On n’a pas tous les jours 20 ans
Nous voici à St Brieuc pour la seconde date après Brest de la tournée des 20 ans des normands de la Maison Tellier. Le lendemain ils joueront à La CLEF à St Germain-en-Laye, date pour laquelle notre Vaillant rédacteur en chef a concocté un petit opuscule richement documenté. Difficile ensuite pour le modeste rédacteur de rivaliser avec la plume érudite de Jérôme V.
Contentons-nous donc d’un récit sans fioritures de cette chouette soirée dans cette salle bretonne que nous aimons beaucoup, avec un public relativement nombreux mais surtout très enthousiaste.
L’ouverture revenait au trio rennais Louïse Papier, dont la chanteuse claviériste Blanche Leblond semble l’incontestée leader. Une sorte de synth pop assez minimaliste aux mélodies 80’s accrocheuses, accompagnées d’une basse ronde à la 70’s et d’un batteur très boîte à rythme. Comme dans nombre de groupes à effectif réduit il y a du vraiment joué et du pré-enregistré, mais le tout tient la route grâce à la présence et la voix de Blanche, impressionnantes sur ces titres en français et en anglais tantôt sautillants tantôt mélancoliques.
Lorsque que vient le tour de la Maison Tellier plus rien de synthétique, place à l’organique avec une entrée en matière à capella, cinq voix qui s’unissent dans un blues sur fond de chants d’oiseaux : sidérant ! Des Tellier historiques ne restent plus qu’Helmut et Raoul, mais la fameuse trompette de Léopold est toujours là. Précision à l’intention du rédac’chef : Alphonse a été remplacé (définitivement ?) à la basse par Betty qui fait joliment les chœurs.
La soirée se baladera dans le riche répertoire du groupe avec une sorte de nostalgie distanciée, le côté sombre des textes étant contrebalancé par de joyeux échanges avec la salle entre les morceaux. L’émotion prendra le dessus dans un magnifique hommage, « La Chanson de Jean Louis » du dernier album, écrite avec tous les titres du regretté Murat et enchaînée avec la reprise de « Jim », ouverture du mythique Mustango.
En définitive ce moment-Murat a remis les choses à leur place, car on a parfois eu en début de concert (au risque de passer pour « Un Beau Salaud) l’impression d’écouter le chaînon manquant entre Souchon et Cabrel, juste un peu plus sombre peut-être. Ok, rien de honteux à cela mais, comme nous l’ont redit les Tellier, leur proximité artistique se situe du côté de Calexico, Cake ou Spain (ah, la trompette !). Sous l’impulsion de « Jim », le set a semblé redécoller, les guitares se sont remises à grincer et le public à s’emballer, jusqu’au rappel, une reprise habitée du regretté Shane McGown : Beauté partout !
PS : je découvre avec stupéfaction, via quelques vidéos clandestines, que le lendemain à La CLEF un tromboniste les a rejoints sur scène. Avec quelques échanges entre la trompette et le trombone frôlant le jazz…hé, resaisissez-vous les gars !
FRANCE ROCK






