Camp Claude © Cédric Jereb

Il était des plus attendus : Double Dreaming le second album de Camp Claude est arrivé avec le printemps le 8 mars chez Believe/Allpoints. Le souvenir de leur passage au MaMa Festival avait laissé une forte empreinte psychique tant par leur set explosif que par leur plaisir communicatif à être ensemble sur scène.

Comme souvent, c’est d’une rencontre que naît Camp Claude en 2013. Celle entre Diane Sagnier, photographe / vidéaste, Leo Hellden et Mike Giffts, ces derniers étant – entre autres – membres de l’excellent et sophistiqué Tristesse Contemporaine.

On avait plongé tête la première dans leur premier album Swimming Lessons et mordu à leur EP Hero sorti dans la foulée en 2016. Ils livrent au travers de Double Dreaming un kaléidoscope sensoriel radieux et vitaminé qui séduit par la sensibilité de ses compositions et le magnétisme de ses univers parallèles adroitement juxtaposés.

De cette fabrique à rêves à ciel ouvert se libère en effet une combinaison subtile de dream pop aux accents rock eighties bien tranchants mêlés à des sonorités électro pop planantes et hypnotiques. Si l’album démarre avec Now That You’re Gone enivrant et mélancolique juste comme il faut, on s’abandonne ensuite dans le tourbillon des boucles froides et saccadées de Double Dreaming, pour bouger frénétiquement au son de Hero. Old Downtown nous offre une ballade faussement tranquille aux riffs de guitare suggestifs, histoire de récupérer avant Saving All Your Love reposant sur ses claviers entêtants et nerveux. Nouvelle rupture avec Private Idaho fusion de sonorités africaines et urbaines, avant les cimes pop de Getting Closer et ses textes sensiblement graves. Enfin, l’éthéré Horses et sa superbe mélodie nous fait planer, quand l’explosif et libérateur Do It nous passe la tête dans le shaker et accélère notre fréquence cardiaque. Combinaison anti-g recommandée !

La voix suave, planante et assez irrésistible de Diane Sagnier enveloppe cet album à l’ambiance musicale puissante. On retrouve sa marque dans l’univers fantastique et décalé des clips qui accompagnent l’album (Now That You’re Gone, Hero), autant de portes vers un univers étrangement proche et pourtant drôlement inquiétant. Et ce n’est pas la pochette bleu Windows et vert kryptonite de Double Dreaming qui dira le contraire.

Cet album donne envie de danser sur le toit d’une citerne, marcher dans le sable brûlant, nager vers le large d’une île du Pacifique ou tout ce que voulez… Il sent le bitume des rues de Brooklyn autant que le dance-floor d’un club berlinois, le désert de Californie ou l’alpage verdoyant de nos contrées. Avec Double Dreaming, Camp Claude va pour sûr faire danser dans les chaumières et sera de retour à la Maroquinerie le 27 mars prochain pour un concert que l’on devine homérique.

Veyrenotes & Wunderbear

Crédit photo : Cédric Jereb

 

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