Stadium Open Australie Melbourne

Tous les ans en janvier, Melbourne (aucun lien de parenté avec Jason) est pendant quinze jours le centre des attentions du monde tennistique avec son tournoi du Grand Chelem.

L’époque du « lawn-tennis », breveté par un certain Major Wingfield dès 1874, est bien révolue ; on ne joue plus désormais sur gazon à Melbourne depuis 1988, mais sur dur.

Les virevoltants Australiens, adeptes du service volée et d’imprévisibles montées au filet, n’y brillent plus guère, depuis les derniers titres de Mark Edmondson en 1975 (41 ans) chez les hommes et de Chris O’Neil en 1978 (38 ans) chez les femmes.

Manque de succès inversement proportionnel à l’éclatante vitalité du rock garage/psyché australien. A croire que la jeunesse Aussie a délaissé les terrains engazonnés pour investir plus volontiers les studios d’enregistrement. Il n’y a qu’à entendre les pépites de King Gizzard and the Lizard Wizard (‘’Le Roi Gésier et le Magicien Lézard’’), Pond, Nick Cave, Total Control, White Hex… pour s’en convaincre !

Alors, quelles raisons peuvent expliquer cette défection ?

Le tennis dans sa globalité s’est depuis longtemps aseptisé. Les montées au filet des McEnroe et Edberg ont quasi disparu, laissant place à un jeu de cogneurs de fond de court. Les joueurs eux-mêmes se sont éteints, le doigt sur la couture, figés par le code de conduite n’autorisant plus aucune incartade sous peine de prendre des milliers de dollars d’amendes à la moindre contestation arbitrale.

Oubliés le fun, les facéties d’un Ilie Nastase ouvrant le frigo qui se trouve en-dessous de la chaise d’arbitre et qui distribue des boissons à tout le monde dans le public. Ou encore, à l’occasion d’un double à Roland-Garros en 1977 face au superstitieux italien Adriano Panatta, glissant un chat noir dans son sac…

Oubliées les colères infantiles du génie McEnroe, les imitations hilarantes d’un Djokovic singeant les tics et attitudes de ses adversaires au début de sa carrière, les services à la cuillère d’un Chang qui firent péter un câble à Ivan  »Robocop » Lendl

Après cette nostalgie d’un passé révolu par définition, revenons à l’actualité du moment sur Melbourne et ses canicules qui nous emballent.

Chaleur étouffante qui a vu passer prématurément à la trapinette, dans la nuit de lundi à mardi, sept des neuf français engagés. Dont notre star montante Lucas Pouille, actuel n°19 au classement ATP et joueur préféré des amateurs de l’art du contrepet, qui, blessé à l’orteil, n’a jamais pu mettre le pied sur l’accélérateur. Ô peine d’Australie !

‘’Nole’’ aka Novak Djokovic alias ‘’Djo’’, au jeu acerbe, remportera-t-il cette année son septième titre sur le sol australien, en balançant du fond du court des grands coups de parpaings, pour détruire à nouveau le Murray (quatre finales perdues face à ‘’Nole’’) ?

Quid de notre numéro un français à nous, ‘’JWT’’ aka Jo Wilfried Tsonga, top 3 des initiales de sportifs les plus connues après ‘’JPP et ‘’TP’’ et finaliste en 2008 ? Notre ‘’Jo’’ saura-t-il se transcender pour cette grande occasion, faire fi de ses bleus à l’âme, maintenir intactes jusqu’au bout motivation et concentration, ce qui ne fût pas toujours le cas par le passé ?

‘’Djo’’, palmarès. ‘’Jo’’, mal, paresse.

Jo Wilfried Tsonga

Oui mais voilà ! L’incertitude du sport étant ce qu’elle est, Djoko, au tennis prévisible, vient de se faire éliminer en cinq sets la nuit dernière par l’Ouzbek Denis Istomin, 117e mondial et wild-card sur le tournoi !!! L’Ouzbekistan aurait-il investi, a contrario de l’Australie, sur le développement du sport pour sa jeunesse ? Qui connaît un groupe de rock garage ouzbek ??

Pendant ce temps, notre ‘’Jo’’ poursuit sa route, désormais en huitièmes de finale. Alors, ‘’Jo’’ bientôt au paradis ? Comme le chantait la jeune Vanessa : ‘’Vas-y Jo ! Vas-y fonce !’’. On est tous derrière toi et nos quatre autres frenchies toujours en lice (Gasquet, Monfils, Paire, Simon).

Go les gars, go ! En attendant la finale, je m’en vais écouter un peu de rock garage Aussie !

Claude Le Flohic, en mode sportif et noisy.

 

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