Avec Aether son nouvel album, Yan Wagner et sa belle voix grave poursuivent une exploration singulière aux frontières de la pop, de la cold-wave et de l’électronique. Ceci nous plaît fort.
Le producteur et chanteur franco-américain (coco rico + yiihaaa), révélé au début des années 2010 avec Forty Eight Hours, n’a cessé depuis d’affiner un univers sonore à la fois romantique et sensible, porté par sa voix de crooner moderne et des synthés formidables.
Ce nouvel album s’inscrit dans la continuité de cette trajectoire satellitaire tout en la faisant léviter vers des territoires plus stratosphériques. Dès les premières notes, Aether déploie un chouette paysage sonore où se mêlent basses profondes, nappes de synthétiseurs scintillantes et rythmiques électroniques délicatement ciselées.
L’écriture de Wagner –Yan, pas les Russes super méchants, hein !-, toujours attentive aux textures, s’appuie sur un dialogue subtil entre machines et instruments acoustiques : arpèges qui font du bien, lignes de basse hypnotiques, mais aussi cordes et nappes qui apportent une profondeur sonore appréciée.
Des influences ? L’ombre élégante du trip-hop, quelque part entre Massive Attack et Portishead, l’électronique plus contemplative, et une dose de pop synthétique des années 1980. Mais Wagner–Yan, pas le gars des Walkyries, hein !-
Dans Aether, il y a un voyage nocturne vers des amours perdues, toujours teinté d’une élégance fine.
Remarquez : dans la mythologie grecque, l’Æther était une divinité primordiale (en mode masculin). Il représente l’air pur des hauteurs célestes, celui que respirent les dieux de l’Olympe, par opposition à l’air plus lourd respiré par les humains. Le terme évoque le lumineux, l’élevé et l’immatériel. Concordance des temps, pertinence d’un titre. Wagner –Yan, pas Vanessa la pianiste qu’on aime beaucoup, hein ?- reste dans notre Olympe artistique sans toc.
Jérôme « j’ai Aether nuée » V.






