Sèbe, Centaure et Wladimir Anselme

Vendredi 30 novembre, comme pour annoncer le mois des cadeaux qui brillent et qui jettent des paillettes dans les yeux de ceux qui les découvrent, le Mégaphone Tour nous a vraiment gâtés de trois sublimes paquets sur la scène des Bains-Douches, salle mythique de Lignières-en-Berry dont on vous a déjà parlé ici à propos des « salles de concert qu’on aime » [et qu’on adore].

Centaure

Un petit musicien en tenue de footballeur entre, se positionne derrière ses machines. Puis une femme, queue de cheval, frange courte, robe Marylin blanche, tatouages disséminés sur sa peau blanche, paillettes sur les pommettes, belle. Très, très belle.

Elle se présente et les corps du public frissonnent dès cette première chanson au son de cette voix si puissante et si vraie.

Cette artiste est une créature hybride qui pourrait jouer dans une comédie musicale, tant elle joue ses chansons avec son corps tout entier, mais toujours avec sincérité. Elle plaisante avec le public comme elle le ferait avec des amis en soirée autour d’un verre : même entre les chansons, on ne peut que l’adorer.

Sa reprise de Nightcall de Kavinsky en français est un pur bijou. Le refrain donne « La clé de ton verrou se cache dans mes veines / S’ils te trouvent faux, boy, qu’importe c’est pareil ».

Un petit instant piano-voix pour nous livrer une chanson écrite pour sa sœur. On pénètre dans l’intimité familiale. Sa sœur est une bonne raison pour nous expliquer les raisons de ses tatouages, c’est hilarant. Je ne vous les révélerai pas, vous irez lui demander à l’occasion d’un de ses concerts.

Sa fin / Faim de Lou (Lou est son prénom à la ville) nous plonge dans un univers complètement Tim Burton. Hypnotique, poétique et fantastique.

Elle est « centaure, pas licorne ». Qu’importe l’animal imaginaire, pourvu qu’on ait la magie. Ce qui est certain, c’est que sa légende, Centaure a déjà commencé à l’écrire.

 

Sèbe

Un beau jeune aux cheveux en bataille, barbe de X jours (on adore), et une guitare. Ah oui, et aussi beaucoup de talent et d’autodérision.

Le registre change complètement et la première chanson peut surprendre, mais c’est là toute la magie du Mégaphone Tour : proposer des programmations très éclectiques. Les premières notes chantées, cet air nonchalant et ces paroles décalées m’évoquent aussitôt Monsieur Roux ou Renan Luce. Cet artiste-là, Sèbe, est rempli d’un humour qu’il ne semble canaliser qu’en chantant, et tant mieux pour le public qui écoute en souriant.

Des chansons de rupture, une à propos des « plaisirs solitaires frénétiques », une chanson sur « l’amour entre moches », une chanson pour une rencontre Tinder, une chanson pour « sa future ex » :

 

…et celle qui a retenu toute mon attention, c’est cette superbe chanson d’amour, « En apparence » :

Seb, c’est bien. Mais Sèbe, c’est beaucoup mieux.

Wladimir Anselme

La marraine de cette tournée devait être Natalia Doco mais suite à des problèmes de santé, la chanteuse a du annuler sa participation au Mégaphone Tour. C’est donc Wladimir Anselme qui a pris la relève du parrainage des deux jeunes et un peu fous Centaure et Sèbe pour trois dates. Songazine vous a déjà parlé ici de cet artiste et de son énooooooooorme coup de cœur pour l’album L’Esclandre, sorti le 25 mai de cette année.

Son album est très riche en instrumentalisations, nous le découvrons en version pure et simple : une guitare et lui. C’est plus intime, l’artiste ne peut pas se cacher, et Wladimir touche par sa retenue et sa modestie.

Du Planétarium (voir lien de la chronique d’album) en rétrospective de sa vie, slammé, poétisé, aux chassés-croisés dans toutes les capitales, en passant par le retour du fils prodigue, Wladimir nous livre des chansons mélancoliques (« comme ça les gens se serrent les uns contres les autres et après, ils passent une bonne soirée », nous avoue-t-il) toutes plus belles les unes que les autres.

Il nous fait la lecture d’une nouvelle de sa composition. Criante de vérité, à propos des rencontres actuelles, des réseaux sociaux, des portables, de l’artificialité du virtuel. Il joue l’homme, la fille, et les didascalies. C’est drôlement cocasse.

Il a la guitare sublime et les textes encore plus, notre Wladimir.

 

Le parrain et les deux baptisés

C’est un peu le but du Mégaphone Tour, mais ça n’est pas obligatoire. Comme jolie conclusion, les trois artistes se réunissent pour nous chanter les paroles d’un poème de Benjamin Abitan : « Je t’effeuille et t’effleure ». Un instant de grâce aux Bains-Douches.

Merci le Mégaphone Tour.

Violette, mégaphonetourisée à vie.

 

 

 

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