F.A. Cult Album Cover

Ça ressemble à un nom de lancement de produit, il n’en est rien. Placement de produit non plus. Ou alors un produit culte, là oui ! Hermetic Delight, c’est quatre musiciens qui évoluent ensemble depuis la fin des années 2000 à Strasbourg. Ils aiment Siouxsie & The Banshees, Bauhaus, Depeche Mode, The Pixies, The Cure, Sonic Youth etc. On les compare aux Cocteau Twins, Chromatics, My Bloody Valentine, Goldfrapp et tant d’autres encore qui imprègnent leurs impulsions musicales de ces figures marquantes et inspirantes. Mais Hermetic Delight est un groupe indé unique et incomparable ! 

(c) Philippe Mazzoni

(c) Philippe Mazzoni

Formé de Zeynep Kaya au chant, Atef Aouadhi à la composition, Nicolas Kientzler à la basse et Delphine Padilla à la batterie, ils ont sorti trois EP, se sont produit lors d’innombrables dates en concert et ils reviennent aujourd’hui avec un premier album F.A. Cult  (October Tone Records). Produit par Charles Rowell (Crocodiles) et conseillé par l’amie Anna Calvi, F.A. Cult est un dix titres rock ajoutant des nuances électro-pop, ambient et shoegaze à leur palette musicale déjà bien multicolore qui cristallise l’ensemble en une réverbération culte de la diversité, la différence d’un même tout. L’acronyme peut correspondre à tout ce que l’auditeur y entendra de ces chansons  empreintes d’émotion, de guitares en liberté, de voix autant en incantation qu’en décantation. Les mélodies et les rythmes s’entrechoquent et se lovent les unes dans les autres pour donner naissance à un album réussi. 

(c) Philippe Mazzoni

(c) Philippe Mazzoni

“Rockstarları” est un titre rock chanté en turc. Le titre signifie « Rockstars » en turc. Le chant se situe à la limite de la bossanova, d’inspiration Stereolab ou Dinosaure Jr. avec un bouquet final instrumental groove caverneux. C’est aussi le premier single à sortir. Le clip a été tourné entre Strasbourg et Téhéran, et donne à voir des saynètes, dont certaines assez sensuelles, au rythme transcendantal d’images passant de la vidéo au dessin d’animation. « Ils ne regardent pas, ils n’écoutent pas » chante Zeynep à propos de l’attitude des plus puissants ou des dirigeants :

Pour Hermetic Delight, le temps en tant que tel n’existe pas en matière de musique. Nicolas Kientzler dit Bob, le bassiste du groupe, précise que les notions de passé et présent ont un sens atemporel pour lui. La musique s’écoute  peu importe que l’artiste ou bien le groupe existe encore ou bien s’est séparé, ou même a disparu. Peu importe l’année d’enregistrement ou même qu’elle ne soit pas encore composée ni enregistrée. Etre dans l’ici et maintenant correspond au temps sensationnel et la musique est considérée comme la matrice dans laquelle chaque artiste prend place. 

La batteuse Delphine Padilla imprègne la rythmique avec puissance et précision. Le chant de Zeynep Kaya, turque originaire d’Ankara, a commencé dans le rock indé féministe avant de se mettre au lyrique lorsqu’elle arriva à Strasbourg. 

Avec F.A. Cult, Hermetic Delight ravive leur flamme d’ambiance sombre jadis comme celle des réverbères de l’urbain et du moderne à la tombée de la nuit. Le morceau ‘’Glassdancers’’ évoque une incursion nocturne virant à l’extraordinaire suite à une rencontre traduite par un alliage à la Bowie ou Prince, pop mais pas trop. Juste ce qu’il faut. Puis ‘’These Quantic Feelings’’ qui honore une histoire d’amour en un regard exalté prenant vie sonore. Point trop n’en faut au titre ‘’Le parfum de la nuit’’ pour exhaler la senteur particulière d’une errance nocturne faite d’introspection et de doute, pour la première chanson du groupe en français. 

‘’Holy Sister’’ est une reprise du groupe d’une chanson présente sur leur EP de 2012 avec Charles Rowell en producteur et des relents de bande originale de Twin Peaks couplé à un morceau au conditionnel de P.J. Harvey. Les notes disséminées sur les portées prennent tous leurs sens au contenu le plus énergique de l’album de ‘’A Void’’, à la rencontre de la frénésie vocale et instrumentale. Le spectaculaire ‘’Unravel’’ fait défiler un torrent de guitare et une déferlante batterie pour porter les harmoniques siège d’une mélodie conçue d’elle-même et sur lequel Ennio Morricone vient à l’esprit comme sur le morceau ‘’Holy Sister’’. L’amour toujours et donc plus que jamais au centre de ‘’Common Love Square’’ qui est bien l’hommage pop au titre ‘’Bizarre Love Triangle’’ de New Order, et illustre la déclinaison possible d’un relation amoureuse. Le fin mot revient à la musique de ‘’How High Is Your High’’ rythmant en 9 temps un tremolo psychédélique planant à la verticale d’un vocal évoquant Liz Fraser (Cocteau Twins) ou Laurie Anderson jusqu’à un onirisme si puissant qu’on se demande si les guitares et claviers sont rêve ou réalité avant la fin de l’opus.  

Il n’y a pas à dire en mai écoutes ce qui te plaît, plongeon dans les sons, liberté de voler à travers les ondes, désirer s’aérer entre le souffle des voix, cultiver avec plaisir un jardin de notes de musique, se laisser aller aux mots exotiques……F. A. Cult un album à écouter d’une oreille curieuse et avide de sensations et émotions musicales fortement recommandées.

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Lien du stream : https://faculthd.lnk.to/2U7dSqGi

Van Maury-D

 

 

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