METRO VERLAINE - Gacé_Juillet 2018

Découverts lors de la deuxième édition du Biches festival en 2017, ils revenaient sur le site cette année, mais en spectateurs. L’occasion était trop belle de faire une interview.

Pour Metro Verlaine, tout a commencé en 2013, Raphaëlle Fromage au chant et Axel Desgrouas à la guitare, compositeur et parolier du groupe.

Le groupe s’est étoffé avec le temps de Geoffroy Bon à la batterie et Romain Rioult à la basse.

En 2015, premier Ep Manchester. En 2018 , premier album Cut-up.

Tout d’abord, il faut voir la pochette de cet album Cut-up, réalisée par Camille Doize ; la couleur verte domine, faite de collages, d’encres et de peinture et le visage de Verlaine entouré à ce qui pourrait bien ressembler à d’étranges fleurs sauvages.

METRO VERLAINE_Album Cut-Up - date de sortie 16 mars 2018

Car c’est bien de ça dont il s’agit à l’écoute de Cut-up, quelque chose de tortueux qui diffuse lentement un parfum romantique, une odeur de souffre.

Ensuite, il y a la voix de Raphaëlle qui chante en français. Elle transcende, rend vivant les choses, vit à fond les mots. Son regard est fascinant, hypnotique et son corps sur scène bascule et n’hésite pas à descendre dans le public « Il faudrait sauter dans le vide faire le premier pas » chante-t-elle dans Codéine.

« Je ne réfléchis pas trop pour interpréter les paroles d’Axel, ça vient tout seul, j’essaye de me les approprier comme si c’était moi qui les avais écrites, de les ressentir avec mon histoire avec tout ce que j’ai en moi. » Sur la scène, Raphaëlle est un volcan en ébullition : « Je ressors plein de trucs et j’ai faim, je ne contrôle pas forcément ce que je fais… La vague, la vague » chante-t-elle. Un tsunami !

Enfin, il y a les compositions solaires d’Axel, mais un soleil sombre, soleil de minuit.

Szamanka (Songazine.fr), Axel et Raphaëlle - METRO VERLAINE - Juillet 2018

Szamanka (Songazine.fr), Axel et Raphaëlle – METRO VERLAINE – Juillet 2018

Il faut monter en route avec Polaroïd qui ouvre l’album Cut-up, ballade calme qui dégénère dans les dernières secondes, changement de rythme…

« Une mélodie vient d’abord par un riff de guitare, je me base vachement sur la basse, c’est ce qui fait le squelette du morceau…Je maquette les choses dans mon salon et ensuite on voit ça tous ensemble ».

Axel a beaucoup écouté l’œuvre d’un certain Robert Smith mais le réduire à ce groupe serait extrêmement simpliste vu l’amplitude sonore du projet. « Pour la composition de cet album, j’ai beaucoup ré-écouté Faith de The Cure. L’ambiance que je voulais : un son minimal, froid, qui ne décolle jamais. J’étais un peu en colère avec le rock’n’roll, je voulais que ça soit un disque de rock et je crois qu’on a réussi ».

Et pour le morceau Richard Hell (chanteur, poète américain très influent dans le mouvement punk) : « Un jour je reçois un mail, il m’a demandé de quoi parlaient les paroles, il a dû taper son nom sur Google et il est tombé sur nous. Il a bien aimé, j’étais très fier ».

Toutes les chansons ont des titres très courts, comme des noms de films : « J’aime bien avoir les textes comme des petits films, il faut que ça soit simple et en même temps à double sens. Pour cette chanson, c’est un cauchemar que j’avais fait sur la fin du monde après avoir lu son roman L’œil du lézard; ça a mûri dans ma tête et au moment d’écrire la chanson. »

Mais la chanson phare du disque, c’est Manchester; et ils l’ont chanté à… Manchester : « Gros frissons parce qu’on a présenté la chanson qu’on avait écrite bien avant l’attentat, une chanson sur la plus belle ville d’Angleterre, celle qui nous inspirait et qui a fait que nous avons monter le groupe ».

On pourrait évoquer sans fausse note à l’écoute de ce disque, l’ambiance errante, sans repère comme dans le film Blue Velvet de David Lynch. Vivre le disque comme la ballade nocturne qu’impose Franck (Dennis Hopper) à Jeffrey (Kyle MacLachlan). Virée déglinguée pour arriver dans un endroit désaffecté. Danser sur le toit d’une voiture, au cœur de la nuit – autour le chaos règne – et pourtant, il faut vivre, n’importe comment mais vivre.

Ballade sauvage.

Et vous, futurs vacanciers, pour la plage ou la montagne, courrez chez votre libraire commander L’Oeil du Lézard de Richard Hell (éditions de l’Olivier), embarquez avec Billy Mud et sa petite amie Chrissa à travers l’Amérique, en écoutant Metro Verlaine bien sûr.

 

Szamanka

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