marche climat 13 octobre 2018

En ce 13 octobre de l’an de grâce (pas de glace, euh) 2018, j’ai été à une manif’ pour la première fois de ma vie.

A 57 piges tu me diras, il était temps.

Me voilà à Paname, place de l’Opéra à 16H zéro zéro…

A propos de temps, justement c’était la Marche pour toi (le Climat), aka donc #marchepourleclimat. Il paraît que tu vas mal : coup de chaud, 2 degrés de trop, la banquise décalottée, Trump qui nous la sort sans préavis, sans compter les pesticides à tous les coins des champs, des steaks qui polluent, des poulets et les œufs ripoux, des mines d’or qui pissent le cyanure et j’en passe et des Bayer…

Pour tout te dire, cher Climat, moi je ne comprends plus grand-chose. Un panneau de manifestant (sur carton recyclable, écrit au feutre à l’eau, enfin j’espère) disait « 27 degrés un 13 octobre, est-ce normal ?? ».

De fait, on ne savait plus s’il fallait être heureux parce que ce fut un super après-midi avec ciel bleu, belle manif’, ou malheureux parce que c’était pas bien qu’il fasse une météo de 14 juillet ? S’il était tombé des cordes, moi je te le dis tout net, j’aurais fait la sieste.

Je me suis mis en tête du cortège entre les CRS et leurs véhicules diesel, trop contents de n’avoir aucune violence à gérer et la vieille camionnette des organisateurs qui polluait autant qu’un Airbus A330. Un couple s’égosillait avec des slogans et des mégaphones. J’aimais pas leurs voix. Un autre monde est possible, mais pas avec eux au micro, SVP.

Après, je me suis posé sur un bord de fenêtre et j’ai regardé passer l’intégralité des 14.499 autres manifestants à part ma pomme, si l’on en croit les chiffres du Monde et de Libération.

Il y avait l’ensemble de la clientèle de Nature et Découvertes d’Île de France, des jeunes, des vieux qui font du sport, des bobos, des vélos, des surfeurs, des mamans, des enfants, des musiciens, une batucada, un panda, un martien, quelques communistes, Benoît Hamon et son micro-parti, la France Insoumise qui ne lâche jamais, et en queue de cortège, c’était d’ailleurs un peu triste pour eux, une poignée de types un peu ternes avec des drapeaux Europe Ecologie Les Verts et enfin des retardataires et pour clôturer le défilé, d’autres fourgons de CRS et leurs gyrophares bleus, pleins de CRS fatigués, entre trente et cinquante ans et en uniforme de combat, qui regardaient leurs smartphones d’un air morose (mettez-vous à leur place, avec la tenue, le bouclier et tout ça, on crève de chaud et rien à faire !).

Moi j’ai tout regardé, et j’ai repris le RER à Auber, vu que République, à pied, ça faisait un peu loin. Arrivé dans ma ville de Saint-Germain en Laye, il y avait les bouchons habituels du samedi, avec tous les 4X4 Turbo D qui formaient un parking géant et bourdonnant. Faut bien faire ses courses, non ? Deux garçons avec des Nike aux pieds ont balancé un sac Mac Do à côté de la poubelle, cela aurait été trop facile de le mettre dedans.

Bon, le soir j’ai quand même mangé que des légumes et du camembert et pas un seul bout de viande, bu de l’eau dans ma carafe avec filtre et trié mes poubelles.

Cher Climat, seras-tu sauvé de la fonte des neiges, des ouragans Tropico à l’orange et du coup de vieux ?

Je n’en sais rien, je suis toujours aussi perplexe ce soir, mais, promis, déjà je penserai à toi plus souvent.

Et ça, c’est toujours mieux que rien.

Marchons, marchons, qu’un sang impur -et sans glyphosate- abreuve nos sillons.

Bises et reste couvert, ne vas pas t’enrhumer

Jérôme « Abeille » V.

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