the moles pix

Il y a des albums plus difficiles à chroniquer que d’autres et le dernier bébé à 24 morceaux asymétriques de The Moles, Tonight’s Music en fait clairement partie. Ce groupe (à classer dans la rubrique culte, sous-section bizarre, tiroir des trucs qu’on ne sait pas bien ranger parce pas standard) est emmené par un garçon brillant et australien : Richard Davies, et a une carrière comprenant des apparitions et des disparitions.

Et là, je reçois et j’écoute consciencieusement cet album. Merci au passage à Alice et à Fire Records !

Désorienté par le premier passage, je refais le tour des 24 pistes sonores, dont la durée oscille entre une et six minutes. Autant vous dire que vous entrez ici dans un monde parallèle et loin d’être banal. NB : écouter ça dans le métro parisien est déjà une évasion en soi. Et vous savez quoi ? J’ai fini par apprécier ce disque, puisque c’est la troisième fois que je le déguste, tout en rédigeant cette chronique.

The-Moles-Tonights-Music

Expérience sonore réellement passionnante, au final. Donc hautement recommandable aux esprits ouverts et curieux. Inclassable et foutraque, mouton à cinq pattes, une licorne qui vient manger devant vous, se met à bêler et s’envole en riant comme Henri Salvador. De mon point de vue, la rencontre improbable des Residents un lendemain de fête arrosée qui font une jam session avec les XTC sous valium et les Stranglers habillés en blanc. OVNI lumineux, indescriptible de façon ordinaire, du psychédélisme pop tordu, un peu rock et un peu folk, qui nous balade de 1970 à 2099. Whoooaaassh.

Beaucoup d’imagination, des paroles cocasses ou répétitives, bref un cocktail multicolore et euphorisant. Parfois, dans une même chanson des parties complètement différentes et collées comme une sandale sur un bifteck.

Mais, mais, mais (c’est là que le talent réside), de la séduction et du charme suintent de cette malle aux trésors. Pas une malle pleine de t-shirts uniformes et de petits Mickey tout mignons, mais un gros truc rempli de surprises qui vous pètent au nez et vous font rire pendant une heure ou monter les larmes aux yeux aussi vite. La vie, le bordel, l’imprévu : pas les colorants artificiels et les trucs calibrés qu’on veut nous faire rentrer par les tympans. On choisit quoi pour tonight’s music ? Moi, je prends The Moles pour voir passer les comètes dans le ciel. Et toi, tu vas aimer ça !

Jérôme « out of thin air » V.

 

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