La machine ronde

Pour le rock critic bon teint, le Jazz est une Terra Incognita. Plus habitué aux contrées du binaire, aux étendues de larsen à perte de vue et aux cavalcades de riffs sauvages quand ce n’est pas l’option promenade dans dédale des samples urbains ou dîner cold sur nappe de synthés polyphoniques. Mais le respect est là, car nos frontières sont communes, le blues est notre cousin adoré, on a même des copains voyageurs comme Tom Waits, Joe Jackson, et  les aventuriers du jazz-rock. De plus on a un point d’entente parfaite : on écoute FIP ! Alors, nous sommes bons amis, non ?

J’ai reçu le CD de la Machine Ronde (Music makes the World Go Round) et pris le temps de l’écouter, parce que je lis dans le dossier de presse : « Les éléments empruntés à la tradition des grands jazz bands teintent les harmonies et les couleurs orchestrales, alors que les rythmiques et les atmosphères sont plus imprégnées par les musiques actuelles (rock, pop, musiques électroniques). Jordan Philippe cite pêle-mêle des influences aussi variées qu’Aphex Twin, Fourtet, Bjork, Sigur Rós, Maria Schneider, Pink Floyd, Led Zeppelin, Ravel ou Debussy… ». Petits coquins. Voici qui est forcément appétissant ! Prendre des couleurs d’une palette fluo pour en rajouter à la vôtre. Résultat ? De la belle musique, tout simplement. De mon oreille de néophyte, je dirais que les mélodies sont douces, les arrangements soyeux et que l’intérêt est maintenu de bout en bout sur cet album. C’est fluide, souple, plaisant. Il s’écoute avec un plaisir évident. Aux parties instrumentales, répondent des chansons comme le tubesque Tic Tac chanté par le belle Julia Chesnin. Elégance, style, maestria, parfaite interprétation, on sent un vent d’excellence et l’effet produit est la relaxation de l’auditeur, qui claque des doigts et sourit à son voisin.

A cela s’ajoute une urgente sensation double.

1 : Soif de mieux connaître les big bands dont s’inspirent Jordan Philipe (compositeur et sax’) et ses quinze musiciens.

2 : Envie de retourner à New York, et vite.

Merci, la Machine Ronde. Et vous, lecteurs de Songazine, filez voir leur site et prendre le temps d’écouter cet album de haute volée.

Jérôme « Jimmy Jazz » V.

PS : La jolie pochette est une réussite de plus. Si, si, c’est important !

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