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Où l’on s’interroge encore sur la notion d’excellence artistique mais pas sur ses convictions profondes…

Une récente conférence sur « la musique et les jeunes » animée par un sociologue m’a démontré la corrélation directe entre le niveau intellectuel et social, et le type de musique écouté par des tranches de populations précises. L’opposition fait rage, vieux débat, entre « excellence artistique » (le rare, le pointu et moins évident d’accès mais souvent maudit dans la case « bénéfices ») et « excellence démocratique » (ce que les major companies parviennent à vendre par containers entiers aux masses, faisant fleurir l’estime auto-prédictive de type « si c’est un hit, c’est forcément bien, hein ? »).

Il est défendable que : ce qui est adulé par des millions ou ce qui est porté aux nues par une minorité aurait la même « valeur », en prenant un point de vue neutre. Mouuaaais.

Oui, j’aime le rock qui tache, la new wave blême et l’électro pointue, les paroles poétiques à double sens, les allusions culturelles et les parias keupons, comme les bluesmen de l’Illinois entêtés.

Non, je n’aime pas la variétoche fastoche, les hits planétaires, le hippe hoppe bon marché, les gangsta à deux balles, le « air and bite » mielleux et les faux bons sentiments, les lyrics qui sentent la faute d’orthographe dès les trois premiers mots, comme les concours de jeunes veaux qui bêlent en multidiffusion sur les chaînes à fortes part de marché.

CQFD :  appartenant à un milieu culturel et social un poil journalistico-littéraire, d’aveu élitiste, je revendique– avec l’étendard Songazine en oriflamme de guerre- de mettre au pinacle et d’aimer fort des artistes et leurs œuvres qui seront (de toute façon) boudés par les têtes de gondole des supermarchés et les radios privées commerciales à grande proportion de publicités pour des boissons gazeuses américaines.

A propos d’Amérique, Calexico en vient et d’Arizona plus exactement. Les USA que l’on aime à rêver sont leur patrie, sous un soleil de plomb et un ciel d’azur.

Je ne pense pas que leur nouveau CD, The Thread That Keeps Us, sera vendu par piles de 100 en têtes de gondole dans les hypers, mais justement, n’est-ce pas une autre raison d’en parler ici ?

Calexico cover

Il sort le 26 janvier, essayez de vous le procurer comme vous le pouvez, mais si vous avez tenu jusqu’à ces mots, je suis certain que nous partageons des goûts communs qui risquent de vous pousser à le faire…

Car, de quoi s’agit-il ?

De rock fin, subtil, racé. De musique qui nécessite plusieurs écoutes. De chansons qui permettent de voyager. D’un disque qui ose mélanger instrumentaux rêveurs, morceaux en anglais ou en espagnol. Pour le petit frenchie, un apport d’exotisme en rapport aux images d’une Amérique pleine de cactus, de chevaux, de canyons et de pickup trucks un peu rouillés.

Bref de création artistique et culturelle un peu savante, certes, mais où affleurent élégance, maîtrise de la technique et imagination poétique. Depuis plus de 20 ans, Calexico maintient un cap de belle facture.

J’ai la chance et (encore) la liberté de pouvoir écrire que je pressens que c’est un grand et beau disque, qui est fondé sur des sentiments profonds et une approche multicolore de la création en studio d’enregistrement par des musiciens sincères.

Apaisantes et réconfortantes, ces 15 nouvelles occasions de se faire du bien sont à saisir, c’est mon point de vue et j’aimerais que vous le partagiez, sourire aux lèvres.

Et qu’importe si nous ne sommes au final qu’une petite poignée.

Jérôme « voices in the Net » V.

Calexico

Nouvel album « The Thread That Keeps Us » le 26 janvier sur City Slang

LE 27 MARS À L’ÉLYSÉE MONTMARTRE PARIS

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