Ahhhh le punk, malgré les années qui passent, il est toujours là, en embuscade, faut dire niveau rébellion ya pas trop à pousser en ce moment, ya de quoi faire, mouvements sociaux, les jeunes dans la rue, les retraités qui font la gueule, les services publics encore au fax pour certains et… Le patriarcat qui en prend plein sa gueule.

Si le rock, le punk et l’électro aiment régulièrement croiser le fer pour réveiller les consciences, Maman ! J’ai Peur ( c’est le nom du groupe…) vient d’enclencher la vitesse supérieure avec une déferlante sonique et politique qui risque d’en faire grincer quelques-uns et d’en faire danser beaucoup d’autres, et on va dire que le but comme tout bon groupe à l energie punk,  c’est de choquer à grand coup de santiags dans les roustons, irrévérence mon amour! Et aussi de bien rigoler, avec un humour bien noir si possible sans sucre s il vous plaît.

Avec leur nouveau single, « Moins de mecs cis, Plus de 8.6 » (sortie le 23 octobre 2026), le projet duo de  punk électro pose un constat grinçant et jouissif : et si les privilèges des hommes hétéros cis blancs s’évaporaient d’un coup, reléguant les masculinistes au rang de minorité désœuvrée ? La réponse tient en trois minutes de tension : une orgie sonore où  chacun viendra guincher sur les ruines d’un système à bout de souffle,non sans humour 

Un système décidément voué à disparaitre comme dans la planète des singes, à force de maltraiter les uns par les autres, ils  finiront par disparaitre,mazette de canette de 8’6 chaude!!

Harshivvv

Côté son, le morceau ne fait pas dans la dentelle. C’est de l électro punk, ça envoie bien, c est energique plutôt comme une canette de red bull, la 8’6 étant pour se déchausser les dents tranquille sur un banc.

@fwts.ltm,

On est en plein dans ce carrefour à une manif de Black Blocks, où se croisent l’énergie brute de Poésie Zéro, et la fureur festive de Krav Boca. Entre beats électro qui tabassent les tempes, riffs de guitare entêtants coupés au rasoir et slogans régressifs,vindicatifs et toujours à l indicatif, à l apéritif ?

Bref,le poing levé, le titre s’impose immédiatement comme un hymne de club underground punkisé, façon London meets Berlin un soir de match.

Ce single hautement inflammable n’est que le premier pavé jeté dans la mare avant l’arrivée de leur album au titre tout aussi évocateur, « Oups, j’ai cassé le patriarcat », prévu pour le 8 janvier 2027.

Pour fêter ça (et probablement finir le travail de démolition), le rendez-vous est déjà pris pour une release party le 6 janvier 2027 au Chinois de Montreuil. Une date à cocher d’urgence pour quiconque aime le punk quand il est libre, irrévérencieux et furieusement dansant.

En attendant, ouvrez une canette de 8.6 ou d’autre chose (si vous avez une bonne mutuelle) et montez le son : Maman ! J’ai Peur est dans la place, et ça fait un bien fou pour nous en tout cas, pour les autres et bien on s en fout!

@pyofficiel

Songazine  Interview : Maman ! J’ai Peur

Single : Moins de mecs cis, Plus de 8.6

Questions

Le pitch de soirée : J’ai un pote en soirée qui veut écouter de la nouveauté. Je lui dis quoi sur vous en deux phrases pour lui donner immédiatement envie de lancer un titre ?

MJP: “N’écoute surtout pas ce son, ça fera apparaître un portail avec des punkettes en colère qui vont tout casser ! Elles vont t’attacher et te faire boire de la 8.6 jusqu’à ce que ce tu sois entièrement déconstruit”.

 

Le nom du groupe : Vous vous appelez Maman ! J’ai Peur… D’ailleurs, qu’est-ce qui vous fait vraiment flipper en ce moment ?

MJP: T’as 4h devant toi ? La désinformation et la ligne éditoriale des principaux médias qui cherchent à nous diviser. Le pompier pyromane à l’Elysée. L’inversion des valeurs par le RN (“Mellanchon sé le nouvo faccchiste, gné”). Le vrai fascisme. L’injustice galopante. Les violences policières sur des étudiants. Les pétitions ignorées à l’assemblée. Et comme disait Obélix “que le monde nous tombe sur la tête” AKA le réchauffement climatique.

Mais ça va le RN est pas encore au pouvoir.

 

 

La déconstruction : Vous vous considérez comme des hommes déconstruits, ou pas du tout ? Et question subsidiaire : est-ce qu’on peut prétendre être un homme déconstruit tout en sifflant de la 8.6 ?

MJP: Chantier en cours. On est loin d’être déconstruits parce que c’est un chemin long, qui s’attaque à une éducation et un raisonnement ancré en profondeur, et validé par la société. Tous les jours on apprend des nouvelles choses.

La 8.6 c’est une condition nécessaire et insuffisante. Déjà tu te déconstruits la gueule, ensuite t’es prêt pour déconstruire tes croyances.

Au-delà de cette rime incroyable sur le titre du morceau (self love), la 8.6 représente pour nous quelque chose de simple, qu’on partage avec tout le monde sans distinction de genre et de couleur de peau. Si tu m’offres une 8.6, je suis prêt à écouter tes traumas toute la soirée.

 

 

La genèse : Le projet est né d’une franche envie de rigoler de ce monde qui part en sucette, ou d’une vraie nécessité politique de faire bouger les mentalités sur le patriarcat ?

MJP: Le projet est né du fait que personne ne voulait nous programmer sur un précédent projet #supersonic. Alors quitte à ne pas se faire programmer, on a créé un truc très personnel avec l’ambition de faire marrer les gens et de casser les codes du punk (qui lui-même n’en respecte aucun). Par exemple sur notre premier EP, le morceau “Fuministe” est un chant féministe porté uniquement par des hommes, avec du mansplaining à outrance et des convictions en carton (le fameux “je suis féministe mais…”).

On a été biberonnés aux Simpsons et à Rick et Morty donc à la base Maman ! J’ai Peur était une énorme blague. Mais en voyant le monde partir sérieusement en cacahuètes, on a naturellement migré vers un message plus engagé avec une forme totalement absurde.

 

 

La sécurité en concert : Les questions de VSS (violences sexistes et sexuelles) traversent aujourd’hui tout le milieu musical, y compris le punk. Comment vous abordez cette question sur vos dates et pendant vos concerts ?

MJP: C’est simple, on ne joue pas dans les lieux où il s’est produit des VSS et où les programmateurs sont permissifs (par complaisance ou inaction). On a déjà refusé plusieurs concerts dans ces lieux problématiques. On a pas encore le cas de jouer avec un groupe problématique, mais ça sera la même décision. On peut raconter plein de trucs sur scène, ce qui compte ce sont les actions et les choix qu’on a de permettre les VSS.

Les salles qu’on fréquente font énormément : capots anti-GHB, nom de code au bar pour dénoncer un harceleur, prévention, et encore prévention… Je pense au taff important qui est fait à la Télévision, au Chinois, au Glazart, au Supersonic. Malgré tout, tu ne peux pas assurer le risque 0, certains de ces lieux ont déjà été touchés par des VSS. Mais on voit qu’ils se renforcent et qu’ils mettent en place une culture de l’entraide, de surveillance partagée, et de la tolérance zéro.

 

 

L’impact personnel : Est-ce que le fait de porter ce projet et ces thématiques a changé des choses dans votre façon d’être ou de vous comporter au quotidien ?

MJP: C’est avant tout parce qu’on ne comprend pas la tournure que prend ce monde qu’on a décidé de porter ces thématiques. C’est quand même dingue d’entendre des gens dire que c’est OK de discriminer la transidentité, ou des musulmans, juste parce qu’ils ne sont pas comme eux.

On pense à ce qu’on va transmettre aux prochaines générations, aux enfants de nos enfants. On a une responsabilité collective de ne pas s’entre-tuer pour des questions d’identité ou ne pas laisser une suprématie s’installer.

Orelsan disait “les gens vieillissent deviennent pire qu’avant”, alors on s’organise comme un contrepouvoir à la connerie grandissante.

 

L’album à venir : Le single annonce votre album « Oups, j’ai cassé le patriarcat » prévu pour le 8 janvier 2027. Est-ce un album-concept à 100 % autour de cette thématique, ou est-ce qu’on y croise d’autres sujets de société (ou d’autres boissons) ?

MJP: dans notre premier EP on parlait tout le temps de bouffe donc là on a promis qu’on allait freiner sur le paquet de chips.  Y’a un peu moins de sucre, mais on a compensé avec de la bière. Ça reste du Maman ! J’ai peur quoi !

Dans l’album “Oups, j’ai cassé le patriarcat”, on a 4 morceaux qui gravitent sur le thème du patriarcat mais on y parle aussi du rôle de la télévision pour nourrir la désinformation, ou de la fois où je me suis fait virer par mon patron (snif snouf).

On a aussi une obsession avec la révolte juvénile (c’est d’actualité d’ailleurs avec la révolte des lycéens). Par exemple dans “Rayon BB », Macron demande à la Startup Nation de créer une arme laser pour que les vieux redeviennent des bébés. Ça tourne mal et les bébés boomers se révoltent contre le système. Dans un autre morceau « Jonathan”, ce sont des enfants qui traumatisent des adultes et les enferment dans une fête foraine, leur nouveau goulag.

On s’est autoproclamé le groupuscule d’extrême régressivité.

 

La release party : Vous fêtez la sortie le 6 janvier au Chinois de Montreuil. Qu’est-ce que vous préparez pour cette soirée : un concert punk traditionnel, un joyeux bordel électro, ou une cérémonie de démolition en règle ?

MJP : on peut pas trop vous en dire parce qu’on y a pas réfléchit (ahah). En général, les concerts de Maman ! J’ai Peur sont animés par notre écran trompe l’oeil qui nous accompagne sur scène. Quitte à désinformer les gens avec une TV, on s’est dit qu’on ferait mieux que CNews.

La release party sera une grande fête punk au Chinois avec d’autres groupes dans la même veine, et niveau scénographie pas mal de possibilités : des nouveaux visuels, des transitions improbables ou carrément un fil rouge télé-tracté. Ça sera 100% conceptuel !

Venez au Chinois le 6 janvier !  On luttera contre la dépression post Noël et contre la dépression pré-présidentielle.

 

Comme mot de la fin : go checker Martine est Vénère avec qui on a fait ce single de folie.

MERCI à eux pour ce moment!

@pyofficiel

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