ? Agréez vous ces bonheurs et plaisirs véritables ? Ci fait !

Vous voyez, quand on en revient, la langue de Molière, Racine ou Corneille vous aura à nouveau envoûté…

Pour commencer, la chaleur : puissante, tenace et massive dans une cité entre ses remparts si belle, et tellement minérale. On dirait le Sud !

Et aussi : un public dense mais toujours aimable, souriant, sympathique ; à l’inverse de la vie ordinaire, on parle sans gêne à ses voisins de tablée, on échange avec des inconnus et l’on recommande des spectacles avec effusion dans une file d’attente, naturellement et gentiment. Sans faire de sociologie, ni de politique, je parierai sur une sur-représentation des professions où un cerveau est utile, et un faible taux de choix pour l’intolérance électorale. Soyons francs aussi : si l’on s’assied au dernier rang d’une salle (climatisée, aaaaaaaaaahh), nombre de crânes seront dégarnis et plus de sel que de poivre dans beaucoup de chevelures.

Autre tradition et plaisir : les rues emplies de comédiens ou metteurs en scène qui tractent, vous arrêtent joyeusement et s’efforcent de vous convaincre de remplir leur salle, et il est bon de dialoguer avec eux : c’est le jeu !

Avouons aussi : quelques repas de choix, des bières en soirée et même des achats de qualité supérieure aux riches Halles du centre-ville, où chaque commerçant vous met l’eau à la bouche.

Bon, soyons francs : sieste obligatoire en début d’après-midi.

Dans le OFF : 1790 spectacles au choix, c’est vertigineux. Cette année nous avons vu 2 shows d’improvisation vifs et drôles, 1 pièce émouvante sur l’Affaire Dreyfus, 1 seul en scène en apnée d’après Blaise Cendrars et sa blessure puis ses soins en 1915 et 1 autre excellent sur l’épopée folle de Walt Disney entre 1933 et 1938 pour monter Blanche-Neige, 1 Malade Imaginaire vif, à moitié chanté et totalement réussi 1 Avare hélas sali en mode wesh totalement raté et aussi 1 conte chinois adapté en dystopie poétique très créative.

Dans le IN : rien, impossible de réserver des places dès l’ouverture pourtant des sites ! Comment font-ils.

Ceci dit, rester 5 heures avec une réelle douleur fessière qui monte pour un délire pseudo woke, éclairé au stroboscope, reconsidérant la notion de verticalité aigue de la domination coloniale tout en abordant des thématiques douloureuses liées à des traumatismes séculaires, en coréen surtitré argot néerlandais… on verra un autre jour ?

En quelques alexandrins pour terminer !

***

Avignon la fidèle, floraison, moult scènes

Empreintes de Jean Vilar, des spectacles la reine.

Cité des comédiens, et bel abri des bardes

Du tragique au comique, souvenirs que l’on garde.

Royaume des trois coups et du rideau qui s’ouvre,

Ta trace dans nos cœurs égale celle du Louvre.

De tant de liberté, les tyrans en ont crainte,

La Culture se répand, sans aucune contrainte.

Mille sept cents occasions, mille sept cents fois le choix,

Pour votre esprit curieux, un festival de voix.

Jérôme et Matthieu «we’ll be back” V.

 

 

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