The Bonaparte s

THE BONAPARTE’S Welcome to the Isle Of Dogs (Garage/Rotorelief)

Après avoir réédité le premier disque de The Bonaparte’s en vinyle agrémenté de versions inédites de certaines chansons, le label français Rotorelief sort aujourd’hui en version CD pour sa collection Submersion (packaging format DVD) la deuxième et dernière œuvre du trio formé autour de deux anciens membres de Baroque Bordello et intitulée Welcome To The Isle Of Dogs.

Bonapartes album

Paru originellement en 1986, le titre de ce superbe album (encore trop méconnu même dans le milieu gotho-darkos-post-punk) fait référence à un quartier de l’East End londonien qui était, encore à l’époque de la sortie de ce disque, le cœur des anciens docks de Londres, un lieu aujourd’hui réhabilité et devenu le siège du deuxième centre d’affaires de la capitale, Canary Dwarf.

Mais alors pourquoi cette obsession pour Napoléon, que ce soit dans le nom même du groupe ou son imagerie (des peintures de J.L.David ou A.J.Gros à la gloire de Bonaparte ornent leurs pochettes), nul ne semble le savoir ? Une chose est sûre, c’est que, au même titre que son camarade de label Strahler, autre grand oublié de cette superbe scène cold wave hexagonale, la musique post-punk psychédélique du trio mérite d’apparaître dans votre discothèque au côté de Jad Wio ou Charles De Goal, tous les quatre signés sur le parisien Garage Records à l’époque. The Bonaparte’s comprenaient un bassiste, un batteur et un chanteur-guitariste du nom de Ruben Azca. Mais pour étoffer le son de leurs deux opus flamboyants, ils ont fait appel à divers invités tel Lol Tolhurst qui avait produit leur première œuvre intitulée Shiny Battles et qui joue ici des synthés.

Du coup, on pense évidemment à The Cure à l’écoute de Welcome to the Isle Of Dogs (le son de batterie sur « She » !), mais ce n’est pas forcément la référence la plus évidente. Lorsque le saxo Laszlo Kovacs se fait entendre sur « Girls (Rockin’ the beach) », le nom de Psychedelic Furs vient alors à l’esprit. Cependant les compos de The Bonaparte’s évoquent surtout Chameleons ou Echo & The Bunnymen sur bien des plans sonores, mélodiques ou rythmiques, notamment sur « For Winter », un de leurs meilleurs morceaux (présent sur l’album dans deux versions différentes, dont une en version remix mettant avant la voix de la chanteuse de Baroque Bordello en guest, titre trouvable jusqu’alors uniquement sur un 45 tours promo d’époque). Citons encore « Voodoo Revenge » qui sonne comme un « Going Up » des Bunnymen joué pour le coup par des membres de Minimal Compact ou Wire.

Et que dire du chant sur « 6054 Stars », avec ses envolées vocales typiques du lippu Ian McCulloch ?! Bref, voilà un disque qui plaît aux oreilles de lapins mélomanes, qui charme les yeux autant que le cœur, un tout nouveau bijou pour certains, déjà depuis longtemps un trésor vinylique jalousement gardé pour d’autres. Irrésistible !

NB lien ici pour tous les clips officiels Chaîne Youtube

Yannick Blay

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