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Parfois, dans la torpeur d’une mauvaise nuit
D’un ciel illuminé de bombes et de plombs,
Steven se sent bien seul, perdu et tout petit;
Et ses souvenirs s’évaporent et se défont.

Combien de ses amis, de sa patrie, sont partis?
Combien sont revenus lessivés et en coton
Du fond du fond, assujettis à la folie,
Au silence, à l’oppression, à tourner en rond?

Des images et des flashs de ces vols de vies
Volées par la décision d’un homme, d’une nation
Volées par une action menée par la folie
Volées par l’agression; par tant d’aberrations

Steven les pense, les revit dans son insomnie
Il leur redonne vie sur la scène de son plafond
Et il sent leurs corps amers mais réunis
Il se calme enfin et fait part à cette communion

Demain, Liverpool est en finale, c’est le jour J
Et Steven compte bien devenir champion;
Le match contre l’AC Milan à lieu en Turquie
Et soixante dix mille supporters les acclameront

C’est pour ces instants de fraternité qu’il vit;
Le sport comme réunion de commémoration
De ceux qui se sont battus pour la paix, unis
Pour l’amour d’un sport, d’une équipe, d’une nation

Dans la nuit, par les rues, ces mots se sont enfuis:

« When you walk through a storm
Hold your head up high
And don’t be afraid of the dark
At the end of a storm
There’s a golden sky
And the sweet silver song of a lark
Walk on through the wind
Walk on through the rain
Though your dreams be tossed and blown
Walk on, walk on
With hope in your heart
And you’ll never walk alone
You’ll never walk alone»

Il est 3h et Steven s’est assoupi.

Augustin.

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