-fin septembre 2026 (date à conserver pour une relecture future ?)-
Si l’on se met dans le rôle et accepte la mission d’être critique littéraire, musical, ou de toute forme d’art, ce n’est pas pour faire faire le travail par une I A ! Vous qui me lirez, sachez que ce texte est issu de frappes patientes de mes deux index sur un AZERTY. Plus de temps que les 17 secondes entre un prompt pas trop mal rédigé et une réponse pas trop mal, après tout.
A l’heure où éclatent les polémiques au sujet du degré d’assistance par ces outils dystopiques et surpuissants, remettons les choses au clair, même si chacun conserve sa liberté de choix.
A titre personnel, je vous avoue trois points :
1.Je lis toujours un livre intégralement avant d’en parler (pensez en riant à tous ceux qui ont aaadooréééé et se sont contentés du résumé du dossier de presse, on le sait, on le sait).
- J’éprouve un certain plaisir à rédiger « a la mano » un post spécifique et subjectif, prendre un moment de travail réel, surtout si l’opus m’a plu (bonus : je peux inciter des lecteurs vers le point 1. sus-cité).
- J’aime malgré tout regarder et m’inspirer en positif ou négatif d’autres critiques et avis, et souvent je souris au simple « copier-coller » trop identiques que l’on trouve sur Internet en recherche simple… donc retournez au point 2 !
Maintenant, j’attaque ma version personnelle et subjective du livre de Sigitas Parulskis (écrivain de Lituanie) et de son livre, à paraître le 1e octobre chez Agullo : Trois secondes de Ciel (qui date de 2002 et traduit par Marielle Vitureau, il faut lui rendre compliment et félicitations).
Lu ! (oui et en seulement trois soirs, j’en ai lâché mon ***** smartphone, c’est un signe…
Voilà donc un livre qui impressionne, déroute et surprend. Sans trop dévoiler (autre tip du bon critique, tiens !), il s’agit d’un récit à la première personne exprimé en polyphonie multicolore par un homme lituanien qui a eu la malchance douloureuse de se trouver parmi les derniers engagés dans l’armée de l’URSS et qui en a bavé, puissamment. Vraiment puissamment.
Rappel : la Lituanie (comme les 2 autres pays baltes) a arraché son indépendance des griffes de l’ours pas commode et violent en 1991. Le service militaire ? 2 années « hard » avec ses codes, rites, horreurs et la dureté d’une armée de fer (rouge). Vous découvrirez des coulisses assez effrayantes.
J’ai pensé (de façon très subjective) au livre de Malcolm Lowry, Au-dessous du Volcan, pour l’ambiance hallucinée et fréquemment fortement alcoolisée, mais aussi l’obsession de la perte amoureuse dans tous ses états. C’est un récit cru, violent, onirique en partie et le reste du temps les pieds tordus sur une terre cruelle.
L’homme qui nous parle a souffert et souffre, ses pensées jaillissent comme du sang d’une artère coupée et il a des éclairs de lucidité électrique, voire très souvent cultivée, avec des références culturelles classiques parfaites.
Et oui, trois secondes de ciel bleu quand on est un soldat parachutiste expulsé d’un hélicoptère de combat, la main crispée sur la poignée d’ouverture, puis accroché quelque temps aux soupentes c’est beau mais bien trop peu, avant de revenir sur un sol peu hospitalier (pas de chance, notre homme a servi en ex-RDA, contexte et environnement no fun at all).
Soyons sincère pour terminer : c’est un livre « coup de poing », ou gifle si vous préférez, dur mais fort beau, et qui risque de vous toucher. Un verre de vodka glacée, bu cul sec, qui réveille et fait se rendre compte que le monde est un drôle d’endroit où l’on regardera désormais les parachutistes militaires d’un autre œil.
Recommandé et terriblement humain.
Jérôme « handmade » V.






