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Beck a remis une couche de culture dans les bacs à musique, vendredi 13 octobre 2017. Bonheur, Colors (Capitol Records) son 13ème nouvel opus porte les couleurs d’une musique kaléidoscopique, colorant un son en fusion de styles pop, folk, rock psyché, indé, noise, expé, jazz, lounge, hip hop, country et R n’B, vous l’avez compris large spectre d’influences ensoleillé de son Amérique du nord natale.

Multi-instrumentiste inclassable, il se réinvente constamment en composant et arrangeant lui-même depuis la belle lurette des années 90, on se souvient notamment du single « Loser » (1993) où en chansonnier éclectique il dévoile un country rap inédit qui va le propulser aux cimes des charts et séduire la major Geffen (N.D.L.R. David Geffen Company, devenu Geffen Records qui va produire son troisième album Mellow Gold en 1994). Depuis, il a dû composer avec les majors, recevant ça et là des récompenses, mais tout en gardant la voix et les doigts rivés sur sa musique en semi-indépendance.

Régulièrement invité à prêter sa voix dans divers projets de reprise (« Diamond Dogs » de David Bowie en 2001 sur la BO du film Moulin Rouge) ou l’album du groupe Air 10000 Hz Legend avec les titres « The Vagabond » ou « Don’t Be Light » ou son duo en 2009 avec Charlotte Gainsbourg pour le morceau « Heaven Can Wait », il a aussi collaboré avec The Chemical Brothers sur « Wide Open » ou fut plus récemment la voix de « Time Wind » de l’album Junk (2016) de M83. Une bien belle palette multi-colore où poser son oreille.

Avec Colors, Beck a de nouveau travaillé avec un certain Greg Kurstin, auteur compositeur connu de Kelly Clarkson, Adele et Sia aux voix grosses pointures de tessitures. Avec l’énergie et la volonté de faire chanter qu’ils ont mis dedans, joints par Cole M. G. N. (co-producteur du titre « Wow ») et Serban Ghenea, mixeur en chef de l’album, difficile de ne pas le passer sous chronique.La discographie de Beck n’a jamais atteint ce niveau d’expérimentation pop dans son registre vintage contemporain. Il est même allé plus loin dans un futur proche avec le titre « Wow » dévoilé sur le net des réseaux sociaux en 2016 près d’un an et demi avant la sortie de l’album complet. « Wow », équivalent du « waouh » français, interjection qui en jette et fait sensation, ça groove sous la boîte crânienne et donne le tournis qui provoque fredonnements ou plus si affinités sonores (avec la flûte de pan !). « Colors » annonce que toutes les couleurs sont dans la nature d’un Beck qui joue sur la musique d’un jeu d’enfants palpant le slime en clip vidéo officiel (N.D.L.R. cette viscosité pâteuse, aux vertus encore insoupçonnées chez les jeunes gens adeptes de palper sa pulpe colorée et artificiellement non comestible). On déclare les jeux ouverts que « Dear Life », lettre à la vie chère vie, envoûte au piano pop qui n’a pas laissé le New York Times indifférent, le comparant aux Beatles ! Certes, le clip projetant un hexagone visuel de feu le World Trade Center en début et fin, il y a certainement envie de passer les dégradés de gris de construction sous incrustation de gaieté. Chacun vérifie et validera ou pas mais, un clip coloriste sur quelques travers de la vie en société, et hop c’est bien joué, on est enjoué !

Sans titre

Beck n’a pas cessé de faire sortir sa créativité poly-sonore en toute liberté dormant sur le single « Dreams » (single sorti à peu près deux ans avant l’album !) le temps d’atteindre son « Seventh Heaven », septième ciel de la couleur que l’on veut, Colors en vaut l’écoute !

Vanessa Mdbs

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