Une lune douce dans un ciel clair et la Toussaint 2016 s’annonçait belle. Au Petit Bain, joli bateau-salle de concerts sur les quais de Seine, un bataillon infatigable de jeunes gens mödernes avait un rendez-vous. La notte, la notte chantait Daho, mais ce soir, sous la patte du journaliste musical de référence et auteur « rock » : Jean-Eric Perrin, la tonalité est polychrome. Frenchy But Chic, tout comme cette rubrique tenue par sa plume dans Rock and Folk de 1978 à 1982. Culte et marquante. Epoque épique et pas toc où on découvrait que notre hexagone pétillait de talents pop, rock et new wave. Un champagne au goût fin, dont les beaux crus se nommaient Kas Product, Marquis de Sade, Taxigirl, Suicide Roméo, Modern Guy, Edith Nylon, Tokow Boys… et j’en passe.

De la classe, du talent, de la morgue et de l’ironie, des textes en anglais ou en français et surtout la fougue immortelle de la jeunesse qui se lance en avant dans l’amour, la drogue, les décibels, les synthés et les guitares, les emmerdes et la gloire éphémère ou les galères légendaires. Sans penser à demain.

Et ce soir, au Petit Bain, beaucoup sont comme ma chérie et moi : on avait 20 ans et des poussières quand Mitterrand fut élu en 1981. Alors quoi ?

Les modes ont passé, le temps s’est écoulé.

Hi et nunc : on n’a plus de président avec stature de président depuis fort longtemps. Tu fais une chanson en 2 temps sur un appareil tactile. Daniel Darc est mort. Guillaume Serp (Modern Guy) est au ciel aussi et il nous a laissé un livre magnifique : Les Chérubins Electriques. Et nous, on a eu des enfants, des boulots et des plans sociaux, on met des lunettes à monture large et nos cheveux sont blancs ou partis au loin, comme les platines K7. Mais la musique est restée, ce parfum romantique du début des 80’s, et surtout, surtout la classe folle et unique des groupes Frenchy But Chic. Indélébile marquage de nos goûts et préférences.

Et ce soir de Toussaint, on est aux anges. Action !

G.Y.P. rassemble des ex-membres d’Edith Nylon, Modern Guy et Suicide Roméo – on adore-  et ce super band nous régale de ses chansons. Aveu : 80% du set raté pour cause de retrouvailles. Promesse : chronique spéciale à suivre.

Republik, ce sont Franck Darcel et ses bretons made in Breizh. Rock pop très élégant, plein de charme et de mélancolie ; présence scénique forte, chansons à écouter chez soi en plus car profondeur et puissance sont là ;

Djemila Khelfa tout en cuir, bien évidemment, vient faire un petit tour avec son « homme à la moto » et on applaudit.

Kas Product vient clôturer avec panache. Mona Soyoc, jambes fines, hanches souples, œil de biche électrique avec silhouette féline a gardé son aura, son énergie chaude, et sa voix est forte comme au premier set. Post-punk top lady. Spatz mutique derrière son bloc de synthés distille son talent analogique et mélodique. La formule magique ne s’est pas perdue, le public est envoûté, connecté, illuminé. Un set so young et pas vraiment so cold.

Une initiative appréciée, soooo Frenchy, soooo chic et nous les quinquas requinqués nous en voulons encore. Les jeunes gens mödernes votent eighties, sans nostalgie, sans regret mais avec bienveillance et les yeux qui brillent. Et ça, pour longtemps, très longtemps.

What’s next, mister Perrin ?

Jérôme « cherchez le garçon » V.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 

 

 

Share