Commençons fort : Depeche Mode est un groupe majeur et pérenne, qui cumule l’excellence artistique et l’excellence démocratique. Sans détour, cela signifie qu’ils ont un large public, mondial, et proposent des chansons de qualité, sans tomber dans le compromis commercial et la facilité, tout en bravant les outrages du temps. Oui ! C’est précisément cela, la pérennité, le rêve de tout artiste (surtout dans la musique amplifiée depuis le début du XXème siècle, qui devient un art « populaire » et « grand public », associé à un aspect puissamment mercantile).
Depeche Mode poursuit une carrière grandiose depuis 1980, remarquable fournisseur d’albums qui sont au minimum très bons et parfois exceptionnels. Quiconque tente de jouer en amateur ou en reprise leurs chansons se rend vite compte qu’au-delà des beeps des synthétiseurs et des sons toujours savamment travaillés, leur travail mélodique et rythmique est complexe et délicat.
Dans cette mesure de difficulté, Nouvelle Vague, l’hyper talentueux combo à géométrie variable dont Marc Collin est le leader s’est attaqué à un album de reprises des grands DM. Merci [PIAS] !
On vous rappelle que la traduction de Nouvelle Vague est « New Wave » et aussi « Bossa Nova », et voilà ce qui en fait le succès au goût de vacances en palace 5 étoiles depuis ce projet, démarré par un premier album éponyme en 2004 -qui n’avait pas peur d’escalader en douceur et mettre en tenue de plage des monstres comme Joy Division, Killing Joke, The Clash ou les Buzzcocks- lesquels s’en portent très bien…
Saluons alors ici leur nouvelle réussite pour déconstruire gentiment un « best of » des petits gars de Basildon et nous les enduire de crème solaire, de leur mettre en main un cocktail de caïpirinha ou alors de les installer sur le pont d’un yacht vintage à pont en teck voguant sur des eaux turquoise au large d’une métropole italienne. Relax, Messieurs !
Exit le caractère dramatique de « Never Let Me Down Again » (on y parle à mots couverts d’addiction à l’héroïne tout de même), de « Stripped » et « Enjoy the Silence ».
Adieu le côté mécanique et carré comme une TR808 (qu’on adore quand même en VO) de « Just can’t Get Enough ».
Disparue la tristesse sourde de « Leave In Silence ».
Soignée la maladie de l’incompréhension qui fait tomber dans « Shake the Disease »
Etc.
Tout cela grâce au travail d’instrumentation et de production légère, tropicale, douce. Et évidemment l’interprétation fine des chanteuses magiques aux voix sucrées, aériennes, elfiques qui peuplent cet album (Melanie Pain, Flavia Coelho, Skye Edwards, Fredrika Stahl, Phoebe Killdeer, …).
Encore une fois Marc Collin et Nouvelle Vague parviennent à nous transporter dans un monde luxueux, idéal, sans trahir ceux qui sont repris avec élégance et respect.
Gageons que leurs albums, eux aussi accèderont à la pérennité et résisteront à l’usure du temps, des générations et des modes.
Cette « date » with DM aboutira assurément à une histoire d’amour.
Jérôme « the man behind the wheel” V.







