Dreams

La révélation de cette musique folk soul ondoie et file l’air de sons délicatement composés à l’écrit et au sonore, ce n’est pas un rêve mais la réalité des neuf morceaux du premier album Dreams de Joe Bel (La Ruche Le Label, 2018) que l’on se plaît à écouter en ce début d’automne. Doux comme la rosée vocale se déposant sur les oreilles du matin, In the Morning est un de ces titres lancinants qui reste longtemps en tête, un ukulélé (on pourrait croire à une harpe ! tellement c’est doux) accompagnant à merveille voix, chœurs et tempo. L’acoustique minimaliste de la berceuse piano-voix Before émerge peu à peu à la raison de l’intime des sentiments.

joe bel

L’envoûtement suit son parcours et on a raison d’y croire ce n’est pas un de ces rêves mais I Believe, un harmonique choriste-lied majestralement orchestré vers la douceur d’un final planant. L’anglais se fredonne bien que surgit du français sur Ivory (Please), provoquant une envie irrépressible de claper des mains en rythme avec les propos vocaux de Joe Bel. Et c’est aussi en français qu’elle enchaîne avec Espère, le genre de titre qui déchaîne bien-être, lâcher-prise et déhanchement du corps et du cœur. De l’anglais et du français entremêlés comme au Québec à Montréal où fut enregistré Dreams avec aux manettes Marcus Paquin d’Arcade Fire ou de The National. Après un intermède linguistique, le morceau titre Dreams reprend sur des paroles anglaises et des bruits de fond enfantins, et la magie musicale continue. « Before I know my brain is burning….too late» Too Late, trop tard dit le morceau, les mélodiques prennent leur envol dynamique et Joe Bel nous a bien eu en nous jouant un tour de chant français, l’anglais finalise le tout.

Après deux EP et un passage remarqué au cinéma du film Tout pour être heureux en 2016 par Cyril Gelblat, l’auteur-compositrice-interprète lyonnaise réalise des rêves et nous enjoint d’écouter les siens qui lui appartiennent That Belongs To Me certes mais il faut se l’approprier, voilà du sublime auquel on croit et qui fait du bien.

© crédit photo DR.

Vanessa Maur-Du

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