Binic Folks Blues Festival – 15ème édition – 24,25,26 juillet 2026

 Cela fait des années que les petits reporters de Songazine se succèdent au fil des ans pour rendre compte de ce festival incroyable qu’est le Binic Folks Blues, installé dans le joli port des Cotes d’Armor (22).

Oui, incroyable, car quel autre événement propose sur deux scènes en plein centre-ville, en bord de plage et sur la place du marché, un tel déluge de rock n’roll pendant trois jours dans une ambiance bon enfant ? Pour moins de 60 euros, c’est probablement le moins cher des festivals d’été, ce qui n’empêche pas une organisation impeccable, des bénévoles tout sourire et 22 groupes pour beaucoup inconnus qui jouent une, deux ou même trois fois dans le weekend devant au total plus de 25 000 spectateurs électrisés ! Et tout ça sans partenariats publicitaires envahissants ni écrans géants pour musiciens riquiquis…

J’oubliais : sur les 22 groupes programmés cette année 13 venaient d’Australie, Binic étant devenu au fil des années, grâce à son programmateur Ludovic Lorre, la porte d’entrée de ces Australiens vers les scènes françaises et européennes.

Tout cela génère une alchimie incroyable qui a fait encore une fois du BFBF un « véritable moment de joie populaire, toutes générations confondues », comme le revendique Ludo.

On ne va pas rendre compte jour par jour d’un événement à vivre dans sa globalité, d’autant que le principe de « multidiffusion » permet de (presque) tout voir, ou bien de revoir plusieurs fois les mêmes artistes. D’autant que Binic c’est une ambiance que je vous conseille d’aller retrouver sur les réseaux sociaux : les images qu’ils ont postées sont 10 fois plus parlantes qu’un long article.

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Mais quand même, petite revue de (presque) toute la magnifique armada qui a pilonné le meilleur festival de Bretagne, voire du monde !

On retiendra d’abord quelques ovnis, tels l’Australien Dom Sensitive, assis sur sa chaise en maillot Zidane, qui slamme tranquillement entouré d’un groupe improbable (avec flûte traversière !).

Ou encore Hana & Jessie-Lee’s Bad Habits groupe de country Australien (si, si) entièrement féminin et très convaincant, avec une voix superbe. Les Costaricains (à ne pas confondre avec les Costarmoricains…)

Las Robertas ont progressivement abandonné leur rock influencé garage 60’s pour une charmante pop atmosphérique gentiment psychédélique jusqu’à nous proposer une reprise des Charlatans.

En tout début de festival les Lillois de V. Love nous ont fait sourire avec un mélange surf/garage aux paroles loufoques Miaou !

Je n’oublie pas le contingent italien : la nouvelle formule de Movie Star Junkies finit par convaincre, Stefano, le chanteur incarnant parfaitement ce rock aux tonalités cabaret, sans cesse remis sur les rails par deux guitares parfaites.

C’est en groupe que Gianni TBAY était de retour à Binic, accompagné de The Rowdy Rails : son blues garage tranquille a fait du bien à nos oreilles et lorgnait jusqu’à la Californie (ou la Suède ?) avec notamment une belle reprise de Lee Hazelwood.

On a versé une larme avec les revenants Sacred Cowboys : j’avais acheté l’album des Australiens (sur New Rose !) vers 1988. Ensuite, plus de nouvelles. Qu’ont-ils fait depuis ? Vieilli, assurément, comme nous…mais l’esprit rock n’roll est toujours là !

Je ne veux pas faire l’impasse sur la représentation française réduite à 3 groupes possédant 2 points communs : le rock n’roll et la moustache ! J’ai malheureusement raté le seul passage des Toulonnais The Spitters, mais on aura d’autres occasion…En revanche le garage punk enthousiaste des jeunes vendéens de Friday My Lady fait plaisir à voir et entendre.

Et puis il y a les « valeurs sûres » ces têtes d’affiche sur lesquelles on peut compter pour donner peut-être (mais je n’en suis pas si sûr) plus de visibilité et rameuter quelques cohortes de festivaliers supplémentaires. Les Américains Frankie and the Witch Fingers, sensation ici même il y a deux ans, sont montés entretemps en division supérieure mais ont gardé l’énergie phénoménale de leurs débuts.

En revanche, les respectables et Néozélandais Datsuns ont bouclé un set assez convenu.

On pourrait dire un peu la même chose du passage éclair des Soledad Brothers après leur long break si l’apparition d’un saxophone baryton en guise de basse n’avait tout à coup fait décoller leur blues rock très référencé.

Mais surtout, maximum respect aux légendaires Australiens Cosmic Psychos, probablement les vétérans du Festival :  une leçon de de rock n’roll. Ce n’est pas parce qu’on n’a plus ses jambes de 20 ans qu’on ne sait pas faire vrombir la basse et hurler la guitare !

Restons en Australie. Energie, envie de jouer et de rejouer, plaisir d’être là ! Rock roll, punk rock, garage, post punk, guitares dans tous les sens, sauts dans le public en fusion : c’est sans conteste la présence de tous ces groupes qui donne au festival cette ambiance si spéciale. « J’attendais cela depuis longtemps ! » s’exclame la sensationnelle chanteuse/hurleuse de Frenzee sur le magma sonore fourni par ses deux frères (batterie, guitare) avant de se jeter dans la foule.

Il faudrait tous les citer, Clamm, Chimers, Lunatic…mais j’ai été particulièrement scotché par la rage punk de Arse, le garage punk mélodique et endiablé de Straight Arrows, le retour attendu depuis l’an dernier de Public House toujours aussi explosif… Enfin, la prestation de Where’s Jimmy, pour la première fois en Europe, m’a terrassé dès le premier soir : le chanteur s’empare de la scène comme d’un ring : quel combat ! « C’est pour ça qu’on aime le rock’n roll ! » me hurle dans l’oreille un septuagénaire extatique pendant que sa compagne secoue sa bière sur ses voisins…

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« Je ne voudrais être nulle part ailleurs au monde qu’ici à Binic » confesse le dernier soir Wolflang Buckley chanteur de Public House enveloppé dans un drapeau breton.

Pas mieux comme conclusion !

France Rock

 

 

 

 

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