FALAISES-Barrère-&-Simon

Le 26/10/18 sortait chez Antipodes Music le premier EP de Falaises, le bien nommé They are Here.

Falaises c’est Alice (chant), Pierrick (batterie), Baptiste (basse) et Guillaume (guitare). Ils étaient mercredi 16 janvier au Supersonic et autant dire que les sensations initialement provoquées par l’écoute de leur EP (quasi album) ont été décuplées, et la claque, assurée.

Falaises : quatre individus donc, avec leurs propres influences (qu’on aura bien de la peine à leur faire dire) mais avant tout un groupe, où tout est pensé, discuté et créé collectivement.

C’est ce qui surprend lorsqu’on les rencontre, leur unité et leur maturité tant dans l’aspect sonore que dans le cap qu’ils veulent suivre, alors qu’ils font route ensemble depuis à peine un peu plus de deux ans. Falaises s’est formé à partir de la rencontre de Pierrick et Baptiste, qui connaissait par ailleurs Guillaume, partenaire dans un précédent groupe. Ne manquait plus qu’une voix puissante et toute en nuances : celle d’Alice. Après une période de mise en place et boostés par la participation au concours Ricard live, leur premier titre They are here voit le jour (2016). Vient la signature avec le label et le groupe part pour une session d’enregistrement au Red House Studio : « c’était magique, ont était tous réunis dans une atmosphère particulière, en immersion ». Enfin c’est Alf Briat qui a mixé cet EP aux sonorités brutes et sincères dont il se dégage une vraie couleur. On dira plutôt le noir mais jamais foncé.

Si They are Here est largement traversé par la mélancolie, il en ressort une énergie rock indé incandescente aux accents pop qui pousse à bouger frénétiquement. On retrouve la volonté du groupe d’avoir « la puissance dansante d’un son qui puisse créer du décalage » avec des thèmes parfois rudes, abrupts.

Pour autant l’EP est aussi varié que le paysage des côtes hexagonales : de redoutables lignes de basse nous emmènent,  tout comme la batterie qui ne nous lâche pas, vers des sommets vertigineux de guitare, là où plus loin on se retrouve happé par les nappes et les boucles, percées de touches new-wave. Ailleurs, c’est une envolée mélodique et hypnotique où on se retrouve suspendu, comme dans une rêverie, par la voix aérienne d’Alice portée par la guitare. Finalement, écouter They are Here, c’est prendre le risque d’être emmené, d’accélérer cœur battant pour décoller, du haut de la falaise et prendre son envol, tels les premiers aviateurs traversant la Manche.

En effet, impossible pour nous de ne pas penser à des références anglo-saxonnes, de préférence des années 80, dont Falaises n’emprunterait pas seulement la langue mais aussi les sonorités dans ce qu’elles ont de meilleur. C’est à ce point troublant et réjouissant qu’en live, une fois décollé, il y eut ce moment où on ne savait plus bien si le mur de briques du Supersonic n’était pas soudain celui d’un club de New York ou de Manchester… L’énergie communicative du groupe s’est de fait rapidement propagée au public, venu en nombre les découvrir pour l’un de leurs premiers sets. Falaises a délivré en live son rock sombre et hypnotique porté par des nappes électro dansantes qui ne sont pas sans nous faire penser entre autres aux White Lies, à Electrelane ou encore à Concrete Knives.

A en juger par l’engouement dans la salle pendant et à l’issue du concert, décollage réussi pour Falaises. On est curieux de la suite et pour 2019 on leur souhaite un bouquet de concerts pour continuer à nous emmener avec eux.

 

Veyrenotes et Wunderbear

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Photo de une : Barrère & Simon

Merci à Falaises pour leur disponibilité.

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