(photo = JB, l’homme par qui de la bonne musik arrive dans nos oreilles depuis 2006)

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20 ans, punaise 20 ans que le label indépendant Born Bad existe, et a signé son premier groupe, les formidables Frustration.

A cette occasion le grand, culte et aimé fondateur « JB » ( aka Jean-Baptiste Guillot) et ses fidèles équipes ont organisé une chouette soirée dans un endroit chic.

Dans le doré Théâtre du Châtelet, une rafale de concerts en vrai, en live des groupes « maison » que l’on connaît bien chez Songazine… et qui figurent parmi nos coups de cœur réguliers. Une programmation superbe, et un timing ultra bien réglé ( 40 minutes de concert, bim, 20 minutes d’installation, une courte présentation du groupe par un membre d’un autre groupe du label, et ça repart !).

On aime, on adore, on suit et on partage les… Frustration, Bryan’s Magic Tears, Arthur Satàn, Jessica 93 ou Vox Low. On a découvert Gwendoline ou Ile de Garde et la bonne nouvelle est que ce n’est pas fini, pour les 20 prochaines années ?

L’underground cité ci-dessus tient fort bien la route, même Libération en a parlé avec cette accroche amusante : « Le label Born Bad Records a 20 ans- interview de JB- : « Rien à branler de finir dans la playlist barbeuc de Spotify !», et cette punchline nous ravit. Déjà, moi je boycotte ces générateurs de profit maximal pour eux et minimal pour les artistes, et le concept de ne pas posséder ma musique me désole absolument.

En écoutant les sets des groupes précités, dans un lieu officiel et reconnu je me faisais la réflexion que JB a rappelé lors de sa (brève) prise de parole en disant « les dorures c’est beau, on a plus l’habitude de la Mécanique Ondulatoire ou du Zorba ».

Et le public Born Bad -branche undergound- ? J’en fais partie, mes amis, mes enfants et mes collègues de travail aussi, je vous le dis sans détour.

Soyons franc car dans son écrasante majorité, il est gaulois, urbain, éduqué, entre 25 et 65 ans avec un centre de gravité vers 40/45, il achète encore des vinyles, n’est pas vraiment la cible de Tiktok, sait à peu près situer Manchester sur la carte des musiques amplifiées et son vote ne semble pas se colorer de bleu foncé.

On va même dire que ce sont souvent des amateurs de plaisirs raffinés, aux goûts exigeants et pointus, voire des connaisseurs, ne nous ne privons pas. On parle hier de 1500 personnes, restons à la bonne échelle, mais à titre personnel cela me ferait sur le papier 1499 nouvelles personnes avec qui j’aurai de quoi échanger…et vous aussi je l’espère.

Car justement, alors que des ombres brunes menacent, que moult dirigeants et élus ou futurs élus sont prêts à sortir le pistolet quand ils entendent le mot « culture », le label Born Bad fait figure de symbole fort.

Ajoutons que l’inquiétude est là, dans les mondes associatifs, indépendants, atypiques et humanistes. Nous sommes solidaires de la campagne «  + Que La Musique »

Je partage ci-après avec vous cet appel de 6 organisations de Concerts – Fédération internationale de festivals La FEDELIMA – Fédération des lieux de musiques actuelles La FÉLIN – Fédération nationale des labels et distributeurs indépendants La FERAROCK – Fédération de radios associatives de découvertes musicales Reset! – Réseau européen d’organisations indépendantes de la culture et des médias Le SMA – Syndicat des musiques actuelles.

Ces organisations actives et riches de talents partout en France se regroupent et nous appellent à la vigilance et à l’union pour faire vivre le spectacle vivant qu’est la musique amplifiée.

-Nous ajoutons leur communiqué en fin de ce post-

There is no business like show business, on le sait depuis toujours mais, en 2026 pour avoir le choix d’entendre des musiques totalement « différentes » de l’horrible playlist fustigée par JB de Born Bad, ne pas payer des fortunes pour aller voir des stars en plastique, éphémères troubadours en autotune banalisé, si ce n’est 100% made in I A, visibles uniquement dans des stades bondés ou des « arenas » au nom d’assureur ou de banquier = le combat s’avère et va devenir de plus en plus difficile.

J’irai plus loin en pensant pas mal à 1984, car Big Brother maintenant sait ce que tu écoutes et le Ministère de la Vérité des majors t’envoie des recommandations d’algorithme.

Et, je pense aussi à The Clash, qui ont lutté pour exprimer des opinions en période Thatchérienne aux chansons comme The Clampdown, Magnificent 7, voire … White Riot (cf l’actualité brûlante). Privilège de #boomer qui a un peu de mémoire.

Un premier concert fou et non rentable dans une salle indépendante, un disque sorti avec les tripes à petit budget, des chansons provocantes ou décalées, un artiste qui dérange et surprend, tout cela pourrait ressembler à des espèces en voie de disparition sans ces acteurs que sont les labels, les salles, les associations qui ne lâchent rien.

J’ai l’intuition irritante que dès le 2 mai 2027, 20h01, une ère de résistance et de luttes pourrait s’ouvrir…

En serez-vous, avec nous ?

Pour conclure et revenir à cette belle soirée des 20 ans du label Born BAD, ce fut un grand moment d’expression de liberté de styles et de ton, propulsé par des groupes talentueux (garantis avec 0% d’ I A !), avec des gens qu’on apprécie dans un lieu magnifique.

Les artistes Born Bad et leurs chansons, leurs concerts, oui assurément c’est + que de la musique.

Profitons-en, sans doute avant des jours plus gris.

Jérôme « what have we got ? Born Bad records, indeed” V.


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Pousser la porte d’une salle, explorer un festival, s’arrêter sur une radio associative, écouter un·e artiste signé·e sur un label indépendant, ces actions traduisent, au-delà de la musique, le choix de chacun·e en faveur de la curiosité, de la découverte, de la rencontre… ces choix témoignent aussi de la confiance accordée à celles et ceux qui créent, organisent, diffusent ou produisent avec un véritable intérêt artistique et dans une démarche tournée vers la diversité culturelle et l’intérêt général.

Nos 6 organisations, c’est + de 900 structures de la filière des musiques actuelles c’est + de 230 festivals qui se déroulent en France et à l’étranger c’est + de 1000 albums produits chaque année c’est + de 220 salles de concerts en France et à l’étranger c’est + de 300 structures de production de spectacles c’est + de 190 labels c’est + de 40 radios associatives en France et en Europe c’est + de 6 millions de spectateurs accueillis chaque année 1 Les structures que nous représentons (salles, festivals, radios, producteurs de spectacles, labels…) ont toujours à cœur de vous faire découvrir, vibrer et échanger.

Nous expérimentons, nous cherchons parfois l’intimisme et le sensible, souvent la beauté et ce qui fédère, nous défendons aussi ce qui pourrait plaire, ce qui plaira peut-être un jour. Nous prenons des risques pour que la curiosité, la convivialité, l’émotion et l’engagement soient au rendez-vous.

Parce que la musique, ce n’est pas seulement des têtes d’affiche, c’est aussi des ateliers dans les prisons auprès des détenu·es en vue de les réinsérer au mieux, des concerts dans les hôpitaux pour faire oublier le quotidien des malades, des échanges avec les artistes dans des lycées pour susciter la curiosité des scolaires et le débat ou des concerts dans des crèches pour rechercher l’émotion dès le plus jeune âge.

Parce que la musique, c’est avant tout des artistes : celles et ceux qu’on accompagne dès les premiers pas, à qui on ouvre un studio, une scène, une antenne, que l’on signe sur un label pour que l’aventure continue d’exister au rythme de chacun·e.

Dans un contexte climatique, économique et politique de plus en plus incertain, les équilibres qui rendaient tout cela possible sont aujourd’hui questionnés, et nos modèles profondément fragilisés : un festival sur deux est en déficit, des salles sont menacées de fermeture, des artistes sont invisibilisé·es et les radios associatives sont en danger.

Parallèlement, les mécanismes de redistribution existants dans la musique sont bridés : les têtes d’affiche ne financent plus la découverte comme ce devrait être le cas et comme cela fonctionne si bien dans le cinéma !

De même, les logiques de concentration gagnent du terrain sans faire l’objet d’une régulation à la hauteur des enjeux, au risque d’affaiblir la diversité des acteur·ices, des esthétiques et des propositions. Ainsi, nos six organisations ont décidé de se regrouper pour valoriser ensemble ce que nous proposons dans les salles, les festivals, dans les tournées, sur les labels et les radios.

A compter de ce 8 avril, nous aurons à cœur collectivement de mettre en valeur tant auprès des publics que de nos partenaires ce qui nous singularise et nous lie, ainsi que notre plus-value sociétale, territoriale et sociale.

Nous avons encore la belle naïveté de penser que la musique qui rassemble est plus que jamais essentielle dans un monde polarisé et souvent divisé. Nous défendons la découverte, la diversité, la curiosité, l’indépendance, la convivialité, la proximité, l’accessibilité, l’émotion, le collectif, l’émergence, l’engagement et le partage.

Nous défendons la musique et + que la musique !

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