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Quelques heures avant son concert en première partie et en tant que musicien de la grande Marianne Faithfull, je passe une demi-heure dans un café du boulevard Voltaire avec Ed Harcourt.

Je le dis tout de suite, j’ai été conquis par l’intelligence et l’aura de cet artiste et j’ajoute qu’il dégage quelque chose de positif et touchant ; certaines interviews vous marquent plus que d’autres et celle-ci sera pour moi à retenir. Volubile, passionné, il s’exprime dans un anglais riche, imagé et convaincant. Nous trinquons avec nos demi pression et démarrons cette conversation.

J’ai pour lui aussi préparé une série de petits papiers avec des mots dont je sais qu’ils le feront réagir, comme… nature, France, Marianne, Bataclan, music industry, taking risks, composing for, piano… cela lui plaît.

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Il est de ceux qui sont conscients et lucides et frappés par la dégradation de la planète, la folie humaine destructrice ou le sort réservé aux animaux, à commencer par le fait d’employer leur nom dans des expressions dévalorisantes ! L’espèce humaine en régression vis-à-vis de la nature ?

L’industrie de la musique ne lui inspire peu d’estime, même s’il y rencontre de belles personnes et nous sommes d’accord pour condamner la soupe que les services marketing, alors que lui croit profondément qu’il est obligatoire de prendre des risques, comme ceux des labels indépendants. C’est sa marque, son engagement, sa passion, son incentive. Il ne s’imagine pas stagner de quelque façon que ce soit.

Son amitié est grande pour Marianne Faithfull, il joue pour elle, fait partie de ceux qui la protègent et l’entourent. Femme fragile désormais par la santé mais forte par la présence : she is unstoppable, me dit-il. Et elle chante avec allure. Une luciole qui traverse la forêt (belle image).

Son album Furnaces, serait suivi d’un autre bientôt et il explique l’immense travail qu’il a fourni en 3 ans avec l’exigeant producteur Flood. Ce dernier est depuis devenu son ami (et voisin de fait) dans le West London. Après ? Des musiques de film seront son œuvre à venir, et c’est est un total fondu de cinéma et adore ce type de création. Rappelons qu’il joue du piano chaque jour, depuis son enfance, formation classique et qu’il est un musicien complet et touche à tout.

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Il apprécie les vrais et grands pianos, anciens, allemands et se souvient d’un en particulier, chez sa grand-mère qui avait un son unique. Il aime Jelly Roll Morton, Fats Waller, Fats Domino, Bill Evans ou Mike Barson de Madness ou encore Michel Petrucciani.

La France l’apprécie beaucoup et c’est réciproque et vous pensez bien qu’il est ému et tendu de jouer au Bataclan, quasiment un an après les attentats. Homme de goût, il aime notre culture et nous en sommes flattés, bien évidemment.

Et l’amour dans tout cela ? Il est partout pour lui, c’est un homme sensible et qui dégage une chaleur réelle.

Il bondit ensuite de sa chaise et part préparer son concert, direction le Bataclan. Je reste discuter avec ceux qui m’ont permis cette belle rencontre : Sophie et Thierry de Caroline International, que je remercie au passage.

Ce soir, le concert sera très beau, mais ceci est une autre chronique.

Jérôme « sous le charme » V.

PS : Voltaire ? Il aimerait certainement Ed Harcourt, lui aussi.

 

 

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