Alice in the Cities. Wim Wenders 1973/74

Philip Winter roule sur les espaces futurs; il est seul, les cheveux longs, un blouson.
Reporter parti en quête d’explications sur les rêves de la beat generation, il griffonne, tâtonne, chantonne les airs que crache la radio margouline; victime dépensière de son ère.
Témoin polaroïd des paysages, des zones industrielles, des hôtels semblables aux programmes télévisés; il est blasé, désabusé, isolé.
Winter/Wenders, dans son errance photographique, dans son cauchemar moderne, dans son idylle à la dérive, s’en retourne sans appel à la Big Apple coincé parmi les tours de Babel: « la ville debout » de Céline est sous ses yeux; puissante et charnelle.

C’est Alice, tête blonde ingénue de 9 ans, qui le tire de son enfermement.
Ils se rencontrent à l’aéroport où sa mère l’abandonne, la laissant aux bras de cet homme.
S’ensuit un itinéraire coulant d’Amsterdam à Munich sur le Rhin, passé par la jeunesse de Philip à la recherche de l’antécédence d’Alice.
Sur la route laissée à New York, lassé. On the road again dans un boui boui de Soligen et un nouvel élan.
Ce road movie est lent, en suspens.
La 4L parcourt les villes, les dialogues sont rares et douloureux. « Les rêves n’existent pas » et pourtant « cette histoire est entièrement vraie […] » puisque Wenders l’a »[…]imaginée d’un bout à l’autre ».
Alice est têtue, autoritaire, amère, fière, lunaire, sensible et affirmée.
Philip se donne au jeux du père et se retrouve rapidement subordonné au rang de pair.

Dans la douceur, dans l’incompréhension, Wenders nous tient sur le fil et peint le retour de Winter dans son Allemagne natale après 9 ans passé loin de ses parents.

Wim Wenders annonce alors le début de sa trilogie et pose des questions sans attente de réponse.

Augustin

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